Paris tristesse dans le bonheur

Il y a longtemps que Pierre Lapointe n'a pas ralenti la cadence. Ces dernières... (La Presse archives, Edouard Plante-Fréchette)

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La Presse archives, Edouard Plante-Fréchette

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Karine Tremblay
La Tribune

(Sherbrooke) Il y a longtemps que Pierre Lapointe n'a pas ralenti la cadence. Ces dernières années, il y a eu Punkt, disque et tournée. Puis Paris tristesse, en album, d'abord, et puis en spectacle, des deux côtés de l'Atlantique. Il y a eu un premier plongeon comme coach à La voix l'an dernier. Et puis un second, dans la mouture actuellement diffusée à TVA. Entre les deux, il y a aussi eu l'expérience Stéréo pop à ICI Radio-Canada Télé.

« Depuis plusieurs années, ça n'arrête pas », confirme l'auteur-compositeur-interprète, qui entend prendre une petite pause des planches en mai. Ce serait la première fois depuis longtemps. Si les plans ne changent pas.

« Je travaille sur plusieurs autres projets dont je ne peux pas parler pour l'instant. Je pense arrêter de tourner pendant quelques mois, oui, mais je me connais, tout ça peut bouger. C'est un peu une maladie, mon affaire! »

Ce n'est pas tant que le chanteur est boulimique du boulot. C'est plutôt que les événements s'emboîtent et l'amènent là où il aime aller.

« Depuis plusieurs années, tout se bouscule, mais tout est facile. J'ai une vie occupée, je n'arrête pas beaucoup, mais ce que je fais me fait triper. Alors même quand je suis fatigué, j'ai du souffle pour aller de l'avant », dit-il avec un petit rauque dans la voix. Un mal de gorge qui ne l'empêchera pas de chanter ce soir.

« Depuis le temps, je connais bien mon corps. J'ai déjà fait des spectacles dans des états catastrophiques et rien n'y paraissait. »

Ce qui est plus embêtant, c'est lorsque la voix décide qu'elle ne suit plus. Comme il y a un mois, lorsqu'un mauvais virus a rendu le chanteur aphone.

« J'ai dû reporter des spectacles, je n'avais plus de voix. Pendant huit jours, je n'ai pas parlé, je ne suis pas sorti de chez moi, je suis resté à la maison à écouter des documentaires. J'ai trouvé le temps long! »

Pierre Lapointe et Claudine Prévost n'auront connu qu'une... (La Tribune, archives) - image 2.0

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Pierre Lapointe et Claudine Prévost n'auront connu qu'une seule saison de Stéréo pop à ICI Radio-Canada Télé.

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L'élan des débuts

Inutile de dire qu'il a hâte de grimper sur les planches. Surtout pour ce tour de piste où la formule, épurée, l'amène à revisiter au piano les chansons qui ont germé dans son imaginaire depuis 15 ans. Paris tristesse le ramène à l'élan des débuts, celui où il défendait ses chansons seul au piano. L'expérience en plus.

« C'est un spectacle très doux, mais très surprenant, aussi. Les chansons sont plutôt introspectives, elles transportent une certaine mélancolie. Je reste dans cette énergie-là la plupart du temps, sauf lorsque je m'adresse au public. Il y a trois ou quatre moments où je débite des conneries qui ne se disent presque pas sur une scène. Je pense que je n'ai jamais été aussi drôle que dans ce show-là. Les spectateurs aiment énormément, certains m'ont même demandé quand je ferais mon premier one-man-show. »

Faire rire autant les gens et les faire presque pleurer l'instant d'après, c'est un art en soi. Un art nécessaire pour aller loin dans l'émotion.

« C'est un mélange fin, quelque chose que je n'aurais sans doute pas été capable de faire il y a 10 ans. Créer une bulle de folie qui fait rire les gens amène chez eux une ouverture. Les chansons sont ensuite reçues d'une autre façon. Elles ont probablement plus d'impact encore. »

Lui a un plaisir renouvelé à les interpréter. L'album enregistré en trois jours dans le ventre du studio parisien CBE était pourtant destiné à une trajectoire strictement européenne, au départ.

« On n'avait pas les moyens d'emmener la grosse équipe de Punkt en Europe. L'idée derrière Paris tristesse, c'était de me donner la possibilité de faire des shows en solo. »

C'était aussi un moment pour prendre la mesure de son répertoire.

