Photographe errant dans la ville

Erik Beck... (La Tribune, Maryse Carbonneau)

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Erik Beck

La Tribune, Maryse Carbonneau

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(COATICOOK) Nés du regard inquisiteur d'Erik Beck, les Polyptyques ont élu domicile au Musée Beaulne. Une première exposition en sol coaticookois pour l'artiste sherbrookois qui, depuis sept ans, a choisi de renouer avec la créativité en se tournant vers les arts visuels, sans toutefois perdre de vue sa formation musicale.

« J'aime m'exprimer de façon cachée en passant par des techniques abstraites, de manière à faire travailler l'imagination des gens, déclare l'artiste. J'aime que les choses ne soient pas évidentes. »

Sa source d'inspiration se révèle pourtant des plus concrètes : la ville. Que ce soit à Sherbrooke, Montréal, New York ou Paris, l'espace urbain regorge de ces microcosmes dont se délecte l'artiste.

« On passe la majorité de notre temps à se rendre du point A au point B en suivant un horaire déterminé, sans porter attention à notre environnement. J'aime partir en état d'errance, sans contrainte de temps et sans but précis. On porte alors attention aux détails. J'observe et je collectionne des images. »

Les limites de l'iPhone

Entièrement réalisés à partir de photographies prises avec son iPhone, les Polyptyques d'Erik Beck prouvent hors de tout doute que l'art mobile est loin d'avoir dit son dernier mot. « C'est un appareil qui est facile d'utilisation, toujours dans notre poche, et qui permet de ne pas s'encombrer avec de lourds équipements. Bien entendu, il a ses limites. Ce qui aide, ce sont les applications, dont Snapseed, avec laquelle je travaille presque tout le temps. »

Il se défend toutefois de faire dans l'instantanéité, que l'on associe souvent à la photographie mobile et que l'on partage sans retenue sur les médias sociaux. De toute façon, qui s'intéresserait à ces gros plans de fils de téléphone, plaques de gazon, matelas de gymnastique, traces de rouille et autres trouvailles hétéroclites que le photographe collectionne avidement en déambulant dans les rues? Car pour lui, la beauté est partout, sans aucune discrimination.

« J'adore les photos que l'on dit ratées, lance Beck avec un sourire en coin. Il y a de la beauté dans l'erreur. »

Muni de ses sujets épars, sans liens apparents, l'artiste tisse les images entre elles, faisant naître l'abstrait du concret. « La matière, la couleur, le rappel des formes sont autant d'éléments qui permettent de créer une cohérence graphique. Parfois les images s'assemblent presque d'elles-mêmes, parfois elles prennent des mois. »

Mouvement art mobile

Diplômé de l'Université Concordia en photographie et cofondateur du groupe Mouvement art mobile (MAM), Erik Beck avoue avoir souffert de son apprentissage de la photographie argentique.

« J'aurais tellement aimé avoir un iPhone à l'époque où je me battais avec les produits chimiques et les films! s'exclame le photographe. On a crié à l'hérésie lorsque Cartier-Bresson est arrivé avec la nouvelle Leica, un appareil compact. Même chose pour les polaroïds et le numérique, aujourd'hui avec la photographie mobile. Le but du MAM n'est pas de rendre pérenne l'art mobile de manière à ce qu'il devienne un mouvement artistique. En fait, nous voulons le faire oublier. Faire comprendre aux gens que le cellulaire peut devenir un outil créatif, sans toutefois avoir à marteler qu'une photo a été prise à partir d'un cellulaire. Que l'oeuvre soit reconnue pour sa valeur, et ce, peu importe avec quel type d'appareil elle a été créée. »

Polyptyques

Erik Beck

Musée Beaulne, Coaticook

Jusqu'au 24 janvier 2016

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