David Goudreault: l'année à sa plume

Reconnaissance publique, rencontres artistique, créativité renouvelée : l'année... (Spectre Média, Maxime Picard)

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Reconnaissance publique, rencontres artistique, créativité renouvelée : l'année 2015 aura été inoubliable pour David Goudreault, dont le premier roman, La bête à sa mère, vient d'être mis en nomination pour le Prix littéraire Archambault. « Je sais aussi que je serai en nomination pour un autre prix, mais je ne peux pas encore l'annoncer », ajoute-t-il.

Spectre Média, Maxime Picard

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Sherbrooke) L'expression « au-delà des espérances » s'applique parfaitement à l'année 2015 du slameur, poète et désormais romancier David Goudreault. Lui-même l'utilise pour qualifier ces douze derniers mois qui lui ont ouvert de grandes portes, tant sur le plan de la création que de la reconnaissance publique et des rencontres artistiques.

Tout ça, c'est la faute à La bête à sa mère, son premier roman (Stanké). Son histoire de jeune crapule, que l'on suit depuis une enfance écartelée entre différentes familles d'accueil jusqu'à une vie de délinquant en quête de sa génitrice, a reçu un enviable accueil, tant des lecteurs que de la critique et des pairs écrivains.

« Je suis heureux parce que j'ai vraiment travaillé pour qu'il soit lu. Je voulais qu'il ait une belle vie », dit-il de ce premier bébé littéraire, qui se dirige vers une septième réimpression. « Ça peut paraître peu, 6000 exemplaires vendus, mais pour le Québec, c'est énorme! »

David Goudreault étant David Goudreault, il ne saurait passer sous silence son autre bébé, celui en chair et en os : sa petite fille née en 2014, mais avec qui la relation s'est surtout développée en 2015. L'enfant est en train de lui inspirer son prochain recueil de poésie (Testament de naissance).

« Pour moi, 2015, c'est beaucoup l'année de la paternité et je trouve ça vraiment tripant. Ça m'épanouit beaucoup. L'écriture me permet d'être un père souvent à la maison », ajoute celui qui insiste également sur l'appui de sa blonde parmi tous les autres.

« C'est aussi une année où j'ai abattu des cloisons, en expérimentant l'écriture de roman et de théâtre [il a cosigné avec Patrick Quintal la pièce 21 manches cubes, créée en octobre par le Théâtre du Double Signe]. Les gens connaissaient le côté engagé du poète et du slameur. Avec La bête à sa mère, ils ont découvert mon côté plus trash, avec le travailleur social en filigrane. Chaque type d'écriture alimente les autres, mais me repose aussi des autres. »

Invention et réalité

Donnant aujourd'hui des ateliers de création en milieu scolaire et carcéral, David a reçu des commentaires positifs sur son roman non seulement du grand public, mais aussi de ses anciens collègues.

« Autant des lecteurs me demandaient où j'avais pêché un personnage aussi fou (certains pensaient même que ça ne pouvait pas exister), autant, chez les travailleurs sociaux et les éducateurs spécialisés, on me parle d'une grande réalité de terrain. Tous avaient un client à qui le personnage leur faisait penser. »

Sa plus belle critique quant à ce personnage impulsif et coincé dans les distorsions cognitives est venue d'un groupe de jeunes de Cité des prairies, où David donne des ateliers depuis quatre ans.

« On parle ici de délinquants associés aux gangs de rue, avec des sentences lourdes. Certains ont su que j'avais écrit un roman. Je leur ai laissé un exemplaire, sans vraiment croire qu'ils allaient le lire. La semaine suivante, ils sont arrivés surexcités : "Man! T'es malade! C'est trop bon! T'es vraiment fucké!" Un seul des huit gars n'avait pas encore fini le livre et se bouchait les oreilles pour ne pas entendre les autres. Certains se sont même reconnus : "Man! C'est comme moi quand je suis impulsif!" Ces gars-là ne liront jamais Harry Potter, mais avaient dévoré La bête en une journée. »

Parrain et marraines

L'année 2015 aura aussi été sous le signe des « rencontres artistiques devenant amitiés », avec d'heureuses conséquences. Après Kim Thuy, qui l'a mis indirectement en contact avec Stanké (en plus d'encenser La bête à sa mère à sa sortie), le Sherbrookois s'est fait convaincre par Francine Ruel d'écrire une suite (La bête et sa cage, qui se déroulera en milieu carcéral).

« Elle a eu un coup de coeur terrible et m'a dit que le personnage l'habitait encore après des semaines. J'avais alors commencé un autre roman totalement différent, que j'ai mis sur la glace. »

Il y a eu aussi Fred Pellerin, un autre ami avec qui il échangeait déjà des coups de coeur littéraires. « Je lui ai demandé de jeter un coup d'oeil sur le manuscrit de La bête et sa cage. Il a annoté toutes les pages, en plus de joindre cinq pages de commentaires! Du vrai travail d'éditeur! »

Aujourd'hui, David Goudreault dit vivre une « belle pression » pour la suite. « Je ressens tellement de gratitude envers tout le monde que je me sens un devoir de résultat, un désir d'être à la hauteur des gens qui croient en moi. »

S'offrir le Granada

David Goudreault s'est déjà produit devant de très grandes foules, dans certains festivals et notamment à la cérémonie d'ouverture des Jeux du Canada en 2013. Son plus récent spectacle de slam, La faute au silence, s'est promené jusqu'en Gaspésie.

La prestation qu'il donnera le 22 janvier au Granada sera tout de même la plus importante en salle depuis le début de sa carrière.

« Je vais en profiter pour roder du nouveau matériel. J'aurai aussi plusieurs invités spéciaux », dit-il, sans dévoiler sa secrète brochette de vedettes.

David a coutume de faire une place sur sa scène à des participants (souvent des jeunes) de ses ateliers de création. « J'ai cette fois invité un jeune qui se bat contre le cancer. C'est important pour moi et pour lui qu'il monte sur scène. Son poème, c'est au Granada (devant une salle pleine, j'espère qu'il va le livrer). »

Quelques repères en 2015...

16 février - Prix Leadership de l'hebdomadaire La Nouvelle

29 avril - Parution de La bête à sa mère, aux éditions Stanké

28 août - Début des éditos slams hebdomadaires à Écoutez l'Estrie    

14 octobre - Première de la pièce 21 manches cubes du Théâtre du Double Signe

3 décembre - Nomination au Grand Prix littéraire Archambault

20 décembre - La bête à sa mère classé parmi les 25 meilleurs romans de 2015 selon La Presse

...et 2016

Spectacle au Théâtre Granada le 22 janvier

Parution de La bête et sa cage le 27 avril

Parution du recueil Testament de naissance en automne

Traduction en espagnol du recueil Premiers soins pour le Mexique

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