Cadieux dans la peau de Sarah Bernhardt

Anne-Marie Cadieux (à l'avant-plan) interprète Sarah Bernhardt dans... (Photo fournie par le TNM, Yves Renaud)

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Anne-Marie Cadieux (à l'avant-plan) interprète Sarah Bernhardt dans La divine illusion de Michel-Marc Bouchard, présentée par le Théâtre du Nouveau Monde.

Photo fournie par le TNM, Yves Renaud

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(Québec) On la surnommait « la Divine ». Flamboyante, avant-gardiste, l'actrice française Sarah Bernhardt a bousculé les gens de Québec (et le clergé!) lors de son passage en 1905. Et elle a un impact tout aussi grand dans la vie de deux séminaristes dans la pièce La divine illusion.

Pour interpréter la plus grande que nature Sarah Bernhardt, le tandem formé du metteur en scène Serge Denoncourt et de l'auteur Michel-Marc Bouchard n'a pas eu à chercher bien longtemps. Anne-Marie Cadieux avait toute la prestance qu'il fallait.

« C'est un cadeau pour une actrice, reconnaît Anne-Marie Cadieux. Je me rappelle, quand j'ai commencé dans le métier, à 15 ans, je regardais des photos d'elle, elle dormait dans son cercueil. Elle était très extravagante, très fantasque. C'était l'actrice avec un grand A qu'on voulait toutes devenir. »

Sarah Bernhardt n'avait pas peur de chambarder les convenances.

Le clergé avait bien tenté de décourager les gens d'aller la voir lors de sa tournée qui l'a amenée à Québec. Mais la curiosité du public était plus forte. Sa série de spec-tacles avait tout de même dû être écourtée en raison de petits groupes

de manifestants qui lui avaient

lancé des oeufs pourris, selon ce que raconte l'historien Jean-Marie Lebel dans Québec 1608-2008 - Les chroniques de la capitale. « [Sarah Bernhardt] est très flamboyante, elle est affranchie, elle est hors des conventions, décrit Anne-Marie Cadieux. Elle est libre. Elle est autoritaire et diva. Mais en même temps, c'est une vraie artiste. Elle est militante, engagée, elle n'a pas la langue dans sa poche. Elle est très moderne. »

Le passage de Sarah Bernhardt tient le rôle de déclencheur de la pièce qui met plutôt en vedette

les deux jeunes séminaristes. Le premier, Michaud (joué par Simon Beaulé-Bulman), voue une admiration sans bornes à Bernhardt. L'autre, Talbot (Mikhaïl Ahooja), rentré chez les prêtres pour faire plaisir à sa mère, est trop désabusé de la vie en général pour s'exciter devant une star. Les deux hommes iront porter à Bernhardt une lettre pour lui interdire de jouer. Leurs vies seront transformées par cette rencontre.

Pièce ambitieuse

Trois univers se côtoient dans la pièce, explique Anne-Marie Cadieux, qui la qualifie de « très ambitieuse » : l'abus sexuel au sein du clergé, l'exploitation des enfants (le jeune frère de Talbot travaille dans une usine) et l'art à travers les yeux de Bernhardt. On y met également de l'avant l'immense contraste entre le Québec refermé sur lui-même et la France libérée de l'époque.

La divine illusion a remporté un grand succès lors de sa présentation au Théâtre du Nouveau Monde de Montréal l'automne dernier. Elle a d'abord été créée en anglais l'été dernier pour le Festival Shaw de Niagara-on-the-Lake.

Anne-Marie Cadieux a rencontré l'auteur Michel-Marc Bouchard alors qu'elle avait 16 ans et étudiait à l'Université d'Ottawa. Il avait écrit le premier spectacle dans lequel elle a joué : une pièce de théâtre d'été intitulée La veuve et le varech, qui a tenu l'affiche du Théâtre de la Saumonière de Matane en 1980.

Vous voulez y aller

La divine illusion

Mardi 2 février, 20 h

Salle Maurice-O'Bready

Entrée : 46 $ (étudiants : 36 $

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