Dire au revoir par écrit

Érika Tremblay-Roy, directrice artistique du Petit Théâtre de... (Imacom, Jessica Garneau)

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Érika Tremblay-Roy, directrice artistique du Petit Théâtre de Sherbrooke et coauteure de la pièce Lettre pour Éléna.

Imacom, Jessica Garneau

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<p>Karine Tremblay</p>
Karine Tremblay
La Tribune

(SHERBROOKE) C'est une belle première : le nouveau spectacle du Petit Théâtre de Sherbrooke s'est créé à quatre mains, ici et en Europe. L'auteure Érika Tremblay-Roy et le chorégraphe Christophe Garcia, de la compagnie La Parenthèse, ont uni leurs forces et marié leur univers dans Lettre pour Éléna, une coproduction Québec-France qui a déjà été présentée à quelques reprises en Europe.

Coproduction Québec-France, Lettre pour Éléna, la nouvelle création... (JC VERCHERE) - image 1.0

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Coproduction Québec-France, Lettre pour Éléna, la nouvelle création du Petit Théâtre de Sherbrooke, aborde la délicate question du deuil en mariant danse et théâtre. Les trois interprètes (Julie Compans, Marion Bandinaud et Alex-Ann Boucher) incarnent un trio de fillettes qui cherchent une lettre de leur amie très chère. Le spectacle est présenté les 13 et 14 novembre au Théâtre Léonard-Saint-Laurent.

JC VERCHERE

On se connaissait, Christophe et moi, et on avait envie de travailler ensemble. C'était la première fois. Ce ne sera pas la dernière », assure la directrice artistique du Petit Théâtre, qui a passé quelques semaines à Marseille pour mettre le projet en marche.

D'emblée, les deux créateurs ont eu envie de présenter un univers dans lequel danse et théâtre cohabiteraient. Ils avaient aussi cette volonté de construire une trame narrative, de raconter une histoire dans laquelle le geste chorégraphié installerait un climat poétique.

« La danse permet de laisser passer l'émotion. D'ailleurs, parfois, le texte se tait et laisse toute la place aux mouvements parce qu'on ne voulait pas surcharger l'écoute. »

Le chorégraphe est arrivé avec cette idée de trois jeunes filles en robe rouge. Rien que ça, au départ. L'image avait sa portée. Érika a ressorti une missive de ses dossiers. Une lettre qu'un père avait écrite à sa fille, décédée lors d'un accident bête. C'était l'étincelle.

« C'était une très belle lettre, pleine de tendresse, de lumière, de douceur, de simplicité. Ce papa évoquait des moments qu'ils avaient passés ensemble, d'autres qu'ils ne vivraient jamais. Il disait entre autres à sa fille que ses amies lui écrivaient pour lui dire au revoir. J'avais envie de creuser cette question : comment vit-on après un événement tragique? Comment traverse-t-on le deuil d'un être cher? Comment compose-t-on avec l'absence? Je savais aussi que c'était un sujet très délicat. Et j'avais le souci de ne pas plaquer ma vision d'adulte sur celle des enfants. »

Quelques séances de création en classe avec des élèves de l'école Plein-Soleil l'ont convaincue de la pertinence du filon.

« On a travaillé ensemble, en écriture, à propos du manque. Ça soulevait beaucoup de questions, mais j'ai réalisé qu'il n'y avait pas cette lourdeur dans les écrits des écoliers. Ils racontaient des choses toutes simples, tirées de leur quotidien. Parler de leur chat perdu, par exemple, ça leur faisait du bien. Toutes ces lettres-là ont nourri la création, elles font d'ailleurs partie du décor. »

Avec les enfants, là-bas aussi

De l'autre côté de l'Atlantique, Christophe Garcia a fait le même exercice de recherche, mais en mouvements. Il a travaillé avec des enfants pour développer un vocabulaire chorégraphique.

« Ça se ressent quand on voit les interprètes sur scène. Elles ont une telle énergie, elles sont comme trois petits minous qui jouent et qui se chamaillent », dit l'auteure, qui n'a pas voulu appuyer trop fort sur la mort, la perte, le deuil.

« Le spectacle est bâti comme un jeu de piste. Je ne veux pas trop en dire. On découvre des indices en chemin. C'est une pièce à deux lectures. Les adultes seront peut-être plus touchés par le thème, tandis que certains enfants n'y verront qu'une histoire à propos de l'amitié, de la complicité, de l'enfance. »

On peut quand même dire que ça se passe un matin d'été. Et que les trois fillettes en rouge s'amusent ensemble comme d'habitude lorsqu'elles découvrent une pile de lettres qui leur est destinée. Tout le monde leur a écrit un message. Tout le monde, sauf Éléna, leur grande copine. Elles ne comprennent pas pourquoi, elles se mettent donc à la recherche d'un mot d'Éléna.

Des amies, des accents

Sur planches, le trio d'amies est incarné par deux Françaises et une Québécoise.

« Elles sont toutes trois danseuses et elles ont des affinités avec le jeu. On a choisi de laisser entendre les accents de chacune, de façon à faire sentir la coproduction. C'est un projet précieux, qu'on a voulu glisser dans un bel écrin. Tous les collaborateurs qui ont mis la main à la pâte sont des gens qui ont le grand souci du détail. Tout a été brodé comme une fine dentelle. Avec délicatesse et sensibilité. »

Vous voulez y aller

Lettre pour Éléna

Le Petit Théâtre de Sherbrooke et La Parenthèse

13 novembre, 19 h

14 novembre, 14 h

Théâtre Léonard-Saint-Laurent

Entrée : 17, 25 $ (enfants : 11,50 $)

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