Un monde perdu... et retrouvé

Lancé en janvier dernier au Théâtre Granada, le... (La Tribune, Steve Bergeron)

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Lancé en janvier dernier au Théâtre Granada, le spectacle Le monde perdu de Daran a remporté le Félix de la mise en scène lors du dernier gala de l'ADISQ.

La Tribune, Steve Bergeron

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(COATICOOK) CRITIQUE / Autant l'album Le monde perdu de Daran est un disque difficile à digérer, à cause de son dépouillement, de son « monolithisme » sonore et des paysages très sombres qui y sont tapis, autant la mise en scène que l'artiste en a faite permet un fameux voyage dans un autre univers, la plupart du temps gris, mais réchauffé par la présence sur scène du musicien... et de sa dessinatrice.

Daran a en effet eu l'idée, à l'image d'un de ses précédents spectacles (présenté à Magog en 2010), d'accompagner sa musique de dessins projetés sur grand écran. Il pousse cette fois l'aventure plus loin, ayant développé une application permettant de dessiner directement sur des vidéos déjà filmées. Et c'est une Estrienne, Geneviève Gendron de Saint-Malo, qui est derrière le crayon numérique.

Le résultat est salvateur. Le monde perdu est en effet un album où perce très peu de lumière, inspiré de destins bloqués, de la saleté des villes, d'espoirs déçus. Si Daran avait simplement promené un spectacle seul avec sa guitare et son harmonica, il aurait fait augmenter les ordonnances d'antidépresseurs.

Mais grâce à ces projections, qui cultivent une certaine forme de suspense et permettent une distance par rapport aux malheurs chantés, le répertoire daranien passe drôlement mieux, même si 90 pour cent des images sont en noir et blanc.

Vraie femme allumant dessin

Il y a d'ailleurs de nombreux moments où le dessin qui vient à peine d'être créé par Geneviève Gendron prend littéralement vie dans la vidéo, créant un effet de surprise. Par exemple, une lampe faite de quelques coups de crayon, et qui est soudainement allumée par une femme en chair et en os qui vient d'entrer dans la pièce. Même stratagème pour des rochers sur lesquels la vraie mer vient soudainement s'écraser.

Bien sûr, cette astuce, à l'image du clip, oriente la pensée du spectateur, ce à quoi d'autres artistes se refuseraient. Mais la plupart des images demeurent poétiques et laissent assez de flou pour faire place à de multiples interprétations. Le plus bel exemple est Le bal des poulets, moment fort du spectacle placé en plein centre, avec des engrenages dessinés dans l'espace. Ce n'est qu'à la fin que l'auditoire comprendra le lien.

En dehors de cette mise en scène, qui a d'ailleurs remporté un Félix au dernier ADISQ, Daran s'avère ici être un véritable homme-orchestre, passant d'une guitare à l'autre, assumant un peu de percussions, s'aidant tout de même de quelques boucles et de bandes préenregistrées (il n'est pas le premier, et il faudra s'y faire, si la tendance se maintient quant aux moyens donnés aux artistes).

Geneviève Gendron est quant à elle une artiste habile, usant d'un style un peu brut convenant parfaitement à l'atmosphère. On aurait souhaité un peu plus de couleur, mais celle-ci viendra enfin à la toute dernière chanson, telle une bouffée d'air enfin accordée à l'auditoire après cette plongée dans le monde perdu.

Vous voulez y aller?

Le monde perdu

Daran

Samedi 5 décembre, 20 h

Salle Dussault de Thetford Mines

Entrée: 25 $

Vendredi 22 avril, 20 h 30

Carré 150, Victoriaville

Entrée: 30 $

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