Boom Desjardins : retour en catimini

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Quand Boom Desjardins a pris une pause de la scène musicale en 2012 pour oeuvrer quelque temps en promotion immobilière, il ne savait même pas s'il reviendrait un jour dans le monde du spectacle.

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Sherbrooke) Quand Boom Desjardins a pris une pause de la scène musicale en 2012 pour oeuvrer quelque temps en promotion immobilière, il ne savait même pas s'il reviendrait un jour dans le monde du spectacle. Il a fallu un trip amical et musical, un séjour dans un chalet avec trois potes musiciens, pour que l'envie de refaire une virée sous les projecteurs revienne. Et c'est dans deux mois, plus précisément le 6 mai, que Clandestin, son nouvel album solo, verra le jour.

« La scène me manquait beaucoup, avoue-t-il. Ça a fait partie de moi pendant 20 ans. Il n'y a pas une journée, quand je marche dans la rue, où les gens ne me parlent pas de mes chansons ou ne me demandent pas quand je reviens. Et mon travail, pendant ma pause, me rapprochait encore plus du public », rapporte celui qui a été directeur du développement pour un promoteur immobilier en Abitibi, durant les belles années du Plan Nord.

À l'époque, le taux d'inoccupation était de moins de un pour cent dans la région. Boom et la compagnie pour laquelle il travaillait avaient comme projet la construction de 122 logements, appartements et maisons de ville à Val-d'Or et Rouyn-Noranda. Ils ont atteint les trois quarts de leur objectif avant que le ralentissement économique empêche la poursuite des chantiers (temporairement, espère-t-il).

« Mais j'aurais pris une pause de toute façon. Une fois le projet amorcé et les gens en place, j'avais moins de responsabilités. Mais en 2014, je me suis retrouvé avec des amis dans un chalet pour un trip de boys pendant une dizaine de jours, une sorte d'atelier. Et ça s'est super bien passé. »

Ses coéquipiers : Éric Maheu de Kaïn, Yannick Boivin de Yelo Molo et Étienne Joly, musicien de David Jalbert. « On a fait un album sans penser à le lancer, surtout que j'avais envie de quelque chose de très folk, très country, à la limite bluegrass. Quand j'ai commencé à faire écouter les chansons, le monde trouvait ça différent, plus dynamique, plus moderne. J'ai donc décidé de terminer l'album. Je suis parti pour Vancouver retrouver mon ami John Webster [réalisateur de ses quatre derniers albums]. J'ai ensuite appelé la maison de disques. »

« Un des éléments qui a aussi pesé dans la balance dans mon retour, c'est que j'aurai bientôt un autre enfant [son quatrième]. Et j'aurais trouvé ça plat qu'il ne me voie pas sur scène. Ça m'a motivé. »

Retour au chalet

Clandestin paraîtra donc dans deux mois, mais on peut déjà écouter des extraits de toutes les pièces sur le site internet de Boom, ainsi que le premier extrait au complet. Paris, Quévillon est d'ailleurs accompagnée d'un clip tourné dans le chalet où l'album est né (avis à ceux qui voudraient voir Boom nu sous la douche...).

« Le titre vient du fait que l'album a été réalisé clandestinement, sans en parler, sans agenda. C'est la même chose pour la série de spectacles que je fais en ce moment, en formule trio. Je n'ai été annoncé dans aucune programmation de saison. Je m'insère dans les plages disponibles, environ deux mois avant mon passage. Jusqu'à maintenant, le monde est là. Ça me permet de revenir tranquillement et d'avoir une idée de ce que les gens pensent. Car ce sont eux qui décident. »

Boom interprète donc une poignée de ses nouvelles pièces sur scène, avec évidemment plusieurs de ses immortelles. Jusqu'à maintenant, la facture plus rock des grands succès de La Chicane se marie bien aux nouvelles couleurs folk country choisies par Boom.

« C'est de la musique qui est en dedans de moi depuis mon enfance. D'ailleurs, j'ai toujours eu des chansons country sur mes albums. Il y a toujours eu un clin d'oeil », dit-il, citant Ma Taverne de La Chicane.

