Hayon... un party

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

Chronique / L'ASULF (l'Association pour le soutien et l'usage de la langue française) a émis deux avis au cours du dernier mois. Je vous en parle car je les trouve pertinents, même si je ne suis pas toujours d'accord avec les positions de l'ASULF, qui sont parfois intransigeantes et peu réalistes.

Le premier traite des fameux tailgate partys. Vous savez, ces petites fêtes organisées par les amateurs avant les parties de football. Plusieurs se déroulent dans les stationnements, chacun ayant dans sa voiture tout ce qu'il faut pour préparer de la nourriture, écouter de la musique et étancher sa soif. D'où le nom de tailgate party, littéralement fête des hayons.

Le mot hayon (que l'on peut prononcer [ayon] ou [èyon]) est très ancien. Avant de s'appliquer à la partie mobile articulée tenant lieu de porte arrière d'un véhicule, il désignait le panneau amovible à l'avant ou à l'arrière d'une charrette. C'est un dérivé du mot haie.

Et que propose l'ASULF en lieu de tailgate party? Le rendez-vous d'avant-match. C'est bien, mais l'Office québécois de la langue française n'est pas tout à fait d'accord. C'est surtout le mot match qui dérange, même s'il est accepté en français. L'OQLF préfère rendez-vous, fête ou piquenique d'avant-partie.

C'est vrai qu'il y a plein d'autres mots français parfaitement convenables au lieu de match (rencontre, joute, affrontement, combat, épreuve...). Mais personnellement, je trouve que, dans un cas comme dans l'autre, on perd l'essence de départ.

Dans le fond, la fête des hayons, ce n'est pas si ridicule que ça.

L'autre avis de l'ASULF fait référence aux clauses orphelin, un anglicisme venant directement de orphan clause. C'est qu'en anglais, orphan, au sens figuré, veut aussi dire « être privé d'un avantage ou de protection, ne pas faire partie d'un système, être isolé, abandonné ». Ce sens n'existe pas en français. Voilà pourquoi il vaut mieux parler de clause de disparité.

***

Dans votre chronique de samedi dernier, vous dites que la liaison ne se fait jamais entre un verbe et son sujet. Pourtant, on dit bien « vous (z)avez tort », n'est-ce pas? Le verbe « avoir » est-il l'exception à la règle?

Serge Beloin

Sherbrooke

En fait, j'ai simplement omis de mentionner l'exception (encore une autre!), c'est-à-dire qu'on ne fait jamais la liaison entre un sujet et le verbe qui le suit...

sauf dans le cas des pronoms personnels, tels nous (z)allons,

vous (z)avez, ils (z)ont, elles (z)écoutent, etc.

Perles de la semaine

Une pilule, une p'tite granule, une perle, une rigolade...

J'ai fait une grossesse extra stérile.

J'ai une insuffisance mistrale.

On doit me vacciner contre l'horreur (ROR, rougeole-

oreilleons-rubéole).

Mon mari a des gnomes à la prostate (adénomes).

On doit me faire un PET scan, mais je ne sais pas quand je dois péter.

Questions ou commentaires?

steve.bergeron@latribune.qc.ca.

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