Voir loin, pour D'eux

Complices dans la vie et tous deux amoureux... (Spectre Média, René Marquis)

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Complices dans la vie et tous deux amoureux du livre jeunesse, Yves Nadon, enseignant bien connu maintenant retraité, et France Leduc, graphiste à la tête de la boîte de communication Tatou, lancent la nouvelle maison d'édition jeunesse D'eux. Les premiers albums publiés par le duo de créateurs seront en librairie dès lundi.

Spectre Média, René Marquis

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Karine Tremblay
La Tribune

(Sherbrooke) On a beau se faire dire et répéter que les temps sont durs pour le milieu de l'édition et de l'imprimé, il y a des gens qui y croient. Suffisamment pour oser se lancer dans la mêlée. À Sherbrooke, qui plus est.

La plongée est mûrement réfléchie, elle allait pratiquement de soi. Retraité de l'enseignement et auteur à ses heures, Yves Nadon a tenu les rênes d'une collection jeunesse (Carré blanc) aux 400 coups pendant 20 ans. Sa complice dans la vie et au boulot, la graphiste France Leduc, était à la direction artistique des projets qu'il chapeautait. Ensemble, ils cumulent une solide expérience et des expertises complémentaires.

« Lorsque j'ai quitté les 400 coups, je ne pouvais pas croire que je ne ferais plus ce boulot-là », dit Yves Nadon.

C'est en jasant, dans les semaines qui ont suivi ce départ, que France et lui ont eu l'étincelle. « On serait fous d'attendre après les autres », ont-ils pensé. L'idée de démarrer leur propre boîte a vite fait son chemin. Comme une évidence. L'aventure de l'édition jeunesse était plus que tentante, elle était nécessaire. À deux, ils ont imaginé D'eux. La toute neuve maison d'édition aura ses premiers livres en librairie dès lundi. Tempête sur la savane (Michaël Escoffier-Manon Gauthier) et À qui sont ces grandes dents? (Sandrine Beau-Marjorie Béal), deux albums illustrés aussi jolis que différents. Deux autres titres suivront ce printemps. Au total, huit albums devraient être publiés en cours d'année.

« C'est varié parce que c'est notre intention d'avoir une sélection diversifiée », remarque France, aussi à la tête de Tatou, entreprise de communication graphique.

Des histoires qui font sourire, rire, voyager ou réfléchir se retrouveront dans leur catalogue. Ce qui n'y sera pas?

« Les trucs où on prend les enfants pour des consommateurs, ça, non, on ne publiera pas », explique le directeur littéraire.

Pour les deux créateurs, la niche du livre jeunesse est une avenue réfléchie, un univers choisi. Les histoires pour la jeunesse, ils connaissent. Surtout, ils y croient. L'envie de fabriquer et de faire connaître une littérature de qualité destinée aux enfants est un moteur, un élan.

Phares et repères

« J'ai enseigné 35 ans avec les livres. C'est quelque chose que j'aime, un domaine dans lequel je suis à l'aise. Et en bout de piste, moi, je veux que la société ait des lecteurs. »

Pour ça, il faut un peu prendre la main des enfants. Leur donner des phares et des repères. Leur donner, surtout, le goût des livres.

« Les études ont montré que la lecture aide à développer l'empathie et la capacité de concentration. Le monde dans lequel naissent les enfants est en perpétuel mouvement. Tout va vite, tout est souvent très polarisé. Les jeunes d'aujourd'hui ont besoin de lire et d'écrire plus que jamais, peut-être. Cette capacité de raisonner, de réfléchir, d'argumenter, de se questionner, elle est essentielle à développer. »

Tant de choses découlent de l'ignorance. Tant d'autres deviennent possibles avec les livres. Les deux nouveaux éditeurs sont convaincus de la portée et de l'importance des histoires imprimées. Il reste que la belle aventure de l'édition vient avec son lot de nouveautés. Avant, il n'y avait que la création. Maintenant, il y a aussi la poutine administrative. « On apprend. »

L'imprimeur, le transport, les demandes de subventions, le réseau de distribution : tout est à apprivoiser. Mais tout se fait dans le bonheur. Et le milieu, déjà, leur ouvre les bras. Il y a Comme des géants, petite maison montréalaise, qui a eu le chic de partager quelques tuyaux avec le nouveau duo d'éditeurs. « Ils ont été vraiment chouettes. On leur en doit une. »

Et il y a ces lecteurs qui, avant même le lancement des albums, demandent où et quand ils peuvent se les procurer. Le décompte achève. Dans deux petits jours, D'eux aura pignon sur les tablettes.

Un congrès couru... et Alexandre Jardin en conférence

La troisième édition du congrès De mots et de craie aura lieu en avril. Ça vous intéresse? Il faudra patienter jusqu'à la prochaine mouture. Les ateliers sont déjà complets. Et depuis longtemps. Lorsque le site a ouvert les vannes pour les inscriptions en ligne, l'automne dernier, le serveur a surchauffé. Trop de demandes en trop peu de temps. Cinq heures plus tard, les quelque 600 places étaient comblées. Une liste d'attente a même été constituée. Alexandre Jardin, Thierry Lenain, Manon Gauthier, Michaël Escoffier et Christiane Duchesne sont quelques-uns des conférenciers invités.

« C'est formidable parce que c'est un congrès pendant lequel des professeurs s'organisent pour réfléchir à l'éducation », exprime Yves Nadon, qui fait partie de la poignée d'éducateurs qui ont rêvé et lancé le projet.

« La force du congrès, c'est que ce n'est pas une cafétéria. On a une ligne éditoriale, on s'y tient et on réalise que ça plaît. »

Pas d'autocollants ni de bébelles à vendre sur les tables. Mais des livres, ça, oui. Et il s'en vend. Beaucoup.  

« Le congrès fonctionne sans aucune subvention et il connaît un tel succès qu'on se retrouve avec des fonds. On les réinjecte en organisant des activités qui font la promotion de la lecture en classe. »

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