Le diable donne le beat

Galaxie, le groupe qui a remporté le Félix... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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Galaxie, le groupe qui a remporté le Félix du meilleur groupe de l'année en novembre dernier, faisait halte au Théâtre Granada de Sherbrooke samedi soir. Le chanteur et guitariste Olivier Langevin a notamment donné une prestation d'une grande énergie, totalement dévoué à son instrument et à son public.

Spectre Média, Jessica Garneau

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Sherbrooke) Critique / Puissance, énergie, rock et guitare ont eu le dessus sur le psychédélisme, l'électro et le ciselage des sons samedi soir au Granada, lors du spectacle du groupe de l'année 2015 au Québec, Galaxie. La soirée n'en a pas été moins réussie, mais il y avait quand même un bon fossé entre la plus récente galette Zulu et ce que les quelque 450 spectateurs ont pu entendre sur scène.

isons que l'électro en a un peu pris pour son rhume, malgré la présence sur scène du renommé claviériste François Lafontaine (ancien Karkwa, mais surtout musicien, arrangeur et réalisateur convoité). On est plutôt revenu plus près de ce que faisait Galaxie sur ses deux premiers albums, à l'époque où la formation s'appelait Galaxie 500.

Ou alors, est-ce simplement que la sonorisation n'a pas permis d'entendre toutes les couleurs produites par l'imposant sextuor de musiciens sur scène? En passant, ce serait bien de nous les présenter et de leur donner un peu plus de terrain (Fred Fortin, Pierre Fortin, Karine Pion et Jonathan Bigras complétaient le groupe, respectivement à la basse, à la batterie, aux choeurs et aux percussions).

Remarquez, elles sont quand même rares, les formations rock possédant un chanteur qui est guitariste principal en même temps. Surtout un guitariste du calibre d'Olivier Langevin, habile, certes, mais surtout d'une contagieuse dévotion, alimenté par la saturation sonore, redonnant l'électricité au centuple. C'était donc un peu normal de lui laisser beaucoup de terrain.

On a quand même eu droit à plusieurs « duos-duels » entre « Oli » et « Frank » et goûté à certains de ces moments un peu plus électroniques et psychédéliques qui font la saveur des deux plus récents Galaxie (Tigre et diesel, paru en 2011, et Zulu, sorti en février 2015 et auréolé du Félix du meilleur album alternatif).

Au Tapis du début à la fin

Donc, ce qui n'a pas été donné en finition sonore a été livré à la puissance mille en énergie. Les gens voulaient du rock? Ils en ont eu bien plus qu'ils en demandaient. Pas de crescendo, ni de mise en bouche graduelle : Galaxie est entré dans le tapis et n'a relâché la pédale qu'en sortant de scène.

Si l'auditoire est monté à bord dès la première chanson Zulu (malgré le choc électrique qui a privé Olivier Langevin de son micro pendant environ une minute au début), c'est la succession des pièces 4, 5 et 6 (l'incontournable et dansante Dragon, suivie de Baron et Portugal) qui a tapé le dernier clou emprisonnant pour de bon l'assistance.

Galaxie ne s'est d'ailleurs pas privé pour prolonger le plaisir de ses chansons, lesquelles sont habituellement assez courtes. Langevin et Lafontaine ont offert de nombreuses improvisations et de déments solos. Le chanteur se permet d'ailleurs de « narguer » un peu son public, par exemple avec les cinq faux départs à la guitare qui ont précédé Robot Lynx, chaque fois de plus en plus vite, comme pour tester la vélocité des ouailles.

C'était peut-être le seul véritable élément de mise en scène, le groupe ayant décidé de miser surtout sur la musique et les éclairages, très variés, réussis dans leur façon de simplement se coller à l'énergie des chansons, sans suggérer davantage. Olivier Langevin est à l'aise, proche du public, mais n'est pas vraiment bavard, sinon pour commander six cognacs ou s'informer du pointage du match des Canadiens.

L'interprétation de Piste 1, le grand succès de l'album précédent et une fin, après un seul rappel, sur l'instrumentale Eeehhh!!!, allongée du triple, et une foule qui s'est quand même vite dispersée après, comme vidée après tant d'énergie. Au final du répertoire joué, seule Champ de mine manquait vraiment à l'appel de la soirée.

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