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Chasse-galerie: la légende : Aux racines du folklore ***

Caroline Dhavernas incarne la mercière Liza Gilbert. Restée... (Photo Séville)

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Caroline Dhavernas incarne la mercière Liza Gilbert. Restée seule au village, elle se languit de son amoureux Jos Lebel, parti au chantier pour un dernier hiver.

Photo Séville

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Karine Tremblay
La Tribune

(SHERBROOKE) CRITIQUE / C'est une bobine qui fleure le passé de nos ancêtres plus que les contes de nos recueils québécois. Chasse-galerie : la légende ne patauge pas tant dans le fantastique que dans les croyances qui animaient nos aïeux. La portée du clergé, mais plus encore la force obscure que représentaient le mal et le malin, teintent l'histoire inspirée par la vieille légende de notre terroir scénarisée par Guillaume Vigneault et portée à l'écran par Jean-Philippe Duval (Dédé à travers les brumes).

Fin du XIXe siècle, l'ambitieux agriculteur Jos Lebel (bon Francis Ducharme) aime passionnément Liza Gilbert (magnifique Caroline Dhavernas), mercière du village. Il entend renoncer à la vie de chantier pour épouser sa belle, mais voilà qu'un incendie suspect bouscule ses plans et l'oblige à partir pour le bois, un dernier hiver, pour ne pas perdre sa terre. Là-bas, au coeur de la forêt froide où l'hiver impose sa loi, les problèmes se multiplient comme si le chantier était dans la mire du mauvais oeil.

Jos tente de maintenir le cap tout en se languissant de sa douce. Au village, Liza reste sans nouvelles de son homme. Inquiète, courtisée par le richissime notaire Romain Boisjoli (Vincent-Guillaume Otis) à qui elle a refusé sa main trois ans plus tôt, elle finit par voir son coeur balancer sans savoir qu'elle obéit ainsi aux sombres desseins de Jack Murphy (inquiétant François Papineau). Sans savoir, non plus, que le troublant étranger qui loge à l'Hôtel central l'a connue alors qu'elle poussait son premier cri.

La veille du jour de l'An, Jos apprend qu'on en voulait à son chantier. Et que Liza pourrait bien en épouser un autre. Le temps jouant contre lui, il reste l'option d'une chasse-galerie, d'un pacte avec le diable pour voyager en canot au-dessus des cimes et des clochers d'église afin de rejoindre le village avant que le pire n'arrive. Mais le pire, c'est peut-être justement de pactiser avec le vilain démon. Il ne fait pas de cadeaux. Surtout pas si on a le malheur de manquer à sa parole et de tenter de le déjouer.

L'histoire, plutôt bien ficelée et de façon générale bien tournée (sauf les scènes de canot volant en plein blizzard, franchement pas toujours convaincantes), manque quand même un peu d'étincelles. Peut-être à cause de certaines longueurs qui épuisent un peu l'intérêt en cours de chemin. Peut-être aussi parce qu'on en a soupé des relectures du folklore d'antan à la façon des Belles histoires des pays d'en haut et autres récits empruntés à notre passé lointain.

Il manque un petit quelque chose pour que la magie opère tout à fait, mais la reconstitution d'époque, elle, est impeccable. On sent toute la rigueur du climat qui pèse au quotidien, la vie difficile des Canadiens français plantés dans ce sauvage pays de neige. On entend le vent qui souffle et qui s'infiltre jusque dans les cabanes, jusque dans les os. On retrouve surtout les dogmes d'alors, teintés par l'ombre du péché et la peur du sacrilège.

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