Un cadeau signé Paul Piché

Visiblement en pleine forme, Paul Piché, présentement en... (Imacom, Maxime Picard)

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Visiblement en pleine forme, Paul Piché, présentement en période d'écriture, a offert une prestation solo samedi soir dans un Cabaret Eastman plein à ras bord. À 62 ans, le musicien n'a rien perdu de sa puissance d'interprétation ni de son aisance sur scène.

Imacom, Maxime Picard

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Eastman) CRITIQUE / C'est presque une tournée incognito. Pas de grand battage publicitaire ni médiatique. Pas la moindre petite entrevue pour la mousser un tant soit peu. Pas de nouvel album pour l'accompagner. On aurait pu la baptiser Sous les radars. Mais pensez-y : Paul Piché en solo. Juste avec sa guitare. Ses plus grandes chansons. On appelle ça un rendez-vous.

Effectivement, il ne fallait pas manquer ce moment magique. Et un peu plus de 200 personnes (c'est la capacité du Cabaret Eastman) l'ont pressenti. Ou alors ont sauté sur une de ces occasions, rares depuis 15 ans, de voir cet Heureux d'un printemps sur les planches. Surtout des admirateurs de la première heure, si on se fie à la moyenne d'âge, ce qui est un peu dommage, l'oeuvre du chanteur n'ayant visiblement pas (encore?) atteint les moins de 40 ans.

Qu'importe. Il était d'une belle chaleur, ce public. Et Paul Piché, lui, était visiblement heureux et surpris par une telle fidélité. L'auditoire a retrouvé un artiste toujours complet, qui tient la grande forme à 62 ans, encore bien en voix, vif sur sa six-cordes, à l'aise sous les projecteurs comme dans des retrouvailles amicales.

«Vous êtes une méchante gang! Je ne pensais pas voir autant de monde ici! Merci beaucoup!» a exprimé le chanteur. «Cette tournée me permet de revenir vous voir comme lorsque j'ai commencé. Vous allez entendre les chansons comme elles ont été composées seul chez moi, avant que je les présente à mes musiciens... et qu'ils me les scrapent», a-t-il lancé à la blague.

La soirée s'est ainsi transformée en jeu : deviner les chansons ainsi dépouillées simplement à partir des premiers accords. Pas toujours facile, surtout pour les plus récentes, construites sur des arrangements plus développés...

Mais sieur Piché avait vraiment envie d'offrir les favorites à son public. Ce sont ainsi ses albums À qui appartient le beau temps? (1977) et Le chemin des incendies (1988) qui ont tenu le haut du pavé, avec quand même quatre chansons de son plus récent opus (Sur ce côté de la Terre, 2009). Le chanteur s'est donc retrouvé avec une belle chorale qui, la plupart du temps, connaissait ses textes par coeur.

«L'escalier, L'escalier!» demandait régulièrement l'assistance.

«J'ai pas de piano», rétorquait le chanteur, un peu penaud.

Pas le même Guy

De sa soixantaine, seule une liste de chansons collée sur le côté de sa guitare et deux petits trous de mémoire ont transparu. Du reste, quand les couplets n'arrivaient pas tout de suite à son esprit, il lui était toujours possible de répéter quelques accords (notamment dans Réjean Pesant), en cherchant à voix haute, mettant la salle dans le coup. Il précisera aussi que le «Guy Laliberté, prisonnier» de la chanson n'est pas celui qui est allé dans l'espace.

«L'escalier, L'escalier...»

Paul Piché a plutôt annoncé être en période d'écriture, ce qui pouvait laisser croire que quelques nouvelles chansons se faufileraient dans le programme. Finalement, il n'en aura fait qu'une, sous le titre provisoire de Celui qui naît, une chanson profondément humaniste, écrite dans un moment où il avait le sentiment de ne rien décider dans sa vie.

Éternel optimiste, Paul Piché ne lâche jamais : toujours aussi écologiste, toujours aussi pacifiste, toujours aussi souverainiste... Au sentiment d'impuissance, surtout en ce lendemain d'attentats meurtriers à Paris, il oppose sa chanson Arrêtez.

«Le jour où ce sera nous qui ferons la fête... je chanterai ce refrain, dans un Québec souverain», n'a-t-il pu s'empêcher de chanter.

Et qu'est-ce que le public a eu au rappel? L'escalier, bien sûr, mais a cappella.

En première partie, le public a pu découvrir les chansons de son fils Léo Piché, lequel est d'ailleurs venu partager l'interprétation de Rien au monde avec son père sur scène. Beau gosse, belle voix, encore à placer toutefois, et des textes totalement ailleurs, ceux d'une autre génération, plus légers. Pas mauvais, mais à côté des chansons engagées du père, cela faisait pâle figure.

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