Le nouveau chemin d'une victime de viol

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France Cloutier: « Les gens ont honte de parler d'agression sexuelle publiquement. J'ai toujours dit aux jeunes auprès desquels j'intervenais de protéger un bon secret, mais de ne pas garder un mauvais secret.»

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Nelson Fecteau
La Tribune

(Thetford Mines) Victime de viol il y a sept ans et auteure du livre-témoignage Je suis normale d'où je viens, France Cloutier amorce ce soir à 19 h au Cégep de Thetford Mines une tournée de conférences gratuites qui la mènera partout au Québec.

« Si j'en trouve la force, si j'en suis capable, je vais faire de la sensibilisation à ce fléau un nouveau mandat de vie », affirme cette technicienne en éducation spécialisée, toujours en arrêt de travail.

Originaire de Black Lake, France Cloutier demeure dans un petit village de la Haute-Mauricie. Là où les faits se sont déroulés. Violée par un collègue autochtone, dont elle affirme ne pas s'être méfiée, elle conserve de profondes séquelles physiques et psychologiques et un souvenir indélébile. « C'est comme si c'était hier. »

Après un procès qui a duré trois ans, son agresseur a écopé de 14 mois de prison et son nom a été inscrit au registre des agresseurs sexuels pour 20 ans. Une bien mince consolation.

« Trois années d'enfer au cours desquelles j'ai revécu le viol à chaque occasion dans un système judiciaire pourri. Certaines personnes de mon entourage m'ont dit que j'étais chanceuse, que j'avais gagné. Je n'ai pas gagné, j'ai été crue », affirme-t-elle. « Pour moi, le pardon n'existe pas. Je ne connais pas d'agresseur sexuel repentant. »

Briser le silence

France Cloutier affirme avoir longtemps hésité avant de dénoncer, pour finalement se convaincre de briser le silence.

« Les gens ont honte de parler d'agression sexuelle publiquement. J'ai toujours dit aux jeunes auprès desquels j'intervenais de protéger un bon secret, mais de ne pas garder un mauvais secret. Je gardais un mauvais secret. Je n'aurais pas été capable de regarder mes jeunes dans les yeux. »

France Cloutier estime que son livre-témoignage et ses conférences répondent à des besoins : beaucoup d'agressions sexuelles demeurent non dénoncées, les procès durent souvent de longues années et il n'est pas facile, pour une victime d'agression, de faire une telle révélation aux parents et aux proches, tout comme ce n'est pas facile pour les gens qui reçoivent la nouvelle. Comment réagir? Quelle attitude adopter?

C'est ce que l'auteure veut aborder, tout en rappelant ce que sont une agression sexuelle, un choc post-traumatique et la trousse médico-légale. Les noms et les lieux sont fictifs. Les faits sont réels.

« Toute personne sera confrontée à la souffrance et à la douleur d'une victime d'agression sexuelle à un moment ou l'autre de sa vie. Informée, elle saisira mieux l'ampleur d'un tel désastre sur une vie. »

Après Thetford Mines, les villes de Drummondville, Québec, Trois-Rivières, Montréal, Saint-Georges et Sept-Îles figurent à l'agenda de France Cloutier.

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