Entrevue franche avec Philippe Brach

Après avoir remporté les Francouvertes en 2014, et après avoir été sacré... (Le petit russe MIDREZ)

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Le petit russe MIDREZ

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Karine Tremblay
La Tribune

(Sherbrooke) Après avoir remporté les Francouvertes en 2014, et après avoir été sacré Révélation de l'année par ICI Radio-Canada comme par l'ADISQ en 2015, on peut dire que Philippe Brach est sorti du relatif anonymat qui nimbe souvent les artistes de la relève. Ses textes francs, son folk rock éclaté et son univers original séduisent l'oreille d'un nombre grandissant de fans. Il va à leur rencontre au cours des prochains mois en promenant partout les chansons de son deuxième opus, Portraits de famine, ici comme en France, à New Richmond comme en Abitibi. Il sera au Vieux Clocher de Magog vendredi prochain, avec trois musiciens.

Tu as repris la tournée deux jours seulement après un séjour d'un mois au Japon. Ce n'était pas un peu casse-gueule?  

Complètement. C'est 14 heures de décalage. Mais bon, je suis revenu à la fin janvier, j'ai presque repris le dessus, maintenant. Je suis parti sur un coup de tête. Je devais aller en Louisiane et, en visitant le site Yulair, j'ai accroché sur le Japon. J'ai découvert là-bas une culture qui respecte énormément l'autre. Ce n'est pas un peuple qui exprime ses émotions facilement, mais c'est un peuple honnête et droit. Ça faisait longtemps que je n'étais pas parti comme ça. Ça me donne envie de voyager encore.

Tes chansons sont tissées dans une langue souvent crue, et portées par des mélodies qui voyagent dans le plus rock comme dans le plus planant. Tu es ce qu'on appelle un créateur libre?

Par définition, la création, c'est la liberté. Moi, j'écris comme je parle, c'est ma zone de confort et je l'assume. Mes textes sont parfois lyriques, mais ils sont souvent trash. Il y a du relief. Je vais dans les deux extrêmes. Mon album n'en est pas un qu'on peut écouter en soupant. Ce n'est pas homogène et ça me plaît.

Qu'est-ce qui t'inspire?

J'ai un gros déficit d'attention, alors en fait, moi, je ne lis pas, je n'écoute pas beaucoup de musique non plus. Dans mon iPod, il n'y a pas grand-chose. Des tounes des années 60 et 70 et c'est à peu près ça. Mais j'ai vu des tas de films, j'ai consommé du cinéma à la pelle. C'est ce qui a stimulé mes sens, ce qui m'a nourri en création. Et c'est probablement ce qui explique le côté très imagé de mes chansons.

Plusieurs soulignent tes talents de conteur. L'interaction avec le public te plaît?

On a des canevas, une ligne directrice, mais j'essaie de dire des choses différentes chaque soir. Je divertis mes musiciens, je me divertis moi-même et je divertis ceux qui m'ont peut-être déjà vu, dans la salle, mais qui n'entendront quand même pas les mêmes affaires. Je n'ai pas envie de devenir redondant. Je me tanne vite de ce que je fais, sinon. Alors j'y vais à l'instinct. Je suis à l'aise parce que j'ai fait de l'improvisation pendant de nombreuses années. Je n'ai pas peur de me péter la gueule.

Tu n'as pas peur d'embarquer dans de nouveaux projets non plus : tu as lancé un livre à colorier, il y a quelques semaines...

Moi, j'ai zéro talent en dessin, mais je suis un grand fan d'illustrations. J'avais rencontré un illustrateur espagnol, Carlos Romanos, il y a quelques années. Un gars vraiment doué. Ça faisait un bout qu'on voulait travailler ensemble sur un projet. Trois mois après l'ADISQ, l'album était lancé, la marée était passée et moi, j'avais besoin de toucher à autre chose, de créer dans un autre créneau. Ce livre-là s'est fait rapidement et intensément. J'ai adoré. C'était aussi une façon d'apprivoiser l'univers de l'édition, parce que j'ai un projet de livre, un récit illustré sur lequel je veux me remettre à travailler lorsque j'aurai le temps.

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