Être ici et ailleurs

En 2014, son deuxième effort solo, Être, a remporté un bouquet... (La Tribune archives, Maxime Picard)

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La Tribune archives, Maxime Picard

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Karine Tremblay
La Tribune

(Sherbrooke) En 2014, son deuxième effort solo, Être, a remporté un bouquet d'Olivier pour le meilleur spectacle d'humour, le meilleur auteur et la meilleure mise en scène. André Sauvé a reçu le trio d'honneurs avec une bouffée de fierté. La reconnaissance saluait l'effort accompli autant que la qualité maintenue. « Lorsqu'on présente un premier spectacle, les gens nous découvrent sans avoir d'attentes. Avec le deuxième, on se mesure à ce qu'on a fait avant. On espère atteindre ou dépasser la hauteur de la barre qu'on a soi-même créée », explique l'humoriste d'exception qui mettra un point final à sa tournée le 8 janvier à Québec. Tout juste avant, on a ici une dernière chance de le voir sur planches : il s'arrête au Centre culturel de l'Université de Sherbrooke le 6 janvier. Après, il faudra se rabattre sur le coffret DVD, lancé plus tôt cet automne.

Quel sentiment t'habite à la veille de fermer le chapitre Être?

C'est un deuil. Je suis dans un train qui roule depuis presque trois ans, ça me fait quelque chose de savoir que je le quitterai bientôt. En même temps, cette fois, c'est différent, parce que la tournée va prendre un nouvel envol : cet hiver, je mets le cap sur la France pour une série de spectacles là-bas.

Ce sera ton premier plongeon européen?

En fait, j'y suis allé quatre ou cinq fois, déjà, pour prendre le pouls. Mais ce sera la première fois que je vais m'installer trois mois à l'étranger pour y travailler. Pour moi qui suis assez casanier, c'est une nouvelle expérience.

Tu as pourtant beaucoup voyagé auparavant, non?

Tout le monde me dit ça! C'est vrai, mais ce n'est pas la même chose. En voyage, on n'a pas la même disposition d'esprit. On ne vit pas le quotidien de la même façon. Là, je vais prendre racine pendant mon séjour. C'est complètement autre chose. Et c'est très stimulant de recommencer ainsi à zéro, de tenter de séduire un nouveau public, de partir à la conquête de spectateurs qui ne savent pas du tout qui je suis.

L'humour est très culturel. Penses-tu que tu devras adapter le tien au public français?

En fait, on a passé tous les textes au peigne fin et mis à part certains mots et quelques références, je n'ai pas eu à toucher au contenu. J'ai réalisé avec bonheur que mes numéros sont assez universels. Ce dont je parle touche à certains tabous. On n'a pas l'habitude de montrer nos faiblesses, de confier nos doutes, mais comme on en a tous, on se reconnaît. Je dis souvent que je n'invite pas les gens à venir me voir en spectacle, mais plutôt à venir se voir. L'humain est au coeur de ce que je fais, j'évoque la quête de la vie et de l'identité, toutes ces questions existentielles, philosophiques et psychologiques qui nous habitent. Tout ça est aéré par l'humour, évidemment : quand je fais mon gâteau, je veille à ce que tout soit bien dosé, de façon à faire rire sans tomber dans la lourdeur. En France, le masque des conventions est plus épais, le carcan social aussi. Mes thèmes touchent donc le public de là-bas d'une façon particulière.

Penses-tu écrire de nouveaux numéros pendant ton séjour?

J'aurai quatre ou cinq shows par semaine, alors je trouverai peut-être le temps en journée. J'aime écrire ailleurs. Lorsqu'on n'est pas chez soi, on va dans des lieux de notre tête qu'on ne visite pas habituellement.

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