Patrick Norman, tout en voix

Un an après avoir lancé Après la tombée... (Spectre Média, Julien Chamberland)

Agrandir

Un an après avoir lancé Après la tombée du rideau, Patrick Norman propose un nouvel album, Tous en choeur avec Patrick Norman, enregistré devant public avec l'Ensemble vocal Jukebox.

Spectre Média, Julien Chamberland

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Karine Tremblay</p>
Karine Tremblay
La Tribune

(Sherbrooke) C'est un disque que Patrick Norman n'avait pas prévu. Une surprise dans son parcours. Un cadeau reçu de l'Ensemble vocal Jukebox, en quelque sorte. Chaque année, celui-ci choisit un artiste dont il revisite le répertoire. L'été dernier, les 226 choristes ont opté pour les chansons du guitariste et chanteur.

« Ils m'ont invité à donner deux spectacles avec eux au Monument-National, en septembre dernier, avec mes musiciens. Il y avait 50 micros sur scène, ça s'annonçait formidable. J'ai eu l'idée de faire une captation pour mes archives personnelles. À ce moment-là, je ne pensais pas que ça se retrouverait sur disque, mais quand j'ai réécouté,

ça sonnait tellement bien, c'était tellement beau : ça commandait un album », dit celui qui lance Tous en choeur avec Patrick Norman, sa 30e galette en 46 ans de carrière.

Treize de ses succès récents et anciens se voisinent sur l'opus enregistré devant public. C'est le choeur, mené par Patricia Gauthier et Stéphane Leroux, qui a choisi le répertoire interprété. Quand le blé sera levé, La guitare de Jérémie, Elle s'en va, Je fais pleurer mes amis, L'hirondelle, et l'incontournable Quand on est en amour font partie de leur sélection.

« J'étais dans ma zone de confort et les deux soirées de spectacle ont été marquées par des moments de grâce, des instants forts. La chanson Vivre, par exemple, je ne l'avais pas faite depuis la sortie du disque, dans les années 80. L'interpréter avec une chorale lui a donné un autre sens, une autre portée. J'ai eu de la difficulté à la terminer tellement j'étais ému. »

Moments forts

Babe, chanson anglophone qui apparaît sur son album, lancé l'an dernier, a été un autre moment d'exception.

« Ils lui ont donné une touche gospel. J'étais renversé! Ils ont vraiment bien travaillé. Leurs arrangements sont tout en subtilité, ils ne dénaturent pas les chansons, mais quand vient le temps de mettre le paquet, c'est comme de la dyna-mite! Il y a quelque chose de céleste,de magique à chanter avec un choeur de 226 coeurs qui battent à l'unisson. Moi, ça m'a donné une énergie que je ne pensais plus avoir. C'était un grand, grand bonheur. »

Un bonheur qu'il aimerait répéter, d'ailleurs. L'idée de renouveler l'expérience et de faire un Tous en choeur, volume 2 est dans l'air. D'autres idées font aussi leur chemin.

« Avant, quand on me demandait quel était mon rêve, je répondais toujours que c'était de faire de la musique et que c'était ce que je vivais depuis 46 ans. Sauf que là, cette expérience a semé quelque chose en moi. Un souhait. Un rêve, oui. J'aimerais chanter avec l'Orchestre symphonique de Montréal. Quelle magistrale expérience ce serait! »

La main est tendue, des lignes sont lancées, mais rien de plus pour l'instant.

« J'en parle, on verra pour la suite. »

Une mine de projets

Du reste, les projets ne manquent pas. Le musicien poursuit la tournée de son disque Après la tombée du rideau, lancé l'an dernier. Le 10 mars prochain, avec ses musiciens, Jean-Guy Grenier et John McDiarmid, il sera sur la scène du Centre culturel de l'Université de Sherbrooke.

« J'ai 69 ans et j'ai toujours cette chance immense de faire ce que j'aime dans la vie. La création musicale, c'est thérapeutique. Le guitariste Tommy Emmanuel, un virtuose et un ami, m'a dit un jour que je savais rendre les gens heureux avec ma musique. Qu'est-ce que je pourrais demander de plus? Je joue toujours sur scène avec cette idée. »

Vous êtes un sage, Monsieur Norman... « Non, ça, c'est l'âge! Mais j'ai toujours eu à coeur la bonté, la générosité envers l'autre, ça oui. Et dans ma conception des choses, ça ne s'arrête pas à l'être humain, ça englobe l'environnement, l'eau, les animaux qu'on élève de façon ignoble pour se nourrir. Tout ça, j'y suis sensible. La non-violence, je crois que ça commence dans l'assiette. Il y a 15 ou 20 ans, Julie Snyder m'a offert le livre Se nourrir sans faire souffrir. Cette lecture a été pour moi une grande prise de conscience », dit celui qui s'est depuis beaucoup renseigné et qui est capable de citer nombre de documentaires et de reportages marquants sur le sujet. Aujourd'hui, sans être végétarien pur et dur, le chanteur préfère quand même le tofu au steak.

« Le tofu, ça prend le goût de ce avec quoi on l'assaisonne. J'ai une formidable recette au miso, j'adore cuisiner. Pour moi, la cuisine, c'est une fête, un agréable passe-temps. Mais je ne me presse pas : si vous saviez comme je coupe mes lé-gumes lentement! Parce que si je m'entaille un doigt, je ne peux plus jouer de guitare pendant un petit moment. »

Ça, on l'a compris, ça revient à bouder son bonheur. Et le nôtre aussi, ajouterait Tommy Emmanuel.

Partager

À lire aussi

  • Patrick et Renée, une autre fois

    Arts

    Patrick et Renée, une autre fois

    C'est un disque que Patrick Norman n'avait pas prévu. Une surprise dans son parcours. Un cadeau reçu de l'Ensemble vocal Jukebox, en quelque sorte.... »

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer