Silence! On tourne à Drummondville

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Thomas Liccioni et Devon Slack ont tourné l'une des scènes de combat du film Yankee au cours de la journée de mardi.

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Yanick Poisson
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(DRUMMONDVILLE) D'ici le 17 décembre, il ne faut pas se surprendre d'assister à une violente querelle ou à des scènes d'action dans les rues de Drummondville. Le réalisateur Stéphan Beaudoin et sa petite équipe ont investi les lieux afin de tourner le long-métrage Yankee.

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Le réalisateur de Yankee, Stéphan Beaudoin. 

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Le groupe a sélectionné quatre lieux précis afin de tourner les différentes scènes. Les acteurs auront tantôt rendez-vous sur la rue des Forges, tantôt sur les berges de la rivière Saint-François. Plusieurs des scènes auront toutefois lieu dans le bâtiment désaffecté de l'ancienne usine Denim Swift qui appartient aujourd'hui à Roger Dubois de Canimex.

« Nous sommes venus visiter l'usine et nous avons écrit le film en fonction de l'environnement qu'il proposait, explique le réalisateur. Il s'agissait d'un endroit idéal pour tourner nos scènes de combat ».

Yankee raconte l'histoire de Skylar, une jeune fille troublée qui a fui les États-Unis après avoir commis un crime. Elle se cache à Drummondville chez son cousin Kev, trafiquant de drogue minable qui tente de se tailler une place dans l'univers des combats illicites. Ce dernier la poussera à se battre dans ces « fight clubs » underground afin de subvenir à leurs besoins. Elle y fera la rencontre de Luc, promoteur des combats qui la prendra sous son aile, ainsi que de Charles (Chuck), un ancien combattant qui l'entraînera.

« Par ce film, nous voulons parler de la violence physique et verbale qui prévaut dans notre société. Il n'envoie pas un message, mais il décrit une réalité et pose des questions. Pourquoi est-ce que la violence nous excite quelque part? Pourquoi voulons-nous tant en consommer? » dit-il.

Une occasion en or

Yankee met notamment en vedette Devon Slack, une cascadeuse originaire de Vancouver qu'on a notamment pu voir dans les longs-métrages Xmen, World of Warcraft et la série Orphan Black. Il s'agit pour elle d'une première apparition en tant que comédienne et une occasion en or de faire sa marque dans ce rôle.

« C'est l'expérience la plus incroyable de ma vie. C'est la première fois que j'ai la chance de jouer en tant qu'actrice et j'adore ça. C'est certain que j'espère que ça débouche sur autre chose, mais, même si ça n'arrive pas, je profite de chaque moment », affirme-t-elle.

Slack apprécie notamment le fait de travailler aux côtés de Stéphan Beaudoin. Le réalisateur semble avoir saisi exactement le type de personnage que la Britanno-Colombienne désirait incarner et ils semblent s'entendre à merveille sur la façon de jouer Skylar.

Yankee met également en vedette Émile Mailhiot (Yamaska, La Vérité, Un monde à part), Jean-Philippe Perras (Toi et moi, 30 Vies), Alexis Bélec (Série Noire, 30 Vies, Monica la Mitraille) et Iannicko N'Doua (L'Appart du 5e, Subito texto, Là où Attila passe). Malgré la petitesse du budget alloué à la production - il s'agit d'un film indépendant qui sera produit au coût de 40 000 $ -, ils ont tous accepté d'emblée de prendre part à l'aventure.

Pour Émile Maihiot, ce long-métrage est une occasion unique de mettre de côté les rôles de « petits garçons modèles » qu'on lui attribue fréquemment au petit écran. Il joue le rôle de Chuck, l'ancien combattant vivant dans un appartement de deux pièces et demie crasseux.

« Ça me permet de découvrir d'autres horizons, de développer mon jeu d'acteur. Il y a beaucoup de choses que je fais pour la première fois ici. Je trouve le sujet et le scénario écoeurants. C'est beaucoup de travail en peu de temps, mais c'est un beau défi », indique-t-il.

Un film d'exception

Comme c'est le lot des films à petits budgets, Yankee devra sortir des sentiers battus afin de se démarquer des mégaproductions et de se tailler une place dans les salles de cinéma. À ce sujet, le réalisateur, qui en est à son deuxième film après Le Rang du lion, se fait plutôt optimiste. Il espère être en mesure d'offrir au cinéma québécois une portion de « jamais vu ».

« L'histoire de la fille qui doit se battre afin de s'en sortir est assez divertissante. Les combats de rue, ce n'est pas quelque chose que l'on a vu souvent et l'approche documentaire qui nous permet d'être aussi près de l'action est innovante. Le fait d'utiliser des cascadeurs comme acteurs nous donne une marge de manoeuvre supplémentaire », plaide-t-il.

Après 13 jours de tournage en sol drummondvillois, on passera au montage et à la postproduction. L'objectif est d'être en mesure de présenter l'oeuvre dans le cadre de festivals qui auront lieu à la fin de 2016. Si la réception est bonne, Yankee pourrait être diffusé en salle à compter de 2017.

Participation de la communauté

C'est le propriétaire de l'institut du Guerrier Thomas Luccioni qui a convaincu son ami Stéphane Beaudoin de venir tourner à Drummondville et il ne l'a pas regretté. En plus d'avoir obtenu une entente profitable pour la location des lieux de tournage, l'équipe obtient un important appui de la communauté. Au cours des trois premiers jours de tournage, ils ont été plusieurs dizaines de bénévoles à donner un coup de pouce.

« Drummondville est extraordinaire, je ne crois pas que ça aurait été possible à Montréal. Il y a des gens qui nous ont déjà offert trois jours de leur temps gratuitement, seulement pour faire partie du projet. Sans eux, ça ne marcherait pas », souligne Luccioni.

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