Le plaisir d'un conte de Vigneault

Accompagné du pianiste sherbrookois Francis Perron, Jacques Piperni... (Photo fournie, Jacques Cabana)

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Accompagné du pianiste sherbrookois Francis Perron, Jacques Piperni vient raconter jeudi au Centennial l'histoire du Piano muet, un conte signé par Gilles Vigneault, mis en musique par Denis Gougeon et s'adressant aux enfants à partir de 6 ans. Le spectacle s'adresse aux groupes scolaires, mais en cette période de boycott des sorties culturelles par les écoles, le grand public y est plus que bienvenu.

Photo fournie, Jacques Cabana

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(SHERBROOKE) Le public jeunesse, Jacques Piperni connaît bien. Dès les années 1970 à Radio-Canada, il incarnait Nimo, un garçon qui, avec sa soeur Anne (comme dans Anne-Nimo) faisait découvrir aux enfants le règne animal. L'émission mélangeant marionnettes et vrais comédiens s'intitulait Animagerie et remplaçait Bobino pendant l'été. Ont suivi, à différentes chaînes, Alexandre et le roi, Des hommes et des dieux, Robin et Stella, Labo Labo, Jeux Safari, La marmaille...

« C'est vrai que, lorsque je fais le total, le public jeunesse couvre un gros pourcentage de mes activités », concède le comédien, qui a fondé sa propre maison de production de spectacles en 1991. Celle-ci crée des pièces de théâtre et des vidéos sur mesure, la plupart du temps sur des thèmes sociaux, à la demande des écoles, des entreprises, des ministères, des organismes communautaires...

« Justement, encore récemment, nous étions au Séminaire Salésien pour un spectacle sur l'intimidation. Je me souviens aussi d'une pièce sur l'alphabétisation réalisée pour un centre d'éducation des adultes de la région de Sherbrooke. Je joue un peu dans les mêmes plates-bandes que le théâtre Parminou. Au début, j'écrivais environ 70 pour cent des textes, mais maintenant que je vieillis et que je me trouve moins bon, j'ai trouvé d'autres auteurs bien meilleurs que moi », dit-il, modeste.

Mais dans le conte Le piano muet, où il partage la scène avec le pianiste sherbrookois Francis Perron, il peut se laisser aller complètement à son métier d'acteur. Ou plutôt de narrateur, avec sa voix au timbre si reconnaissable. « Mais ça me permet de jouer les différents personnages. »

Commande à Gilles Vigneault

Le piano muet a déjà une vingtaine d'années de vie. Il a été créé au milieu des années 1990 par le volet jeunesse de la Société de musique contemporaine du Québec (SMCQ). C'est elle qui a commandé l'oeuvre à Gilles Vigneault et au compositeur Denis Gougeon. À sa création, c'était un spectacle beaucoup plus imposant, avec un orchestre d'une dizaine de musiciens. Il s'est même promené en Europe et le livre-disque qui en a été tiré a remporté le prix Coup de coeur de l'Académie Charles-Cros en 2003.

« Par la suite, on l'a laissé dormir pendant une dizaine d'années, mais l'an dernier, la SMCQ a manifesté le désir de le reprendre, avec un arrangement pour piano seul. Elle a demandé à Marc Béland de refaire une mise en scène. Nous avons donné une dizaine de représentations en 2014 et nous reprenons cette année », résume Jacques Piperni.

Selon le narrateur, on y retrouve les thèmes chers à Gilles Vigneault, principalement la transmission par la musique et par la nature. « Pour Gilles Vigneault, la musique est un moyen de communiquer, de passer d'une génération à l'autre. »

L'histoire est celle d'un petit garçon de 8 ans, Lucas, qui s'interroge sur le piano dans sa maison, où il vit avec sa maman. L'instrument est verrouillé. Personne n'en joue. Défense même d'y toucher. Sur le dessus, une photo de son grand-père jouant de l'accordéon. Avec l'aide de son amie Emma, Lucas tentera donc de percer le mystère de cet aïeul dont il ne sait rien.

« Parfois, ça ne va pas toujours bien dans les familles. Il y a des conflits. Les liens sont coupés. C'est le secret que garde le piano », explique le comédien, sans en dire plus pour préserver la surprise.

Même si elle est signée par un compositeur contemporain, la musique du spectacle est plus qu'accessible, souligne Jacques Piperni. « On n'est pas dans le dodécaphonisme! Denis Gougeon s'est vraiment collé à l'histoire de Gilles Vigneault. On entend même un petit reel. Et Francis Perron est un musicien absolument extraordinaire! »

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