Anya et Agrippina... encore

Deux ans après avoir présenté le premier volet... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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Deux ans après avoir présenté le premier volet de sa trilogie Agrippina, inspirée de la vie de sa grand-mère, la danseuse, comédienne et chorégraphe Anya Borissova en fera découvrir la suite les 5 et 6 février, au Théâtre Léonard-Saint-Laurent.

Spectre Média, Jessica Garneau

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(Sherbrooke) Dès son arrivée sur scène, elle interpelle le public. « Vous vous demandez si je suis Anya ou Agrippina. Je vais vous répondre. »

Anya Borissova s'approprie dès lors le nom, l'histoire et la vie de sa grand-mère Agrippina, un ange, une femme douce et aimante, protectrice, toujours optimiste malgré les peurs et les soucis d'une vie pas banale, de la Mandchourie jusqu'au coeur de la Russie, de la désinvolture d'une enfance heureuse jusqu'à la terreur de la répression stalinienne.

On le résume ainsi et on s'imagine Encore Agrippina comme un spectacle lourd et opaque. Il n'en est rien. « Ce n'est pas un spectacle d'humour, mais c'est fait avec légèreté et profondeur à la fois. Il y a même une certaine ironie, entre autres dans le volet traitant de la guerre », confie Anya Borissova, fondatrice et directrice artistique des Ballets russes des Cantons-de-l'Est.

Seule sur scène, la danseuse et comédienne reprend là où elle l'avait laissé il y a deux ans le récit en trois volets de la vie d'Agrippina, une enfant heureuse qui vit avec sa famille en Mandchourie où son père travaille à la construction du chemin de fer traversant la province. Lorsque le Japon envahit la Chine en 1931, ils doivent quitter le pays et voyageront pendant six mois dans un train de marchandises qui les mènera en Russie, à Moscou, puis à Ivanovo, une capitale du textile où la famille sera progressivement démembrée par les troupes staliniennes. Agrippina survivra. Et vivra.

« C'est une vie incroyable et heureuse qu'elle a vécue et son histoire m'a beaucoup touchée », explique Anya Borissova, qui était très près de sa grand-mère Agrippina.

« C'est d'ailleurs un spectacle très ancré dans l'histoire et dans ma famille. Je m'expose beaucoup et me sens plutôt vulnérable. Mais c'est une histoire que je voulais raconter et partager. C'est un hommage que je voulais lui rendre, à elle mais aussi à toutes ces femmes qui sont cachées derrière, qui nous soutiennent et nous permettent d'être ce que nous sommes. »

Dans le prolongement d'Agrippina, le premier volet de la trilogie présenté en 2013, l'ancienne élève du Ballet du Bolchoï propose donc un alliage de théâtre, de projections et de danse où l'anglais et le français alternent et où quelques envolées russes viennent colorer le monologue.

« La trilogie s'est imposée d'elle-même en préparant ce second spectacle », précise Anya Borissova, qui a obtenu une bourse du CALQ pour cette création. « Comme je travaille seule et très lentement, je prévois deux autres années afin de fermer la boucle. »

Magnifiques chutes du Niagara

Peut-être Anya Borissova, installée en Estrie depuis 13 ans maintenant, puisera-t-elle sa première production post-Agrippina dans ses propres valises, elle qui s'est retrouvée dans les bureaux de l'immigration canadienne pour avoir voulu voir de près les chutes du Niagara. En tournée aux États-Unis en 1990 avec une troupe russe,

Borissova et une compatriote ont demandé à leur guide de voir les fameuses chutes. Ce dernier leur a proposé de traverser la frontière pour voir « le côté le plus spectaculaire ».

« L'entrée au Canada s'est déroulée sans problèmes, comme nous l'avait assuré le guide », raconte Borissova. Mais il en fut autrement au moment de retourner aux États-Unis, où les douaniers ont peu apprécié leur accent.

« On nous a suspectées d'être des espionnes russes et on nous a refoulées au Canada, se rappelle-t-elle avec humour. Nous nous sommes ainsi retrouvées dans les bureaux d'Immigration Canada, où on s'est assuré de nous faciliter les choses et de nous aider à obtenir notre permis de séjour et notre nationalité si nous le désirions. Nous avons eu droit à un statut de réfugié humanitaire, deux mois avant qu'on ne cesse de faciliter ainsi la venue au Canada de danseuses et de hockeyeurs russes... »

Vous voulez y aller?

Encore Agrippina

5 et 6 février, 20 h

Théâtre Léonard-Saint-Laurent

Entrée : 27 $ (étudiants : 15 $)

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