Y a pas d'apostrophe

CHRONIQUE / Il circule en ce moment, sur les réseaux sociaux, une phrase... (Archives, La Tribune)

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(SHERBROOKE) CHRONIQUE / Il circule en ce moment, sur les réseaux sociaux, une phrase légendaire pour nous rappeler l'importance capitale des virgules. Vous la connaissez peut-être déjà: «Venez manger les enfants!» Et tout le monde de se marrer... Parce qu'il faut évidemment mettre une virgule pour signifier que le mot «enfants» n'est vraiment pas le complément d'objet direct de «manger».

J'ai déjà parlé de la ponctuation à quelques reprises, mais quand même pas très souvent. Malheureusement, l'art de ponctuer se perd un peu, du moins dans quelques situations plus courantes où, je m'en rends compte, certains principes ne sont pas maîtrisés.

J'ai donc eu l'idée d'amorcer l'année par une série de chroniques sur ces petits signes qui peuvent parfois faire toute une différence. En commençant pas l'apostrophe. Ce n'est pas le plus galvaudé, mais, justement, cela me permet de commencer en douceur.

La Banque de dépannage linguistique nous informe que «l'apostrophe n'est apparue dans la langue française qu'au XVIe siècle, voire au XVIIe siècle pour ce qui est de l'écriture manuscrite. Auparavant, on agglutinait les éléments aujourd'hui séparés par l'apostrophe; on écrivait, par exemple, lhéritier au lieu de l'héritier et daccent plutôt que d'accent».

L'apostrophe a donc été créée pour signaler l'élision, c'est-à-dire la disparition d'une voyelle finale. Seuls le a, le e et le i peuvent être élidés.

La principale difficulté vient de certaines élisions interdites. Je ne vous en dresserai pas la liste, elle est trop longue. Je ne citerai que les plus embêtantes, soit les conjonctions lorsque, puisque et quoique, qui s'élident toujours devant les pronoms il, elle et on ainsi que devant en, un et une. Certains ouvrages acceptent également avec, aucun, aussi et enfin. Mais on n'écrira jamais: «Lorsqu'Yvan rentra, quoiqu'extrêmement nerveux, il se coucha tout de suite, puisqu'Irène dormait déjà.»

L'apostrophe sert également à signaler que certaines lettres ont été escamotées dans la langue parlée (p'tit, j'veux, t'as vu, etc.).

Logiquement, donc, il ne faut jamais mettre d'apostrophe entre le y et le a quand on écrit: «Y a beaucoup de choses à dire!» Y a est la transcription, à l'oral, d'il y a. Comme aucune lettre n'a disparu, l'apostrophe est inutile.

Perles de la semaine

Le 19 décembre dernier, les journalistes de La Tribune ont tenu leur traditionnel gala de la Coquille d'or, pour élire l'auteur de la plus belle perle en 2015. Nous nous abstiendrons de nommer le vainqueur, mais voici tout de même quelques-unes des «nominations» pour ce prestigieux prix. Notez que certaines de ces perles ont été corrigées avant publication, et d'autres... malheureusement pas.

Marilyne Gagné est bien partie pour placer ses pilons sur l'échiquier mondial.

Daniel Audette n'entend pas brouiller du noir à son retour dans la LHJMQ.

Un individu a été volé et enfermé dans la voiture de son véhicule.

Il y a des connes orange partout (cônes).

Grèce générale en Grèce

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Steve.bergeron@latribune.qc.ca.

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