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Hervé Philippe tire un trait sur la caricature

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Le caricaturiste Hervé Philippe, qui croquait l'actualité dans les pages de La Tribune depuis 2004, prend sa retraite.

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(SHERBROOKE) « Ç'a été de très belles années, une bonne gymnastique pour le cerveau. Je n'arrêterai pas le dessin, mais j'aurai un horaire plus libre : je vais le faire juste quand ça va me tenter! »

Le caricaturiste Hervé Philippe, publié dans les pages de La Tribune depuis 2004, prend sa retraite : son dernier dessin a été publié dans notre édition du 29 décembre. Celui-ci nous montre ses deux clodos qui se font griller des saucisses au-dessus d'un feu, souhaitant à tous d'avoir « autant de chance » qu'eux en 2016.

« C'est un « au revoir » qui me ressemblait beaucoup. Ça résumait bien ce que j'ai vécu avec mes clodos, et ça veut dire en même temps : contentez-vous de ce que vous avez dans le moment présent, il y a toujours pire que nous autres », explique le dessinateur.

Ses deux personnages chouchous ont retenu l'attention des lecteurs au fil des ans. « Ils ont toujours été de grands philosophes! Les gens m'en parlaient beaucoup, ils étaient aimés. »

«La plupart du temps, on avait de bons sujets, mais de temps en temps il fallait se creuser la tête parce qu'il ne se passait pas grand-chose dans l'actualité.»


Hervé Philippe a créé ces deux personnages moins collés à l'actualité notamment pour lui permettre de dessiner le vendredi sa caricature qui paraîtrait le lundi, pour ne pas avoir à travailler la fin de semaine. Parce que six dessins par semaine, ça draine déjà bien assez d'énergie comme ça.

« La plupart du temps, on avait de bons sujets, mais de temps en temps il fallait se creuser la tête parce qu'il ne se passait pas grand-chose dans l'actualité. Mais normalement ça allait assez bien, je n'avais pas le syndrome de la page blanche... »

Son métier de croqueur d'actualité oblige, Hervé Philippe a passé pas mal de temps à dessiner des politiciens. « J'aimais bien dessiner la plupart d'entre eux », admet-il, nommant par exemple Jean Charest, Raymond Bachand, Pauline Marois, Barack Obama et Nicolas Sarkozy.

Un an après Charlie

La retraite d'Hervé Philippe survient environ un an après la tuerie chez Charlie Hebdo, qui a rivé les yeux du monde sur l'État islamique, la radicalisation, mais aussi sur le travail des caricaturistes à travers le monde.

« Tous les caricaturistes de la planète en ont pris un coup. Ça fait mal au coeur de perdre sa liberté d'expression à cause de tatas comme ça, qui défendent une cause complètement nulle et qui déforment leur religion. C'étaient de bons dessinateurs qui ne méritaient pas ça. Si on ne vaut pas une niaiserie, on ne vaut pas grand-chose... » lance-t-il avec verve lorsque interrogé sur le sujet.

Le lendemain du drame, une caricature d'Hervé paraissait en première page de La Tribune, pleine largeur, pleine hauteur. Une première.

« J'avais peut-être déjà eu des dessins en Une dans le temps des Fêtes, mais pour un sujet plus sérieux, c'était la première fois », se souvient-il.

Art, voyage amour

Ce n'est pas parce qu'il part à la retraite que Hervé Philippe remisera maintenant sa créativité, au contraire!

« Je me remets à la peinture. J'en faisais toujours, mais à un rythme assez lent; je vais m'y remettre davantage. J'ai aussi des projets de soudure et de sculpture par addition que je veux lancer au printemps », évoque celui qui se réjouit d'être maintenant « libre comme un oiseau ».

Il faut dire que sa conjointe vient elle aussi de prendre sa retraite. Le Sherbrookois de 65 ans affirme qu'ils ont décidé de « faire ça ensemble » et de concrétiser des projets de voyage. 

« On veut aller partout! À commencer par notre propre pays, il y a plein d'endroits où on n'a pas été. Peut-être l'Ouest canadien... et après l'Europe, c'est sûr. »

La santé est là : c'est le temps de se lancer sans retenue. « Je ne veux pas être l'homme le plus riche du cimetière », conclut l'artiste.

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