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L'humour comme un problème mathématique

Même si sa carrière d'humoriste est relativement jeune,... (Spectre Média, Frédéric Côté)

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Même si sa carrière d'humoriste est relativement jeune, Simon Leblanc, Olivier de la découverte de l'année en 2014, collectionne déjà les supplémentaires pour la tournée de son premier spectacle solo, baptisé Tout court.

Spectre Média, Frédéric Côté

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Karine Tremblay
La Tribune

(SHERBROOKE) Simon Leblanc a commencé par étudier en relations humaines à l'UQAM. Au bout de deux ans, il savait qu'il n'était pas à sa place. Il travaillait au Rona quand un ami humoriste l'a traîné dans les bars où il rodait ses numéros. Révélation. Le Gaspésien d'origine a eu la piqûre. La vraie. Celle qui donne envie de plonger dans le métier tête première. Sans avoir jamais posé les fesses sur les bancs de l'École nationale de l'humour, il s'est mis à plancher sur un éventuel spectacle, encouragé par sa blonde qui étudiait alors en gestion du tourisme et qui, depuis, est devenue sa gérante.

«Les gens croient que faire rire professionnellement est quelque chose de très naturel. Rien n'est plus faux. L'humour, c'est une démarche cartésienne dont le résultat est organique. Et moi, je suis très cartésien, j'ai la bosse des maths. L'humour, je vois ça comme un immense problème mathématique insoluble», résume le passionné de sciences, qui suit, à temps perdu, les cours de physique quantique en ligne de l'Université Stanford (!).

«Ils sont donnés par une sommité dans le domaine. C'est incroyable d'y avoir accès. Au début, on était deux millions à visionner. À mesure que ça se complexifie, on est moins nombreux.»

Lui, il ne décroche pas. Il a même déjà essayé de causer physique quantique de façon humoristique. Ça a fait patate.

«J'avais préparé 25 minutes sur le sujet. Ça n'a pas dépassé l'étape du rodage: les gens n'en pouvaient plus!» raconte-t-il en riant.

Esprits gaspésiens vifs

Pas grave. D'autres numéros l'ont fait briller et lui ont permis de récolter les honneurs. En 2014, il repartait avec l'Olivier de la découverte de l'année.

«C'est quelque chose que je n'avais vraiment pas prévu», note celui qui a appris l'art du punch et le sens du timing alors qu'il était encore enfant.

«Il n'y a rien à faire en Gaspésie, l'hiver. Écouter la télé et faire du ski-doo, à un moment donné, c'est assez. Pour meubler le temps, il reste à se raconter des affaires en famille. Et dans la mienne, les esprits sont vifs, les gens ont l'art de la narration. Quand tu es jeune, tu écoutes, tu observes, tu es comme une éponge. Tu apprends comment conter toi aussi.» Plus tard, il a goûté à l'improvisation. «Ce qui me fascinait, c'était cette possibilité de faire voyager le public avec absolument rien!»

ll a tablé sur cette formule dépouillée pour bâtir son premier spectacle solo. Pas de décor, pas de jeux d'éclairage, pas de flafla dans ce qu'il propose.

«C'est absolument épuré. Un micro, moi, mes histoires. Le spectacle dure une heure trente, sans entracte, et tous les numéros s'imbriquent les uns dans les autres en formant une histoire suivie. C'est immersif! Je parle d'un paquet d'affaires. C'est parfois cru, je ne fais pas dans la dentelle. J'exploite beaucoup le filon du gars de région qui s'en vient s'installer en ville. Sinon, je suis capable de parler de ségrégation religieuse autant que de la caisse où il n'y a plus de caissière. Tout est prétexte à rire. Et c'est ça que j'aime.»

Motards et notaires

La zone où il se défend d'aller jouer, c'est dans le terrain miné des fragilités des autres. «Je ne pointe personne de façon précise. Si je parle de quelqu'un, je lui demande la permission avant. Je veux faire rire, mais je ne veux pas blesser.»

Avant toute chose, l'humoriste de 28 ans aime les gens. «La nature humaine est fascinante. J'aime observer le monde, même quand c'est inconfortable. J'ai déjà fait des shows devant des motards, des gros bras à tatouages. C'était un public fantastique. La salle pleine de notaires, c'était plus difficile.»

Ah oui?

«Ben, c'est logique, quand on y pense. Les motards sont des gens stressés. Ils savent qu'ils peuvent se faire tirer dessus. Une blague, ils prennent ça pour ce que c'est: une blague. Ils ne se sentent pas menacés par l'humour. Pour les notaires, tout tourne autour de la législation et du respect des lois. Et en humour, on ne fait que ça, briser des lois. Ça rend les notaires mal à l'aise. Moi, ça ne me démonte pas, je trouve ça amusant à regarder.»

Vu comme ça, on comprend. On saisit aussi qu'il n'y a rien à son épreuve. Mais le semeur de rires profite d'une belle vague en ce moment et collectionne les supplémentaires. À Magog, ses spectacles de vendredi et samedi

affichent déjà complets. Mais il reviendra, et deux soirs plutôt qu'un. Sans compter qu'on devrait avoir droit à un deuxième tour de piste d'ici peu.

«J'ai déjà commencé à travailler là-dessus. J'ai l'impression que je n'arrêterai pas beaucoup entre les deux spectacles. Et c'est parfait comme ça.»

Vous voulez y aller?

Tout court

Simon Leblanc

Les 29 janvier, 19 février et 2 avril, 20h30

Vieux Clocher de Magog

Entrée : 27,50$ (25$ le 29 janvier)

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