Nicole O'Bomsawin: mémoire vivante

Nicole O'Bomsawin... (Le Nouvelliste, archives)

Agrandir

Nicole O'Bomsawin

Le Nouvelliste, archives

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(Sherbrooke) Nicole O'Bomsawin n'est pas très connue des Estriens, même si elle habite Odanak, à une centaine de kilomètres de Sherbrooke, et même si son peuple, les Abénaquis, a façonné l'histoire de la région et désigné plusieurs lieux dont les noms ont traversé les siècles comme Massawippi, Coaticook, Memphré-magog, Mégantic et Missisquoi.

« Depuis plusieurs années, je fais de la reconstitution historique, notamment au Marché public du XVIIIe siècle, en août, au Musée de la Pointe-à-Callières, et de l'animation dans les écoles », expliquecette anthropologue, muséologue, militante écologiste et femme engagée.

À l'occasion du Carnaval de Sherbrooke, les Sherbrookois auront la chance de la rencontrer et de l'entendre raconter l'histoire des Abénaquis, leur apport au développement et à l'identité de la région, de même que leur présence encore aujourd'hui dans la réserve d'Odanak. Celle-ci est située dans la MRC de Nicolet-Yamaska, sur la rive est de la rivière Saint-François.

« Je vais leur dire qui je suis, qui est mon peuple, rappeler que le territoire où se trouve aujourd'hui Sherbrooke est abénaquis et raconter ce que les Abénaquis y faisaient », explique Mme O'Bomsawin, qui prendra place dans une tente de l'armée canadienne au parc Jacques-Cartier.

Enseignante à l'Institut postsecondaire Kiuna, à Odanak, Nicole O'Bomsawin veut également mieux faire connaître les savoirs et la pensée autochtone.

« Nous avons une vision du monde différente, mais on vit aujourd'hui avec des comportements comme les vôtres. Chaque peuple autochtone a ses propres traditions, mais tous sont réunis par la même vision du monde, une vision circulaire, holistique, qui nous amène dans une pensée où il n'y a pas de ligne de temps. Chaque année, on fait le tour, tout est cyclique », explique-t-elle.

Militante de la première heure à l'Association des femmes autochtones du Québec, Mme O'Bomsawin a suivi de très près le dossier des quelque 1200 femmes autochtones assassinées ou disparues au Canada depuis les années 1980 et le refus du précédent gouvernement conservateur de lancer une enquête publique. Cette situation a d'abord soulevé l'indignation des femmes autochtones, puis des chefs autochtones et finalement de la population canadienne, avec le résultat que le gouvernement libéral de Justin Trudeau a annoncé peu après son élection la tenue d'une telle enquête.

Lorsqu'on lui demande si la cause environnementale permet de bâtir de nouveaux ponts entre les Premières Nations et les autres citoyens canadiens, Mme O'Bomsawin répond par l'affirmative, mais ajoute que cela n'a pas toujours été le cas.

« Les autochtones ont toujours protesté contre les coupes à blanc et on les condamnait en disant qu'ils étaient contre le progrès », rappelle-t-elle.

« Aujourd'hui, on se questionne sur l'eau, sur l'air qu'on respire et même sur ce que l'on mange. Maintenant, il y a des gens, des écologistes d'abord, puis la société civile, qui s'opposent à l'exploitation des gaz de schiste, aux pipelines et à la construction de barrages sur nos rivières », fait remarquer la militante.

« Moi, j'appelle ça des alliances prometteuses au sujet d'enjeux issus du milieu autochtone, mais qui aujourd'hui ne sont pas considérés seulement comme des enjeux autochtones et qui regardent tout le monde », dit-elle.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer