Musique trad et patrimoine vivant

Sylvain Trudel, du groupe Musique à bouches, et... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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Sylvain Trudel, du groupe Musique à bouches, et Olivier Demers, du groupe Le Vent du Nord, sont en spectacle vendredi au Parvis.

Spectre Média, Jessica Garneau

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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) Perçu par certains comme vieillot, folklorique, voire poussiéreux, le « trad » n'a pas fini de faire parler de lui, comme en témoignent les nombreux groupes de musique traditionnelle un peu partout dans le monde, dont pas moins d'une centaine au Québec. Mais on dit que la musique traditionnelle est mal aimée ici, sauf durant le temps des Fêtes. Ce style musical est pourtant très vivant, diversifié et apprécié sur les scènes de plusieurs pays.

« Ce n'est pas une musique statique : c'est une musique qui évolue, qui est très actuelle et très vivante, qui continue de s'améliorer. C'est un patrimoine vivant. On puise dans le passé et on l'amène ailleurs », dit Olivier Demers, de la formation Le Vent du Nord, dont le dernier CD, Têtu, a gagné le Félix de l'Album traditionnel de l'année lors de l'ADISQ 2015.

Ce disque, lancé au début de l'année, a permis au groupe de donner plus de 45 concerts en Europe et en Amérique dans le cadre d'une tournée qui le conduit vendredi à la salle du Parvis de Sherbrooke, précédé sur scène de l'ensemble sherbrookois Musique à bouches.

Le Vent du Nord n'a pas besoin de présentation. Ce groupe phare du trad québécois a réalisé huit disques et jouit d'une belle notoriété sur la scène internationale, au point où on se demande pourquoi il n'est pas plus connu et apprécié au Québec. La formation mélange guitares, piano et violon au bouzouki, à la vielle à roue et à la bombarde, notamment, et puise autant dans les textes et les musiques traditionnels que dans ses propres compositions. Le quatuor donne une centaine de concerts par année, majoritairement à l'extérieur de la province, notamment aux États-Unis, en Écosse, en Angleterre, dans les pays scandinaves et en France.

« Nous sommes tous frères dans cette aventure. Il n'y a pas que notre volonté de faire de la musique : on veut faire du traditionnel pour perpétuer une valeur, une identité et un répertoire », explique Olivier Demers au sujet de cette formation multi-instrumentiste, fière de chanter en français, ouvertement souverainiste et environnementaliste.

« On vieillit, on voit ce qui se passe et on se pose des questions. Oui, nous sommes nationalistes, mais dans le sens positif du terme », précise-t-il.

Harmonies vocales recherchées

Le quintette vocal sherbrookois Musique à bouches s'attache quant à lui à sauvegarder les chants traditionnels québécois ayant une rare puissance d'évocation, grâce à des harmonies vocales très recherchées.

« Nous étions tous attirés par la chanson québécoise et la musique traditionnelle, avec des textes de chez nous », explique Sylvain Trudel.

« Notre répertoire est difficile à définir parce que les textes ont pris racine dans les vieux pays et que les Québécois se les sont appropriés. Nous nous sommes aussi permis de faire parfois des modifications », souligne-t-il.

« Notre façon de composer, ce sont les arrangements : on aime fusionner les genres et chanter a capella. Les textes, avec leur valeur identitaire, se perpétuent de génération en génération », ajoute Sylvain Trudel.

Musique à bouches, qui a 10 ans d'existence, en est à son deuxième CD, Jusqu'aux oreilles.

« Les gens de la musique traditionnelle ne cognent pas à la porte des stations de radio. L'objectif est d'abord culturel », mentionne Sylvain Trudel au sujet de ce travail de courage.

Vous voulez y aller

Le Vent du Nord et Musique à bouches

Vendredi 4 décembre

Représentation de 20 h : complet

Spectacle formule 5 à 7, 17 h 30

Salle du Parvis

Entrée : 22 $

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