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Entrevue «Jassique» avec Matt Herskowitz et John Roney

Matt Herskowitz et John Roney... (Spectre Média, René Marquis)

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Matt Herskowitz et John Roney

Spectre Média, René Marquis

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Sherbrooke) La carrière d'un pianiste se joue la plupart du temps en solo. Et quand vient le temps de partager la scène avec d'autres musiciens, ce sont rarement d'autres pianistes. Mais Matt Herskowitz et John Roney ont eu envie de vivre l'expérience le temps d'un spectacle baptisé Pianos caméléons, au cours duquel ils rhabillent le classique de jazz. Prochaine halte : mercredi soir au Théâtre Centennial. Entretien avec un Américain et un Ontarien qui ont choisi Montréal pour établir leur carrière de musicien et parlent aujourd'hui couramment le français.

Qu'est-ce qui vous a donné envie de travailler ensemble?

John : C'est notre ami Oliver Esmonde-White [accordeur de pianos et technicien de concert], qui suivait nos carrières respectives. C'est aussi un gars qui aime l'idée de fusion entre le classique et le jazz.

Matt : Oliver a donc invité quelques pianistes chez lui pour improviser ensemble. Il a trouvé que la meilleure chimie était entre John et moi. Nous nous connaissions, mais nous n'avions jamais travaillé ensemble.

Est-ce que c'était votre première expérience de duo de pianos?

John : Quand j'habitais Toronto, j'avais l'habitude d'organiser des barbecues de pianos avec d'autres pianistes jazz. Mais professionnellement, c'est la première fois.

Matt : Pour moi, c'est une première, à part quelques concertos pour deux pianos. Ce que j'aime d'ailleurs de cette aventure, c'est que chacun de nous a son style, son propre son, et chacun inspire l'autre à sa façon. John est plus jazz et moi, plus classique.

John : Nous avons d'ailleurs coutume de dire que Matt est un pianiste classique qui a appris son jazz dans la rue et moi, un pianiste jazz qui a appris son classique dans la rue. Ce projet, c'est donc l'intersection des deux rues.

Est-ce que Pianos caméléons s'inscrit dans ce qu'on appelle le Third Stream?

John : Pas exactement. Le Third Stream, ce sont des compositions musicales originales par des musiciens jazz mais dans un style classique. Nous, nous prenons le véritable répertoire classique et nous le traitons comme des standards de jazz.

Matt : Nous ne faisons pas que garder les mélodies pour les retravailler. Nous jouons les vraies pièces. Elles se retrouvent intégralement dans les arrangements. C'est quelque chose qui nous distingue.

John : Jusqu'à maintenant, la réponse est assez positive : les musiciens classiques remarquent un respect de l'original, et les jazzmen, la profondeur de l'approche.

Comment choisissez-vous votre répertoire?

Matt et John : Nous devons prendre des pièces classiques très connues, sinon le public ne pourra pas saisir toute l'invention et l'improvisation. Certaines oeuvres sont plus spectaculaires et possèdent un défi technique, comme l'Étude révolutionnaire de Chopin, la Sonate « Pathétique » de Beethoven ou le Prélude de Rachmaninov, mais d'autres, tel un prélude de Bach, ont déjà la base d'un standard. Tout y est déjà en place pour créer l'improvisation. Pour d'autres, comme le Clair de lune de Debussy, il fallait vraiment réinventer la pièce. Nous avons aussi inclus des classiques de Gershwin et Brubeck, qui ont été les premiers pianistes et compositeurs à faire le pont entre jazz et classique.

Vous avez tous deux choisi Montréal pour vous établir comme musiciens. Pourquoi?

Matt : J'ai été à New York pendant dix ans, mais j'ai été invité un jour à jouer au Festival Orford. J'ai aussi gagné des concours ici, qui m'ont ouvert des portes. Et les occasions sont vite devenues plus nombreuses et plus intéressantes ici qu'à New York, où je devais payer un loyer très élevé.

John : J'ai été engagé par l'Université McGill alors que je n'avais pas encore terminé ma maîtrise. J'ai donc établi mon réseau artistique ici. J'adore cette ville.

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