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Le chorégraphe québécois Daniel Léveillé ne pourrait être plus heureux : non... (Spectre Média, Frédéric Côté)

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Spectre Média, Frédéric Côté

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Sherbrooke) Le chorégraphe québécois Daniel Léveillé ne pourrait être plus heureux : non seulement ses créations rayonnent à l'international, mais un de ses spectacles, Solitudes solo, fera une tournée québécoise pour la toute première fois depuis le début de sa carrière... en 1982! Ce qui peut s'expliquer par le fait que ses danseurs, après une douzaine d'années de création avec la nudité, sont maintenant habillés. Quant à la suite de Solitudes solo, Solitudes duo, elle a été acclamée lors du dernier Festival TransAmériques, au printemps 2015 à Montréal. Au tour du public du Centennial de la découvrir, mardi à 20 h (la repré-sentation sera précédée d'une causerie à 19 h 15), juste avant que le spectacle s'envole pour Paris.

Trouvez-vous étonnant que la nudité sur scène dérange encore au Québec en 2016?

Oui, d'autant plus que j'ai, dans ma famille et dans mon entourage, des gens ordinaires, qui ne sont aucunement des experts de l'art ni de la danse, qui regardent les matchs du Canadien comme tout le monde, et que ça ne dérange pas du tout. J'ai toujours considéré la nudité comme un costume de scène comme un autre. Oui, ça m'a parfois privé d'une certaine visibilité. Au Japon, par exemple, la loi interdit la nudité en public, même dans les spectacles. On m'a donc demandé si mes danseurs pouvaient revêtir quelque chose. Mais je n'ai jamais cédé là-dessus... et ces spectacles-là ne sont jamais allés au Japon.

Qu'est-ce qui vous a poussé à « rhabiller » vos danseurs?

Après douze ans, je voulais mettre fin au cycle. C'est très tentant, lorsqu'on est aimé pour quelque chose, de se répéter. Je me suis donc demandé comment sortir de là. La réponse a été de retourner à la base : le solo. Je savais que ce serait difficile. C'est une forme tellement épurée. On ne peut pas remplir l'espace. Ça oblige à revisiter les fondements. Solitudes solo est donc une série de huit solos. Ce fut un bon choix, car cela m'a forcé à aller ailleurs, à créer une pièce très différente, qui a finalement remporté le prix du CALQ de la meilleure chorégraphie.

Pour vous, la solitude peut être une chose très positive...

Je suis quelqu'un qui a énormément besoin de solitude. Au moins 21 heures par jour. J'y suis immensément bien. Je suis incapable de travailler plus de trois heures par jour avec quelqu'un. Aujourd'hui, on me diagnostiquerait probablement autiste ou borderline. Lorsque j'ai créé le spectacle, le mot solo était partout dans les médias. Une série d'articles du Devoir rapportait que plus de 50 pour cent des Montréalais vivaient seuls. Comme si, avec toutes les possibilités de connexion aux autres aujourd'hui, on avait besoin d'un espace pour se reposer des rapports humains.

Et maintenant, vous arrivez avec Solitudes duo, un bel oxymore...

C'était la suite logique. Une série de six duos, par sept interprètes. Les danseurs bougent de façon assez semblable au spectacle précédent, mais le fait d'être deux change la dynamique dès le départ. Dans un solo, le premier contact du danseur se fait avec le public. Dans un duo, c'est avec son partenaire. Le duo demeure aussi la forme de danse la plus facile d'accès pour le public non initié.

Lorsque vous créez, avez-vous déjà un thème en tête ou vous partez de la danse?

J'ai appris la danse avec Françoise Sullivan. Elle est mon maître à penser. Ma façon de créer est donc très proche des automatistes. C'est en créant la danse que je découvre de quoi elle parle. Lorsque je trouve le titre du spectacle, je sais que ma création est terminée.

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