« Et ça passait quand même à la radio! C'est aussi un style qui permet plus d'humour et de légèreté, de se prendre moins au sérieux que le rock », annonce-t-il. « Ce ne sont pas les mêmes sujets, mais c'est le même langage. »

« On n'est pas Adele »

À travers tout ça, Boom reste un grand défenseur de la valeur de la musique. « Mon message, c'est d'acheter les albums, parce qu'au Québec, on ne peut pas vivre avec des singles. On n'est pas Adele. Il faut douze personnes qui ont acheté une chanson pour équivaloir à un album. On n'achète pas non plus un livre auquel il manque des pages. Un disque, c'est quelque chose qui se tient d'un bout à l'autre. On ne doit pas perdre ça. On est une société qui est tombée en amour avec des albums. »

Inutile de préciser que les compagnies de musique en ligne comme Spotify ou Apple Music sont dans sa ligne de tir. « J'avoue en fait que je préférerais même que tu n'en parles pas, pour ne pas leur faire de publicité. En fait, écris-le comme ça. »

Clandestin est en prévente sur iTunes depuis le 4 mars. Les personnes qui achèteront l'album courront la chance de gagner un voyage dans le Sud, avec Boom et ses musiciens, qui leur donneront un spectacle privé. Les détails seront bientôt annoncés (s'ils ne le sont pas déjà) sur le nouveau site internet de l'artiste.

Boom Desjardins aux Francopholies de Montréal en 2005.... (La Presse, Martin Chamberland) - image 2.0

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Boom Desjardins aux Francopholies de Montréal en 2005.

La Presse, Martin Chamberland

Musique québécoise et réseaux sociaux

Boom Desjardins a fortement goûté à la nouvelle médecine des réseaux sociaux lorsque sa déclaration sur la musique québécoise, lors d'une entrevue accordée au Journal de Montréal en 2014, est partie en vrille. L'Abitibien avait déclaré que, depuis le groupe Kaïn, il n'avait rien entendu qui se démarquait. Devant l'avalanche de réactions négatives, il a vite rectifié ses propos et fait un mea culpa.

« Surtout pour que cela arrête, car j'ai quand même réussi à garder un regard extérieur à tout ça. Ce n'était pas la qualité de la musique québécoise que je critiquais (j'ai trouvé dommage que les gens pensent ça de moi), mais la disparition de grands phénomènes de masse, comme lorsque Kaïn et Kevin Parent sont arrivés dans le décor. C'est donc plus une question de diffusion pour moi. En même temps, j'ai été surpris de voir que l'opinion de Boom Desjardins pouvait prendre autant d'importance! » ajoute-t-il en pouffant de rire.

« Trois semaines plus tard, il y avait encore une émission spéciale là-dessus à Radio-Canada! Mais je crois que cela a ouvert une réflexion. »

Boom s'ennuie simplement de l'époque où un hit tournait dans toutes les radios. « C'est ça qui faisait qu'on créait des Phoque en Alaska. C'est beaucoup plus difficile aujourd'hui, parce qu'il y a plus d'artistes, plus de styles, et les diffuseurs se sont davantage spécialisés. C'est plus divisé qu'avant. »

Quand Boom Desjardins a pris une pause de la scène musicale en 2012... (Internet) - image 3.0

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Internet

Boom boom

« À ton avis? » répond Boom Desjardins lorsqu'on lui demande s'il s'est beaucoup fait parler de la publicité de Bélairdirect à laquelle il a participé l'an dernier. « J'en ai entendu parler, ça n'a aucun bon sens! Le plus drôle, c'est que certaines per-sonnes ont pensé que j'étais vraiment fâché : "T'avais vraiment l'air écoeuré, hein?" Je ne peux les blâmer de ne pas avoir compris le concept : c'était la première de la série (je savais que d'autres caméos suivraient). Mais c'est signe que c'était réussi... et que je peux avoir un certain talent de comédien », dit-il à propos de cette création de l'agence Sid Lee, qui a eu recours à d'autres personnalités pour les publicités subséquentes, tels Bruny Surin et, plus récemment, Jean Airoldi. « En tout cas, j'en ai entendu, des boom-boom! J'en entends encore! »

Vous voulez y aller?

Boom Desjardins

Vendredi 11 mars, 20 h 30

Vieux Clocher de Magog

Entrée : 34,50 $

Samedi 12 mars, 21 h

Musi-Café de Lac-Mégantic

Entrée : 35 $

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