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Reconnaître les artistes d'ici dès leurs débuts

Le chanteur d'origine sherbrookoise Jim Corcoran, ici en... (Spectre Média, Frédéric Côté)

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Le chanteur d'origine sherbrookoise Jim Corcoran, ici en compagnie de la présidente du Conseil de la culture de l'Estrie Sylvie L. Bergeron, a été invité à lancer les discussions hier lors de la journée des États généraux des arts et de la culture en Estrie. Devant un parterre d'un peu plus de 200 intervenants, l'artiste a rappelé l'importance du premier public dans l'épanouissement d'un artiste et la nécessité de la passion en matière de culture.

Spectre Média, Frédéric Côté

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(SHERBROOKE) Il n'y a pas si longtemps de ça, lorsqu'une « grosse vedette » débarquait à Sherbrooke pour donner un spectacle devant une salle comble, le diffuseur demandait à un artiste local d'assumer la première partie. Le chanteur sherbrookois Jim Corcoran est de ceux qui ont connu cette « belle époque ». Les choses ont bien changé depuis, mais l'artiste croit que de telles expériences peuvent se répéter aujourd'hui, d'une autre façon, afin qu'une nouvelle génération de créateurs puisse faire ses preuves et que leur première école soit Sherbrooke ou l'Estrie.

« C'est ici que j'ai appris mes premières chansons, que j'ai connu mon premier auditoire, que j'ai vécu mes premières trouilles. Et la reconnaissance du public où l'on vit, celle du début de carrière, est primordiale. C'est ce qui a créé en moi l'envie de continuer », de répondre le chanteur, lorsque interrogé sur la nécessité ou non de passer par Montréal ou par la télévision pour obtenir la reconnaissance du public.

Jim Corcoran a été invité hier à ouvrir la journée des États généraux des arts et de la culture en Estrie, au Cégep de Sherbrooke. Le chanteur a notamment mis en garde les jeunes artistes de ne pas courir les subventions pour se lancer. « Il ne faut pas attendre après ça pour investir, s'investir et devenir bon. Après, quand vous serez quelqu'un, tout le monde voudra vous subventionner. »

Jim Corcoran n'a pas toujours mâché ses mots pendant sa prise de parole. Celui qui anime l'émission À propos à l'antenne de CBC depuis maintenant 28 ans, avec un contenu à 100 pour cent francophone et des cotes d'écoute en hausse, a d'abord écorché ceux qui voudraient faire augmenter les quotas de chansons en anglais à la radio.

Il a ensuite exhorté les élus qui n'avaient pas la passion de la culture de céder leur place. « Pour moi, un politicien qui envisage de couper dans la culture et l'éducation perd toute respectabilité. »

« Ou alors ils pourraient s'entourer de gens qui vont les contaminer de leur passion », s'est empressé d'ajouter l'animatrice Ariane Émond, provoquant un léger rire dans la salle. « Nous voulons avoir encore des amis chez les élus... » a-t-elle justifié.

Le chanteur a insisté sur l'importance de célébrer la culture et les créations d'ici. « C'est comme un party d'huîtres. J'aime pas ça, les huîtres. Mais quand j'ai été invité à un party d'huîtres, chez des amis qui adorent ça, j'ai encore eu envie d'y goûter, même si je n'ai pas aimé davantage. Parce que la célébration, c'est contagieux. »

Quant aux gens d'affaires, Jim Corcoran a proposé de les solliciter « non pas pour leur argent, mais pour leur rigueur, leur discipline et leur expertise, parce qu'aucun diplômé des HEC va se garrocher dans le show-business ».

« Mais tant mieux s'ils veulent aussi injecter de l'argent! »

Élire les bons élus

L'intervention de Jim Corcoran a été suivie d'un panel de cinq invités, chacun provenant d'un milieu différent, sur les enjeux stratégiques et les pistes de solution pour y remédier.

Ancien président de la Conférence régionale des élus et ancien préfet de la MRC du Granit, Maurice Bernier a plutôt suggéré, au lieu de demander à des élus de céder leur place, d'élire des personnes déjà sensibilisées à la cause.

« Il faut ensuite se mobiliser. Les élus vont mettre de l'argent dans la culture le jour où les gens vont le demander... parce qu'ils veulent être réélus. »

Il a aussi insisté sur l'importance de donner un minimum de soutien à la culture, de ne pas s'appuyer uniquement sur le bénévolat. Il a également vanté les vertus de l'innovation, donnant comme exemple les succès de Foresta Lumina et des Comptonales.

Représentant la communauté d'affaires, Serge Auray, président-directeur général de Laboratoire M2 et de Groupe Poly M2, a très vite circonscrit les quatre conditions qui lui donnent envie de « signer un chèque » : « Le coup de coeur, la possibilité de développer mon réseau d'affaires, la plus-value pour mon organisation (non seulement quant aux bénéfices financiers, mais aussi pour mon personnel) et l'attractivité du milieu. »

Il donne comme exemple le théâtre social, qu'il a découvert lors d'un voyage au Pérou, et qui lui a notamment donné envie de s'engager auprès du Théâtre des petites lanternes. « J'ai eu un coup de coeur, ma première condition. Mon engagement m'a permis de côtoyer un autre homme d'affaires lors d'une activité-bénéfice. Et un de mes microbiologistes a déjà participé à la Grande cueillette des mots du TPL. »

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