Des chansons en souliers vernis

Garou, Corneille et Roch Voisine.... (Photo La Presse)

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Garou, Corneille et Roch Voisine.

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Karine Tremblay
La Tribune

En lançant le projet des Forever Gentlemen au Québec, Corneille, Garou et Roch Voisine savaient qu'ils pouvaient frapper dans le mille. Ou bien faire patate. Ils avaient envisagé les deux possibilités, mais jamais ils n'avaient imaginé que le succès serait à ce point au rendez-vous. Après une première ronde de spectacles à guichets fermés lancée à Sherbrooke l'automne dernier, les supplémentaires s'ajoutent jusqu'en mars 2017. Le Centre Bell leur ouvrait sa grande scène, mercredi. Le disque a presque atteint le seuil des 80 000 exemplaires vendus. C'est gros, vraiment gros.

« On est d'autant plus ravis que c'est un succès qui s'est fait tout seul, à travers le bouche-à-oreille », exprime Corneille, qui n'avait pas fait de spectacles au Québec depuis longtemps avant d'embarquer dans la locomotive des Gentlemen.

L'idée de ce concept tressé avec les chansons des crooners des années 1950 et 1960 est née en France, il y a déjà cinq ans. Il a fallu beaucoup de temps avant que le projet de disque à plusieurs voix aboutisse là-bas.

« Ce genre de truc réunissant plusieurs personnes, c'est toujours complexe à lancer parce que tout le monde s'informe d'abord de qui sera là. Il faut ensuite coordonner la suite selon l'agenda de tous ces gens-là », mentionne Roch Voisine.

En Europe, l'appel lancé a fait boule de neige. Dany Brillant, Gad Elmaleh, Paul Anka et Michael Bublé sont quelques-uns de ceux qui ont levé la main pour se greffer à l'équipée. Un premier disque et puis un second ont ravi les auditeurs. La tournée, elle, n'était pas si évidente à envisager. Il y avait beaucoup trop d'horaires à agencer.

« Nous, on avait envie que ça sorte ici. On a tout coordonné pour lancer l'album en même temps que la tournée. »

Du swing et de la bonne humeur

Dans la foulée, les trois interprètes se sont fait plaisir en bâtissant un spectacle à grand déploiement où le swing, la bonne humeur et une certaine désinvolture colorent la mise en scène.

« On a chacun nos voix, notre univers, mais on partage ce côté décontracté qui fait qu'on ne se prend pas trop au sérieux. On s'est inspiré du Rat Pack pour trouver le ton et le type d'humour qui teinte le spectacle. On s'amuse beaucoup et ce fun-là est communicatif, je pense », souligne Corneille.

Cette complicité entre les trois chanteurs compte pour beaucoup dans le plaisir qu'ils ont à partager la scène. Elle est d'autant plus précieuse qu'elle aurait pu ne pas être au rendez-vous.

« Qu'on s'entende aussi bien, c'est une belle coïncidence parce qu'on sait bien que c'est un concept qui aurait pu s'effondrer. Trois artistes avec chacun leur carrière, leur répertoire, leur univers et leur égo, ça aurait pu mettre la table pour bien des frictions. On a tous les trois nos habitudes et nos routines, mais il fallait trouver une façon de fonctionner ensemble pour servir un répertoire qui n'était pas le nôtre, en mélangeant nos publics. C'était quasiment repartir de zéro, mais par un heureux hasard, on était rendu à la même place et tout s'est placé naturellement. On avait en commun cette envie d'avoir du fun et cette passion pour le répertoire. La chimie s'est installée toute seule, les chansons ont été attribuées sans chicane, facilement », explique Corneille.

Dans un tel contexte, où le ravissement de faire de la tournée ensemble est autant au rendez-vous que le public dans les salles, l'élégant trio est-il tenté de garder le noeud papillon et les souliers vernis pour se lancer dans l'aventure d'un deuxième opus?

« Je ne fais aucune annonce officielle, mais on est en train de regarder tout ça, confirme Roch Voisine. On pense que les gens aimeraient bien. Et nous aussi puisque pareil projet nous amène ailleurs sans freiner nos projets en solo. »

Nostalgie doudou

L'amour du public pour le répertoire des crooners est indéniable. Les reprises des succès des Dean Martin, Frank Sinatra et Sammy Davis Jr. cartonnent à tout coup. Comme plusieurs autres tendances pêchées dans notre passé plus ou moins récent qui refont surface ces dernières années. Tout ça a beaucoup à voir avec le rythme de vie effréné qui est le nôtre, pense Roch Voisine.

« La nostalgie, c'est le grand remède à ce qui se passe avec notre industrie musicale. On annonce les nouveautés à la demi-heure. On n'a pas le temps de découvrir un artiste qu'il y en a un autre qui arrive. Tout tourne beaucoup trop rapidement. On n'a pas le temps de se constituer des souvenirs ancrés à la musique. Tout change trop vite. Par instinct, par besoin, les gens se raccrochent à ce qui a existé avant, à ce qui existe depuis longtemps. »

Du grandiose s.v.p.!

Des tournées comme celles qu'organisent les Forever Gentlemen, il n'y en a pratiquement plus. Les trois chanteurs n'ont lésiné sur aucun détail pour faire de leur tour de piste un show à grand déploiement. Les trois interprètes sont accompagnés par un big band de 11 musiciens, dont fait partie le guitariste estrien Mike Goudreau. Ils trimballent un décor qui a du chic, ils ont voulu insuffler du grandiose à la tournée.

« Chanter au Centre Bell, c'est déjà symbolique. Revenir dans différente villes pour des supplémentaires, c'est formidable! Ce n'est pas si facile de remplir une salle. Le public n'est jamais à tenir pour acquis », disent Corneille et Roch Voisine, qui reviennent de quelques semaines à tourner en Europe avec le reste de la troupe de Forever Gentlemen.

Ils auraient pu être tentés d'annuler la série de spectacles qui étaient prévus de l'autre côté de l'Atlantique. D'autres l'ont fait après les attentats au Bataclan.

« On ne voulait pas reporter. Ce que souhaitent les terroristes, c'est justement de faire peur aux gens. On ne pouvait pas céder à ça. Mais on a senti les répercussions du drame pendant la tournée. »

Il y a eu ce samedi soir, entre autres, où dans tout Bruxelles ils étaient les seuls à donner un concert.

« Dans les faits, c'était probablement l'endroit le plus sûr en ville tellement il y avait de la sécurité! »

Vous voulez y aller?

Forever Gentlemen

Samedi 26 mars, 20h

Salle Maurice-O'Bready

Entrée: 85 $ ou 95 $

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