Plaisirs coupables

La musique classique, comme tous les autres styles de musique, a aussi ses... (Archives La Tribune, Charles-Antoine Auger)

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Archives La Tribune, Charles-Antoine Auger

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Sherbrooke) La musique classique, comme tous les autres styles de musique, a aussi ses grands succès. Pour les reconnaître, il suffit d'en parler avec une personne qui n'a aucune connaissance du répertoire : le titre de la pièce ne la fera aucunement réagir, mais son regard s'éclairera dès qu'on lui fredonnera les premières notes de la mélodie. Dix-neuf de ces grands airs seront ainsi interprétés par l'Orchestre symphonique de Sherbrooke demain. Judicieux choix de programme, semble-t-il, puisque au moment d'écrire ces lignes, il restait seulement 80 billets à vendre. Entretien avec le chef Stéphane Laforest.

Pourquoi parler de « plaisirs coupables »?

Probablement à cause d'un certain snobisme par rapport à ces oeuvres très populaires, que l'on associe à un public qui n'est pas connaisseur. Il y a sûrement des chefs d'orchestre qui craignent d'être accusés de légèreté s'ils les incluent dans leurs concerts. Mais pour moi, ce sont tous de petits bijoux, que l'on catalogue souvent trop rapidement, et qui sont aussi une belle façon de s'initier pour les personnes que le classique intimide. C'est plus facile de commencer par ça que par une symphonie de Mahler.

Y a-t-il une recette pour créer un grand succès en musique classique? Est-ce la mélodie qui fait tout le travail?

C'est un tout. Si l'air reste en mémoire et qu'on peut le fredonner facilement et sans accompagnement, évidemment, c'est un plus. Mais il y a aussi le rythme : la plupart de ces oeuvres sont très enjouées. La répétition est aussi une façon d'ancrer une musique en tête, tel le Can can d'Offenbach, composé de deux motifs de quatre mesures qui se succèdent et qui reviennent. Cette pièce d'opérette est un exemple de composition volontairement simple parce que destinée à un public qui connaissait moins le répertoire symphonique. Quant aux marches, elles étaient intentionnellement pompeuses pour faire vibrer la fibre patriotique des peuples et donner du courage aux troupes. Plusieurs de ces oeuvres sont aussi d'inspiration folklorique et nombre d'entre elles ont été utilisées par le cinéma et la télévision (Walt Disney et Bugs Bunny, par exemple), ce qui a contribué à les faire connaître du grand public.

Ce n'est pas parce que ces pièces sont archiconnues qu'elles sont forcément faciles pour les musiciens...

L'orchestre aura en effet plusieurs défis techniques à relever. La plupart de ces oeuvres doivent être jouées très vite. Il y a plusieurs traits virtuoses. Dans La chevauchée des Walkyries de Wagner, les cuivres sont mieux d'avoir du souffle! Ça n'arrête pas pendant cinq minutes! Et les autres font des triples-croches pendant ce temps-là! Mais l'avan-tage, c'est que les musiciens ont déjà joué ces pièces très souvent.

Quels seraient vos propres plaisirs coupables dans le programme de demain?

Je ne pourrais pas dire, toutes ces pièces ont leurs qualités, mais si je devais faire un choix, j'en retiendrais une rapide et une lente : la cavalerie de l'ouverture Guillaume Tell et l'Intermezzo extrait de Cavalleria Rusticana. Le passage de la cavalerie dans l'ouverture de Rossini est si puissant, flamboyant, enlevant, tellement bien fait! Et l'intermède de Mascagni est à pleurer.

Clair de lune de Debussy, oeuvre pour piano solo, figure aussi au programme. Dans une version orchestrale?

Il y a une incertitude par rapport à l'interprétation de cette pièce, car nous ne sommes pas sûrs d'avoir commandé les bonnes partitions pour l'orchestre. Si celles-ci ne conviennent pas, nous jouerons plutôt la version orchestrale d'une autre pièce très connue du répertoire français : Gymnopédie d'Érik Satie.

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