Alain Zouvi : un Feydeau sans répit

Alain Zouvi l'a annoncé déjà : son rôle dans la pièce Le prince des jouisseurs... (Franöis Laplante Delagrave)

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Franöis Laplante Delagrave

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Karine Tremblay
La Tribune

(Sherbrooke) Alain Zouvi l'a annoncé déjà : son rôle dans la pièce Le prince des jouisseurs est le dernier qu'il défendra sur scène. Les critiques plus qu'élogieuses qui saluent sa solide performance n'ont pas infléchi sa décision. Lorsque la pièce terminera sa ronde de représentations, il fermera lui aussi le rideau sur le jeu théâtral : « J'ai envie de faire de la télé ou du cinéma. La mise en scène m'appelle aussi, de plus en plus d'ailleurs. Mais un rôle au théâtre, il n'y en aura pas d'autres. Je finis sur une belle note, j'aurais de la difficulté à trouver quelque chose qui me fait plus plaisir que ce que je joue actuellement. »

Il faut dire que Feydeau, c'est presque un rôle sur mesure pour le comédien, qui a grandi bercé par les mots de celui-ci et de Molière.

« Mon père (Jacques Zouvi) m'a fait découvrir ces grands du théâtre alors que j'étais encore enfant. Et c'est l'une des raisons pour lesquelles je fais ce métier-là aujourd'hui. C'est un grand bonheur à jouer parce que la pièce est montée et écrite comme un Feydeau auquel on aurait ajouté une touche très contemporaine. Gabriel Sabourin a su respecter le style, le rythme, les mots de Feydeau, qui avait sa façon à lui de camper des personnages qui traversent une zone de turbulence personnelle. Quand on les joue comme si c'était quelque chose d'épouvantablement dramatique, ça devient mille fois plus drôle. »

Le prince de la pièce, c'est bien sûr George Feydeau lui-même. Un dramaturge plus grand que nature qui tirait magnifiquement les ficelles de la comédie humaine, mais qui a connu une fin tragique, lui qui est mort de syphilis dans un asile.

« Ce rôle, c'est un grand défi, un exploit physique. Pendant une heure quarante-cinq, je suis sur scène sans arrêt. Il n'y a pas de pause, pas de sortie en coulisse. Dans pareil cas, il faut tout calculer : ce qu'on mange et ce qu'on boit avant la pièce autant que le niveau d'énergie qu'on a. Ça commande une grande discipline. »

À travers l'humour rythmé et très physique s'intercalent des moments d'émotions plus douces.

« On a alors accès à ce qui se passe dans la tête de mon personnage. Tranquillement, par d'habiles retournements, on amène le spectateur dans les tourments qui habitaient l'homme de théâtre. »

Un jour, le cinéma?

Pendant les prochains mois, Alain Zouvi enchaînera donc les marathons sur planches. Les téléspectateurs le verront aussi encore dans Au secours de Béatrice, un téléroman dont il se fait beaucoup parler.

« Je n'avais encore jamais joué un personnage comme celui de Bernard, un doux plutôt porté sur la réflexion », dit celui qui garde toutes portes ouvertes pour les projets télévisés et qui ne dirait pas non à une incursion dans l'univers du septième art.

« Je l'ai dit sur Facebook, sur Twitter, en entrevue, à mon agent. Je l'ai dit partout : j'aimerais faire du cinéma. Après ça, je ne peux pas faire plus. Mais un plateau de cinéma, j'aimerais bien ça. »

À bon entendeur...

Doubleur étoile

La liste des productions auxquelles il a pris part à titre de doubleur est longue et formidablement éclectique. Il est la voix de Brad Pitt, Adam Sandler, Ben Stiller. Il est aussi celle des personnages animés Woody (Histoire de jouet) et Mike Wasowski (Monstres Inc.). Entre autres. Autrement dit, Alain Zouvi est un incontournable des studios de doublage. Et il adore ça : « Ça demande beaucoup de technique, mais c'est aussi un travail de création qui fait appel à des qualités d'interprétation. Il faut essayer de faire croire que le film défile dans sa langue originale », commente celui qui, depuis un peu plus d'un an, constate que le doublage fait au Québec perd du terrain au profit de celui effectué en France.

« On n'a pas de loi pour encadrer le tout. Il faut faire valoir que le français québécois et celui de la France, ce n'est pas la même chose. Si personne ne défend ça, les producteurs ne voient pas l'intérêt de faire doubler au Québec pour le public d'ici. »

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