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Normand L'Amour et le Madrid unis à jamais

Normand L'Amour, lors de la soirée de fermeture... (Collaboration spéciale, Éric Beaupré)

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Normand L'Amour, lors de la soirée de fermeture du Madrid, en 2011.

Collaboration spéciale, Éric Beaupré

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Yanick Poisson
La Tribune

(Drummondville) L'ancienne propriétaire du Madrid Julie Arel a eu un petit pincement au coeur lorsqu'elle a appris le décès de Normand L'Amour, ce «gentil monsieur» qu'elle a eu l'occasion de côtoyer sur une base quasi quotidienne jusqu'à ce qu'elle et ses associés vendent, en 2011.

«Ça m'a vraiment fait quelque chose. Je n'ai pas souvent eu l'occasion de rencontrer quelqu'un d'aussi authentique, d'aussi vrai et d'aussi généreux. C'était un vrai passionné, il ne comptait pas les heures pour faire découvrir son message d'amour et discuter avec les gens», raconte-t-elle.

La femme d'affaires conserve un souvenir très limpide de l'arrivée de M. L'Amour dans les installations de Saint-Léonard-d'Aston. Il s'était présenté afin de bénéficier d'un des espaces disponibles dans la section marché aux puces du Madrid. Le père de Julie lui avait alors suggéré de s'installer au dépanneur, près de l'entrée, un endroit beaucoup plus passant.

«Au départ, je me suis demandé si c'était une bonne idée, mais j'ai vite été obligée de lui donner raison. Il est rapidement devenu populaire et la clientèle du restaurant s'est mise à rajeunir», continue-t-elle.

Mme Arel s'étonne encore aujourd'hui de cette capacité de Normand L'Amour à attirer une clientèle de jeunes adultes. Il n'était pas rare que certains fassent la queue pendant une vingtaine de minutes avant d'avoir finalement l'occasion de s'entretenir et de se faire prendre en photo avec l'artiste. Force est d'admettre que le ridicule et la candeur de l'oeuvre du chanteur ont suscité l'intérêt de ce public peu orthodoxe.

«Les jeunes venaient surtout pour rire, mais ils ne riaient pas de lui. Jamais au cours de ces années on ne l'a insulté. Tout le monde le respectait. Normand, c'était un drôle de numéro et les gens l'aimaient», se souvient-elle.

À 60 km/h sur l'autoroute

L'artiste extravagant se démarquait également par son incroyable assiduité.

Il était présent au Madrid sept jours par semaine, sauf exception. Il lui arrivait fréquemment de rester sur place jusqu'à tard dans la soirée et de revenir tôt le matin. Il passait ainsi d'innombrables heures sur la route, d'autant plus qu'il était réputé pour rouler à 60 km/h sur l'autoroute.

«Il a vendu une quantité phénoménale de CD, il vendait ça 5$. Il lui arrivait souvent d'en manquer. Quand il retournait chez lui, il en imprimait toute la nuit et revenait le lendemain avec le sourire. Il en a vendu à des Français et à des Coréens. Ils n'ont pas dû comprendre ce qui se passait», sourit-elle.

Julie Arel a d'autant plus été surprise d'apprendre la mort de Normand L'Amour du fait qu'elle l'a rencontré au cours des dernières semaines. Le chanteur est venu la rencontrer dans son nouveau restaurant, La Muse de Drummondville, afin de visiter les lieux et de prendre des nouvelles.

«Il avait l'air très bien. Il m'a demandé s'il pouvait venir s'installer dans mon nouveau restaurant pour vendre ses disques, blague-t-elle. Quand j'ai appris qu'il n'était plus des nôtres, je me suis dit que j'avais manqué un épisode. Ça m'attriste beaucoup.»

Rappelons que le chanteur originaire de Sorel est mort mardi en fin d'après-midi à la suite de problèmes cardiaques. Il avait 85 ans.

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