Thomas Hellman à l'américaine

Thomas Hellman présentera son spectacle «Rêves américains», mercredi... (Photo archives, La Presse)

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Thomas Hellman présentera son spectacle «Rêves américains», mercredi à 19h30, au Centre d'arts Orford, dans le cadre des Correspondances «sortent» d'Eastman.

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Karine Tremblay
La Tribune

Ce sera la deuxième fois cette semaine que les Correspondances d'Eastman sortent de leur giron. Cette deuxième escale tricotée autour du thème de l'Amérique réunira l'écrivain Yvon Rivard et l'auteur-compositeur-interprète Thomas Hellman.

Le premier lira des extraits de son roman Le siècle de Jeanne. Le second sera accompagné du contrebassiste Sage Reynolds et du guitariste-pianiste-percussionniste Olaf Gundel pour présenter Rêves américains, un spectacle ancré dans l'histoire du territoire, de la conquête de l'Ouest jusqu'à la Grande Crise des années 30. Ça se passe mercredi, à 19 h 30, à la salle Gilles-Lefebvre du Centre d'arts Orford. Et c'est gratuit.

Tu es un habitué des Correspondances, non?

C'est un festival que j'aime beaucoup. J'y suis allé souvent parce que la littérature fait beaucoup partie de ma vie. Yvon Rivard a d'ailleurs été un de mes directeurs de maîtrise. C'est une figure importante de la littérature québécoise et c'est aussi un excellent prof de création.

Comment décris-tu ton spectacle Rêves américains?

Il se trouve à mi-chemin entre le spectacle musical, le théâtre et la littérature. Tout ça est très construit, très écrit parce que, à la base, avant de devenir un album et un spectacle, c'était une série de chroniques radiophoniques sur l'histoire de la musique américaine, pour l'émission La tête ailleurs. J'ai énormément travaillé mon contenu parce que je ne souhaitais surtout pas tomber dans la leçon d'histoire. Je raconte beaucoup notre rapport au territoire, ce mythe américain qui fait partie de notre propre passé. J'ai puisé dans le répertoire, j'ai ressorti de vieilles chansons. Certaines n'avaient jamais été endisquées. Il y a aussi des extraits de Thoreau, de Steinbeck. Et la musique folk, blues et gospel de l'époque a toute son importance dans le spectacle. On n'essaie pas de l'imiter, mais on la respecte beaucoup.

As-tu aussi puisé dans tes propres racines?

Oui, mon grand-père venait du Texas, ma grand-mère, du Midwest. Elle est d'ailleurs très présente dans le spectacle. C'est tout un personnage, ma grand-mère! Elle a été courtisée par plusieurs prétendants, dont Joseph McCarthy. Elle a finalement eu meilleur goût : elle a choisi mon grand-père. Quand il y avait des spéciaux au supermarché, elle pouvait acheter 20 boîtes de Spécial K! Devant mon étonnement, elle avait cette réplique : toi, tu n'as pas vécu la grande crise comme moi!

Qu'est-ce que le passé nous enseigne du présent?

On se rend compte que l'histoire se répète, que les souffrances se font écho. Les tempêtes de sable des années 30 ont créé une vague de réfugiés à l'intérieur de l'Amérique. Au début de la tournée, il n'en était pas beaucoup question. Maintenant, c'est un des moments les plus poignants du spectacle.

Qu'est-ce qui rejoint tout particulièrement le public québécois dans ce répertoire?

Il touche à notre propre américanité, à ce rapport au territoire et aux textes. Il rassemble des histoires

qui viennent du peuple et qui parlent de résilience, d'espoir, de lumière à travers le chaos. On vit une époque assez sombre à certains égards. Plonger dans le passé peut nous apprendre à mieux vivre notre présent. La littérature, les mots, c'est au fond ce qui nous permet d'être en contact avec l'expérience humaine de ceux qui nous ont précédés.

As-tu des projets autres qui se dessinent pour les prochains mois?

À vrai dire, je ne pensais pas que Rêves américains prendrait autant de place dans la dernière année. On ira présenter le spectacle du côté de l'Europe, où l'on sent un réel intérêt pour la thématique. J'ai aussi envie d'en faire un livre-disque, qui inclurait un tome deux. Et je réalise que l'histoire de la francophonie m'intéresse beaucoup. C'est un sujet qui m'appelle.

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