Pas sûr du « sur »

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Steve Bergeron
La Tribune

(SHERBROOKE) CHRONIQUE / Nous entendons régulièrement dans les médias français l'usage de « sur » suivi d'un nom de ville. On pouvait lire samedi dernier qu'il y avait eu des attentats « sur Paris ». Pourquoi ne pas utiliser « à »? Quelle est la nuance?

Daniel Gendron
Sherbrooke

Il est vrai que les Québécois galvaudent plus souvent les prépositions, à cause de l'influence de l'anglais. Mais les Français aussi ont leurs dérives...

Plusieurs ouvrages considèrent toujours comme fautive l'utilisation de « sur » à la place de « à » ou de « vers » devant un nom de ville. C'est le cas du Dictionnaire Bordas, qui estime que « se diriger sur Paris » est un « emploi abusif, très répandu mais à éviter dans la langue châtiée ». Hanse aussi constate les dommages alors que Jean-Paul Colin parle d'« acceptions discutables ».

Mais le Petit Larousse donne comme exemple « revenir sur Paris ». Le Petit Robert et le Multidictionnaire restent muets sur la question.

Quant à la Banque de dépannage linguistique, elle réprouve aussi l'utilisation de « sur » à la place de « vers », mais ne parle pas de la préposition « à », sauf dans le cas de la météo. Car s'il est tout à fait acceptable de dire qu'il pleut ou qu'il neige sur Paris, on n'ira pas jusqu'à dire qu'il fait 20 degrés sur Paris.

La position la plus nuancée vient du Bon usage. Le dictionnaire constate les « emplois nouveaux » de « sur » apparus au XXe siècle, mais il mentionne qu'en Suisse romande, il est courant depuis longtemps de « travailler ou habiter sur Genève ».

Bref, tout dépend si l'on considère une ville comme un point (à), un contenant (dans) ou une surface (sur). Pour ça, il y a de nombreuses différences culturelles et contextuelles.

Le plus bel exemple est celui de « sur la rue », qui se dit au Québec mais aussi en Belgique, plutôt que « dans la rue ». Et n'oublions pas cette tournure populaire de chez nous : aller su' l'voisin!

En somme, si Paris avait été bombardé, on aurait pu utiliser la préposition « sur ». Mais dans les circonstances, je crois qu'il faudrait plutôt parler d'attentats « à Paris ».

Une chose est sûre : en utilisant « à » ou « vers », personne ne viendra vous embêter!

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steve.bergeron@latribune.qc.ca

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