« J'ai monté mon corpus en amalgamant mes chansons les plus substantielles, les plus marquantes. C'était une fierté de voir mon évolution, de constater que j'avais réussi à livrer des trucs comme Tel un seul homme alors que je n'avais que 20 ans », dit celui qui, avec cette galette de relectures, a remporté le Félix de l'Album de l'année - réinterprétations, en plus de celui remis à l'artiste s'étant le plus illustré hors Québec en 2015.

Bientôt un livre pour enfants

Pierre Lapointe lance la nouvelle comme si ça allait de soi. Quelque part en avril, il lancera un livre pour enfants, avec l'illustratrice Catherine Lepage, complice des premières heures. « C'est une histoire que j'ai écrite lorsque j'étais adolescent et que j'ai racontée à Catherine, à un moment donné. Elle a eu l'idée d'un album illustré. » C'est la maison d'édition montréalaise Comme des géants qui publie le conte « pour les enfants de sept à soixante-dix-sept ans ». Une histoire « pissante, vraiment très drôle, qui met en scène le personnage de Pierre Lapointe S », révèle le prolifique créateur qui, pour marquer le coup de ses 15 ans de carrière, a aussi choisi de bricoler un coffret de collection à ses admirateurs. Une intégrale en format vinyle qui réunit neuf albums, tous habillés de neuves pochettes. « Chez Audiogram, ils ont été courageux de se lancer dans pareille affaire. Moi, j'ai signé une clause qui restreint mes droits à leur plus bas niveau. Sinon, on n'aurait pas pu faire un tel objet et le vendre à un prix raisonnable. » Cinq cents exemplaires du coffret ont été produits. Chacun est numéroté et il n'y en aura pas d'autres.

La France aux bras ouverts

Du côté de l'Hexagone, Pierre Lapointe n'a pas connu de triomphe monstre instantané comme Coeur de pirate. Son succès, d'abord confidentiel, s'est bâti brique par brique à force d'allers-retours en France. « Je n'ai pas eu de grand succès commercial, mais je n'ai jamais lâché le morceau, même si ça n'a pas été facile. Au fil du temps, j'ai développé un réseau précieux, une équipe solide de parrains qui croient beaucoup en moi. Je me suis construit une aura, une crédibilité hors norme, presque intouchable. C'est un statut difficile à atteindre. C'est précieux. » Son passage à On n'est pas couché, en juin dernier, lui causait du stress, bien sûr. Sur le plateau de l'impitoyable émission, il n'en a rien laissé paraître. Son aplomb et sa répartie ont eu tôt faire de séduire tout le plateau. « Ce fut un moment de grâce », se souvient le chanteur qui, sans rien préciser, annonce qu'il a des projets en branle de l'autre côté de la flaque.

La voix, une deuxième fois

Lorsque Stéphane Laporte lui a proposé un siège de coach à La voix, l'an dernier, Pierre Lapointe n'avait jamais regardé l'émission. Et à vrai dire, il ignorait à peu près tout du show dominical. « Je n'écoute pas la radio, je ne regarde pas la télé. À part ce que m'en avait dit ma bonne amie Ariane (Moffatt), je ne savais rien. Je voulais rester dans cet état-là et vivre l'expérience en découvrant live ce que c'était. » L'expérience a été « ultra surprenante ». Elle a surtout été belle puisque le coach avait envie de remettre ça pour une seconde ronde cette année. « J'ai aimé côtoyer les participants qui vivaient ces moments remplis de bonheur, d'intensité et de grande attention. C'est une expérience très riche, surtout au chapitre des rencontres qu'on y fait. C'est un plaisir de travailler avec des gens aussi talentueux. Je parle des participants, bien sûr, mais aussi de toute l'équipe qui est derrière l'émission. La crème de la crème. Les musiciens, par exemple, sont hallucinants. Ils passent d'un univers à un autre en un claquement de doigts. C'est impressionnant de se retrouver sur un plateau pareil », dit le chanteur qui a accueilli dans son équipe la Sherbrookoise Marie Bélisle. On ne sait pas encore si elle franchira l'étape des duels. « Les duels sont déjà tournés, mais je ne peux rien dire », dit le coach, qui apprécie tout particulièrement le volet des émissions tournées en direct. « Ça amène une énergie complètement différente, ça fait un maudit bon show! » dit celui qui a par ailleurs appris que Stéréo pop ne connaîtrait pas de deuxième saison. « Ça ne s'est pas passé comme j'aurais espéré, je trouve ça triste que cette tribune, qui faisait une belle place à la musique, ne survive pas, mais ça fait partie des choses qu'on ne contrôle pas.»

Vous voulez y aller

Pierre Lapointe

Paris tristesse

Ce soir, 20 h

Théâtre Granada

Entrée : 39,50$

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