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Martin Michaud, la lucidité de l'humaniste

Devant l'émergence du groupe armé État islamique, l'an... (La Presse, André Pichette)

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Devant l'émergence du groupe armé État islamique, l'an dernier, Martin Michaud a décidé d'assumer son titre de romancier pour braquer les projecteurs sur une violence qui le troublait.

La Presse, André Pichette

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(ottawa) Devant l'émergence du groupe armé État islamique, l'an dernier, Martin Michaud a décidé d'assumer son titre de romancier pour braquer les projecteurs sur une violence qui le troublait.

Résultat? Quand j'étais Théodore Seaborn, « qui n'est pas tant un roman sur le terrorisme qu'un roman sur l'humanité », commente cet auteur aussi lucide que porté par l'espoir de faire reculer les ténèbres à sa façon.

« Un seul homme qui décide de se lever et de lutter contre la barbarie

peut en convaincre des milliers d'autres... Nous avons tous un rôle à jouer, à notre petite échelle et individuellement, pour faire une différence, aussi humble soit-elle. Écrire ce livre, c'était peut-être ma part. » soutient Martin Michaud.

Connu pour ses quatre enquêtes mettant en vedette Victor Lessard, l'écrivain avait déjà entrepris l'écriture de Quand j'étais Théodore Seaborn au moment où sont survenus les attentats visant Charlie Hebdo et l'Hyper Cacher à Paris, en janvier dernier.

Pause d'écriture

« Pendant quelque temps, j'ai arrêté d'écrire... pour mieux reprendre, parce qu'il m'apparaissait pertinent de poursuivre. » Il ne pouvait toutefois prévoir que son roman allait atterrir sur les tablettes des librairies peu de temps avant les plus récents attentats dans la capitale française.

« Nous, les romanciers, nous avons tendance à croire que nos fictions dépassent la réalité, alors que malheureusement, souvent, la réalité rattrape tout ce que nous pouvons imaginer et écrire... »

Son nouveau héros, après une descente aux enfers, se retrouve malgré lui mêlé à une série d'événements qui le mettront face à face avec son sosie. Qu'il prend pour un terroriste. Et qui le mènera jusqu'à Racca, le fief de l'État islamique, parmi les soldats du califat.

« Ce que je fais dire à mes personnages, notamment aux terroristes, est solidement documenté », précise celui qui, en tant que romancier, s'oblige plus à la plausibilité qu'à la véracité.

Pour les besoins de son roman, l'auteur s'est néanmoins astreint à de rigoureuses recherches, incluant le visionnement de vidéos particulièrement dérangeantes. Or, il n'avait nullement l'intention de « jouer le jeu » de l'ÉI en tombant dans la violence extrême.

« L'État islamique se targue d'être ultra violent. Le groupe aime être perçu ainsi, parce que c'est de cette manière qu'il entretient la peur qu'il inspire à tous, croyants et infidèles. »

« On ne sait pas de quelle fibre on est, tant et aussi longtemps qu'on n'est pas confronté à l'horreur, à la guerre, à la misère. Ce qu'il m'intéressait de creuser, c'était la part d'humanité qu'il reste peut-être en chacun, malgré l'instrumentation de l'idéologie, la radicalisation et la haine. Cette humanité, il ne faut surtout jamais la perdre de vue! »

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