Entrevue imparfaite

En septembre dernier, il repartait avec le Gémeaux du meilleur animateur de jeu... (La Presse, André Pichette)

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La Presse, André Pichette

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<p>Karine Tremblay</p>
Karine Tremblay
La Tribune

(Sherbrooke) En septembre dernier, il repartait avec le Gémeaux du meilleur animateur de jeu télévisé pour Taxi payant, qu'il pilote depuis sept ans à V. Une belle prise pour Alexandre Barrette, qui est aussi à la barre d'Atomes crochus. L'humoriste aurait pu se contenter de surfer sur son succès et faire patienter ses fans avant de reprendre le collier de la tournée. Après tout, il avait terminé l'hiver dernier une costaude ronde de 200 spectacles. Or voilà : de la scène, il en mange. Il avait du matériel en banque, des idées à la pelle, l'envie de se lancer dans un nouvel effort solo. Il n'a donc pas tardé : Imparfait, son deuxième one-man-show, est au programme de plusieurs salles de spectacle en 2016. D'ici là, on a droit à une avant-première. Vendredi et samedi, Alexandre Barrette termine le rodage de ce tout neuf spectacle sur la scène du Vieux Clocher de Magog. Avec décor, qui plus est.

Tes imperfections sont la matière première de ce nouveau show?

Je ris de mes travers, de mon indécision chronique, oui. Il y a beaucoup d'autodérision dans mes numéros, mais à travers ceux-ci, je dépeins aussi la société. Plus précisément ma génération, qui veut tout avoir et ne rien manquer. On zappe devant la télé, on change de chaîne à la radio pour voir s'il n'y aurait pas mieux sur un autre poste, et on fait la même chose dans nos vies. On est toujours en train de vouloir autre chose, on remet nos choix en question, en pensant qu'autre chose, ce serait peut-être mieux. J'aborde aussi des thèmes plus généraux comme le bonheur, les relations amoureuses, l'amitié. J'ai un numéro inspiré par l'appel de mon père le jour de mes 34 ans.

En quoi cet appel t'a-t-il marqué?

Mon père téléphonait pour me dire que c'était un âge merveilleux. Je suis né lorsque lui, il avait 34 ans. Il avait trois enfants, il venait de finir de construire sa maison, il était heureux avec sa famille. En raccrochant, j'étais complètement démoli! Le choc des générations. Ma vie est tellement différente de la sienne. Je veux des enfants un jour, j'aspire à cette vie plus stable, mais pour l'instant, je suis célibataire, je vis dans un minuscule appartement, je ne m'alimente pas bien. Ma vie n'est pas parfaite... mais elle est belle quand même. Je suis heureux dans le travail que je fais, les choses vont bien pour moi. Bon, je raconte tout ça et je réalise que je dois donner l'impression que mon show est une grosse thérapie alors que ce n'est absolument pas le cas. Mon spec-tacle est vraiment drôle, plus encore que le premier, mais il faudrait que j'améliore mon pitch de vente! Je ne suis pas bon en entrevue!

Les entrevues que tu donnes sont souvent imparfaites?

Je dirais que oui parce que je suis vraiment honnête et authentique. C'est une qualité que j'aime, la transparence. Lorsque j'anime à la télé, d'ailleurs, si je fais une mauvaise blague, je ne la gomme pas au montage, je la surligne, je la mets en évidence. J'aime bien souligner les imperfections, en résumé.

D'où le thème de ton spectacle?

J'adore la création, j'écris souvent et beaucoup. Je ne m'impose pas de cadre ni de thème directif. C'est après, quand je fais le tri, que je vois ce qui se dégage. Là, c'était clairement l'imperfection.

Quelle imperfection pardonnes-tu aisément chez les autres?

Quand les intentions sont bonnes, on peut difficilement en vouloir à autrui. À l'inverse, quand quelqu'un agit avec mauvaise foi, je n'ai pas de tolérance. Et ceux qui ne mettent pas leur clignotant au volant me font rager.

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