Un 31 décembre juste bien dosé

Dans le Bye bye 2015, Véronique Claveau a... (Fournie, Ici Radio-Canada Télé)

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Dans le Bye bye 2015, Véronique Claveau a fait une excellente Marinâââ Orsini recevant Jean Leloup, confus dans son récit.

Fournie, Ici Radio-Canada Télé

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(Montréal) Chronique / Ce n'était pas évident : provoquer le rire, en ne le faisant pas comme si rien de grave ne s'était passé. Toutes à leur façon, les émissions du 31 décembre d'ICI Radio-Canada Télé ont réussi ce pari, se gardant une touche de sensibilité. Rien de larmoyant, juste bien dosé.

Chaque année plus impressionnant visuellement, le Bye Bye 2015 a véritablement atteint des sommets. Avouez : que d'effets spéciaux spectaculaires dans ces 75 minutes de revue humoristique! On peut parler de petit miracle télévisuel. Encore faut-il que cette émission regardée par des millions de téléspectateurs soit aussi drôle que ce qu'on attend d'elle. Pour ma part, le Bye Bye a bien terminé mon année 2015; plusieurs sketchs réussis et de légères déceptions, qui me font lui accorder une note de 7 sur 10.

Une de mes grandes satisfactions : la présence de Véronique Claveau, qu'on avait trop peu vue l'an dernier. Imitatrice hors pair, elle a fait une excellente Marinâââ Orsini recevant Jean Leloup, confus dans son récit, et une Pénélope McQuade plus vraie que vraie, aux coiffures changeant à un rythme infernal, sous le regard ahuri de Jean-Luc Mongrain. Le point fort du sketch sur l'affaire Joël Legendre, « récit touchant d'un gars qui s'est touché », abordé par le filtre du film d'animation Sens dessus dessous, s'est avéré un procédé un peu laborieux.

Hélène Bourgeois-Leclerc s'est surpassée en Marilou et ses grosses babines dans Trop de fois par jour, un des meilleurs sketchs de la soirée. On a joliment varlopé Dave Morissette, devenu Déve Morsette en direk à TVA Sports, « un genre de RDS qui aurait manqué d'air à naissance ». Dans ce rôle, Pierre Brassard, a donné de bonnes imitations jeudi.

Marcel Aubut y a goûté, devenant Marcel Abus dans un des bons sketchs aigres-doux du Bye Bye, et la meilleure performance de Laurent Paquin. C'est donner beaucoup d'importance à François Bugingo que de lui accorder la chanson de l'année, Uptown Funk. Pas de blackface pour éviter toute controverse; on a confié le rôle à Normand Brathwaite.

Beaucoup de politique au terme d'une année qui l'a été énormément. On n'allait pas manquer Stephen Harper, qui a fini dans le broyeur à déchets. Justin Trudeau affrontant son père dans une parodie de Star Wars (Sta Wouar : Le réveil de la farce) valait le détour. Autrement, on a atteint le quota maximum de blagues sur le flushgate de Denis Coderre.

On attendait beaucoup de Patrice L'Écuyer, qui n'avait pas donné depuis longtemps. Il n'a pas crevé l'écran, mais livré la marchandise, notamment en Caprice Roy qui anime un Téléjournal miné par de nombreux problèmes techniques, et une Lise Thériault au maquillage dégoulinant. L'Écuyer a aussi repris un maire Labeaume plus discret, pourtant au terme de l'année de l'amphithéâtre.

Julie a épousé « PQP » « pour le meilleur et pour l'empire, jusqu'à ce que Québecor vous sépare ». Très drôle. On s'est payé la tête des radios de Québec avec Scrap FM, reprenant le logo de CHOI FM, « la radio qui dit tout haut ce que vous avez pas le temps de réfléchir ». Une sorte de « Hérouxtyville » revisité (sketch mythique de RBO), qui risque fort d'être commenté sur les ondes.

Fabienne Larouche, très rarement imitée, n'allait pas y échapper cette fois avec Louis Morissette la dépeignant comme un tyran sur ses plateaux, et faisant travailler des immigrants asiatiques comme des esclaves dans Tlente vies. Spectaculaire promenade en voiture Uber avec un Claude Dubois passant d'un immeuble à l'autre pour aboutir dans le métro.

Quelques ratés, comme la conférence de presse de François Bellefeuille en nouveau porte-parole des libéraux. Pas de sketch sur Paris, mais une allusion sobre et émouvante dans la chanson de minuit, une adaptation très à propos de Mécaniques générales par Patrice Michaud, et parfaite pour le passage à l'an 2016.

Et les autres

Plus tôt, Infoman 2015 n'a pas déçu. Enveloppé de la devise « Je suis Infoman 2015 », en référence à l'attentat contre Charlie Hebdo, Jean-René Dufort a su habilement se promener entre l'humour et les lendemains douloureux des événements de Paris. Très bon coup d'avoir mis la main sur la cassette du discours de Jacques Parizeau, advenant une victoire du Oui en 1995, précieux cadeau de son épouse Lisette Lapointe. Un moment aussi solennel qu'émouvant, auquel on ne s'attendait absolument pas. Pour le ministre Martin Coiteux, une « petite folie » équivaut à réparer la toiture. Excitant, y'a pas à dire. Excellente chanson originale de Galaxie pour ouvrir l'émission, que l'on peut réécouter sur le site de l'émission à infoman.radio-canada.ca.

L'équipe d'En direct de l'univers - Spéciale du jour de l'An s'est encore une fois surpassée. Quel feu roulant, durant 90 minutes survoltées, tellement qu'on ne savait plus où regarder tant il y avait du monde et du contenu dans ce spectacle d'une redoutable efficacité. Marc Labrèche est un invité en or. Le comédien a commencé la soirée en expliquant la signification de « Don daine la ridaine », et déjà on riait. Boucar Diouf et Ève Landry ne donnaient pas leur place non plus.

Beau moment d'émotion que cette interprétation de la chanson Le coeur est un oiseau par des femmes autochtones. Même la Française ZAZ s'était déplacée. On lui a d'ailleurs confié la conclusion avec Champs Élysées, un clin d'oeil aux Parisiens, une façon idéale de finir cette année maudite dans la joie et l'entrain.

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