Objectif : culture

Angèle Séguin pres États généraux des arts et... (Spectre Média, Jessica Garneau)

Agrandir

Angèle Séguin pres États généraux des arts et de la culture en Estrie et Sylvie L. Bergeron pres du Conseil de la culture de l'Estrie

Spectre Média, Jessica Garneau

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(SHERBROOKE) Ils devaient se tenir le 28 octobre. Une grève scolaire a bouleversé les plans. Mais le 12 janvier, à moins d'un cataclysme, les États généraux des arts et de la culture de l'Estrie, en préparation depuis 2012 auront assurément lieu au Cégep de Sherbrooke. Angèle Séguin, présidente de l'événement, et Sylvie L. Bergeron, présidente du Conseil de la culture de l'Estrie, rappellent la genèse de cette importante journée, font état de la situation et émettent quelques pistes déjà envisagées pour que la culture, malgré un contexte difficile, rayonne mieux sur notre territoire et que les artistes puissent décemment vivre en Estrie et y diffuser leurs créations.

« En culture, il y a déjà eu des états généraux provinciaux, municipaux, mais jamais régionaux », souligne d'emblée Angèle Séguin.

Et le moment ne saurait être mieux choisi : le gouvernement du Québec revoit sa façon de financer la culture en région, la Ville de Sherbrooke dévoilera sous peu la refonte de sa politique culturelle et l'Université de Sherbrooke vient d'adopter la sienne.

Mais s'ajoutent des constats moins réjouissants : les libéraux ont comprimé les fonds (en abolissant notamment la Conférence régionale des élus et le Forum jeunesse), la conjoncture économique ne favorise pas la consommation culturelle, laquelle a chuté partout, et le temps de loisir des citoyens, déjà en diminution, est de plus en plus fragmenté, surtout depuis l'arrivée de l'internet et des réseaux sociaux.

« En 2012, nous avons interrogé le milieu sur la pertinence d'états généraux et tout le monde a levé la main », souligne Sylvie L. Bergeron.

« Certains vont croire que le milieu culturel va encore demander des sous. Mais l'objectif est de voir comment réinventer ce que nous avons déjà », insiste Angèle Séguin.

Certains élus seront quand même sollicités. Avec l'abolition des CRÉ, les MRC deviendront les nouvelles antennes culturelles régionales, mais le financementpassera désormais par des ententes bilatérales.

« Le Conseil des arts et lettres du Québec ne donnera de l'argent que si la MRC investit une somme équivalente. Si une MRC décide qu'elle ne finance pas la culture (les MRC ont aussi subi des coupures), le CALQ ne donnera rien », résume Angèle Séguin.

« Nous avons donc commencé à sensibiliser les préfets, même si on sent que ce n'est pas la priorité... » ajoute Sylvie L. Bergeron.

Saturation d'artistes

Ces états généraux arrivent aussi au moment d'une certaine saturation. « Le phénomène n'est pas seulement régional. On l'observe aussi à Montréal. Notre société ne semble plus être capable d'absorber tous ces nouveaux artistes », notent les deux intervenantes, qui estiment que la solution pourrait être une meilleure répartition des artistes

sur le territoire (en ce moment, 80 pour cent sont à Sherbrooke). « Nous pensons qu'il y a encore de la place. Malheureusement, par le passé, nous avons beaucoup travaillé en silo », déplore

Angèle Séguin.

Le forum mettra d'ailleurs

l'accent sur les rapports avec le milieu des affaires, mais aussi d'autres secteurs comme le tourisme (l'art attire souvent des visiteurs). On se questionnera aussi sur l'utilisation du numérique et sur le rapport avec le public.

Mais comment faire reconnaître nos artistes en région sans passer par Montréal ou des médias très populaires comme la télévision?

« C'est une des raisons pour lesquelles nous avons invité Jim Corcoran. Jim rappelle constamment en entrevue qu'il doit beaucoup à la région et qu'il s'est bâti ici. Pour lui, vivre à Montréal n'est absolument pas nécessaire »,

rappelle Sylvie L. Bergeron.

Investir les communautés

Quelques rares artistes, tel David Goudreault, réussissent à rayonner tout en demeurant en région. « Mais David est un artiste multidisciplinaire et c'est lui qui a proposé ses éditoriaux slam à Radio-Canada. »

Bref, les créateurs ont aussi la responsabilité de se vendre, d'accroître leurs revenus autonomes et d'investir leur communauté. Directrice artistique du Théâtre

des petites lanternes, Angèle

Séguin a un bon exemple à donner.

« Lors de la présentation de la pièce Comme un grand trou dans le ventre [sur la tragédie du 6 juillet 2013] en septembre à Lac-Mégantic, il y a eu 1000 spectateurs en trois soirs. Les gens y ont retrouvé une partie d'eux-mêmes. Mais nous avions aussi sollicité des gens de la communauté pour la production, par exemple la promotion, les photos... Ça ne veut pas dire que tout le monde doit se lancer dans le théâtre social, mais on ne peut pas parler des arts sans parler de participation citoyenne. »

« Une de nos panellistes, Francine Lalonde-d'Entremont [qui a notamment oeuvré au Conseil des arts du Canada], nous a d'ailleurs sensibilisés à cette fausse idée qu'il y avait de bonnes et de moins bonnes créations. Ça nous a éloignés de toute la culture amateur. Mais l'important, c'est que les gens aient accès à la culture, indépendamment de la porte qu'ils choisissent. C'est d'ailleurs un peu ce que fait le Parvis », complète Sylvie L. Bergeron.

Il reste finalement l'éducation culturelle des jeunes, laquelle a déjà fait l'objet d'un forum le 21 septembre et a réuni quelque 200 personnes. « À la fin, une enseignante m'a confié qu'elle n'aurait jamais cru qu'elle pourrait avoir une telle influence sur l'éveil culturel des élèves. »

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer