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Le prince des jouisseurs : Humour princier, jours tragiques

Gabriel Sabourin, comédien et auteur de la pièce... (La Presse, Bernard Brault)

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Gabriel Sabourin, comédien et auteur de la pièce Le prince des jouisseurs.

La Presse, Bernard Brault

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Karine Tremblay
La Tribune

(Sherbrooke) Avant d'être montée par le Théâtre du Rideau Vert en 2014 et de connaître le succès que l'on sait, la pièce Le prince des jouisseurs a d'abord été entendue ici, en 2012. Grand admirateur de Feydeau, Normand Chouinard avait eu le texte de Gabriel Sabourin en main. Il avait proposé d'en faire une mise en lecture avec le Théâtre du Double Signe. C'était la première fois que la pièce sortait de la confidence et trouvait un écho public. La première a été plus qu'heureuse.

« Les spectateurs étaient emballés, on a vu que ça marchait. C'est ce qui nous a donné un petit boost pour la suite », explique Gabriel Sabourin.

Avant de s'attaquer à l'écriture de la pièce, l'auteur et comédien ne connaissait pas tant celui à qui on doit entre autres les pièces Le dindon et On purge bébé.

« L'étincelle, je l'ai eue en jasant avec un metteur en scène de ces grands comiques qui connaissent une fin de vie tragique. Je me suis dit que ce serait une bonne idée d'écrire sur un artiste pris dans son univers humoristique alors qu'il traverse quelque chose de terrible. En lisant sur Feydeau, j'ai réalisé que c'était en soi un personnage de théâtre, un jouisseur qui a sacrifié sa santé et une partie de sa vie au plaisir. À la fin de son existence, il habitait un hôtel et achetait compulsivement des tableaux impressionnistes. Il vivait de nuit, se levait en fin d'après-midi pour aller faire la fête et il écrivait au retour, en improvisant, ce qui est assez exceptionnel au vu de ses pièces, réglées comme de l'horlogerie. Il savait pointer l'absurde d'une situation, il racontait de superbe façon, mais il rêvait d'écrire du théâtre dramatique. Pourtant, à sa façon, il a réussi ce qu'il admirait tant de Molière : il a campé une vision cohérente de l'être humain. Dans son oeuvre, il met la loupe sur notre bêtise. Dans son miroir, nos comportements ne sont pas toujours avantageux. »

Le regard particulier que porte le roi du théâtre de boulevard sur la condition humaine est à la fois cynique et impitoyable. Mais il est aussi empreint d'humour. Pour se coller à cet univers, Sabourin devait trouver le ton juste.

« J'ai joué dans au moins une trentaine de pièces classiques. Du Musset, du Molière, du Marivaux et bien d'autres. Pendant que j'écrivais, j'étais plongé dans certains textes français. À force d'en entendre, d'en lire, je me suis mis cette langue-là en tête, j'ai apprivoisé sa musique, son rythme particulier. Là où c'était plus compliqué, c'était de s'approcher de l'humour de Feydeau. Je me suis beaucoup inspiré de sa vie. J'ai campé les personnages de son entourage. Sa femme, par exemple, était obsédée par la salle de bains. J'ai imaginé qu'elle avait transmis ça à son fils. Parce que je m'adressais à un public d'aujourd'hui, je suis allé vers la comédie dramatique. C'est une fusion des genres qui n'existait pas du temps de Feydeau, mais qui est omniprésente maintenant et qui cadrait bien avec le propos. »

Dans la pièce qu'il a imaginée, Gabriel Sabourin s'est réservé le rôle de Sicard, copiste qui envie le talent comique de son contemporain. Il remet ces jours-ci son costume d'époque avec enthousiasme : « C'est un bonheur de reprendre la tournée un an plus tard. L'auteur en moi voit que le texte s'est déposé en chacun des comédiens », dit celui qui dit trouver un plaisir égal dans l'écriture et le jeu dramatique.

« Cela dit, les deux sont difficiles. Le défi, c'est d'arriver à faire croire qu'ils ne le sont pas! Quand je suis plongé dans l'écriture pendant longtemps, je m'ennuie du jeu. Et inversement. Mais la création et le théâtre sont une source de grande satisfaction. »

Vous voulez y aller?

Le prince des jouisseurs

Théâtre du Rideau Vert

Mise en scène de Normand Chouinard

Avec Frédéric Desager, Hélène Mercier,

Jonathan Michaud, Geneviève Rioux,

Gabriel Sabourin et Alain Zouvi

Mercredi 27 janvier, 20 h

Maurice-O'Bready

Entrée : 46 $

Étudiant : 36 $ (moins de 25 ans)

Au cinéma avec Denise Filiatrault

Gabriel Sabourin écrit beaucoup pour le théâtre, mais aussi pour le cinéma (Miraculum, Amsterdam). Il est à mettre la dernière main au scénario du film C'est le coeur qui meurt en dernier, adapté du roman du même titre et signé par Robert Lalonde. Denise Filiatrault jouera le rôle de la mère tandis que sa fille, Sophie Lorain, incarnera le même personnage lors des retours en arrière.

« J'y participerai aussi. Je suis heureux de retrouver Denise. C'est elle qui m'a embauché la première après ma formation pour jouer dans la pièce Le Chandelier, de Musset. »  

Le film sera réalisé par Alexis Durand-Brault, mais la date de sortie est encore inconnue.

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