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Discussion avec la biographe et son sujet

À travers La fille de Paquetville, l'auteure Lise... (Collaboration spéciale, Julien Faugère)

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À travers La fille de Paquetville, l'auteure Lise Aubut et son sujet, Édith Butler, se dévoilent dans un échange à coeur ouvert avec le public sur le parcours hors du commun et souvent méconnu de cette grande dame de l'Acadie.

Collaboration spéciale, Julien Faugère

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(COATICOOK) Devant l'accueil chaleureux du public à la biographie La fille de Paquetville parue l'an dernier, l'auteure Lise Aubut et son sujet, Édith Butler, ont eu envie d'explorer à bâtons rompus la face cachée de la grande dame de l'Acadie, par l'entremise d'une conférence intime, sans scénario et sans filet. Une formule décontractée au ton joyeux, où l'une et l'autre se relancent, alimentées par le public, lequel est invité à intervenir tout au long de la discussion.

« C'est totalement spontané, confie Mme Aubut. Comme on a beaucoup de respect l'une pour l'autre, on peut dire ce que l'on veut; ça ne nous dérange pas. On raconte des histoires à propos de sa vie, de tous les combats qu'elle a menés et des trucs invraisemblables qui lui sont arrivés, des choses

que les gens ne connaissent pas. On essaie d'être le plus vraies et le plus près possible des gens. On est trois, le public, Édith et moi. »

Il est aussi fort probable qu'Édith Butler empoigne sa guitare entre deux phrases pour interpréter une des chansons de son immense répertoire.

« Édith est un être qui cache sa propre forêt, reprend Lise Aubut. On ne connaît d'elle que la fille de party, mais c'est une personne qui a eu une vie étonnante. Elle est comme un iceberg dont on ne connaît que la petite pointe. Il y a quelques fois une grande marge entre l'idée qu'on se fait des choses et la vérité. La seule façon que la vérité demeure, c'est par l'écrit. »

Saviez-vous, par exemple, qu'Édith Butler a fait toutes les orchestrations, chanté tous les choeurs et joué de presque tous les instruments de Libre, le deuxième album en français d'Angèle Arsenault, où l'on retrouve ses grands succès Moi j'mange et De temps en temps moi j'ai les bleus? Album enregistré sous l'étiquette fondée par Lise Aubut.

La femme derrière la femme

Malgré une vie bien remplie et fort prolifique, on ne connaît pas grand-chose de Lise Aubut, outre qu'elle a écrit plus 250 chansons (dont un grand nombre pour Édith), qu'elle est productrice de disques et de spectacles et qu'elle est fermement engagée dans la reconnaissance du droit d'auteur, tant au Québec qu'au Canada. Pour le reste, son univers gravite essentiellement autour d'Édith Butler, dont elle est l'imprésario depuis plus de 40 ans.

« Lorsque j'avais trois ans, je voulais consacrer ma vie à l'écriture. Je pleurais et je disais à ma mère : comment se fait-il que j'ai déjà su écrire et que je ne le sache plus? J'ai toujours voulu être écrivain. »

La vie en décidera autrement et l'amènera à suivre Barbara en France, où elle apprendra son métier d'imprésario. De retour au Québec, on lui offre de prendre en main la carrière d'une jeune artiste, Édith Butler. Le sort en est jeté.

« La première fois que j'ai entendu Édith, c'était dans un studio d'enregistrement. Elle avait ses jeans, sa chemise à carreaux et sa queue de cheval. J'ai eu comme une vision où elle était habillée de blanc avec un ceinturon rouge, de longs cheveux dénoués et, au-dessus d'elle écrit en lettres immenses : OLYMPIA DE PARIS. À ce moment, j'ai compris que ma mission était de la mener jusque-là, parce que c'était là son destin. » Vision qui se concrétisera en 1985 et 1986.

Parallèlement à ces conférences au contenu impromptu, Édith Butler continue d'offrir son spectacle Le retour, inspiré de son album paru en 2013 après dix ans d'absence pendant lesquels elle a combattu le cancer. « On me dit souvent que c'est son meilleur spectacle, déclare Lise Aubut. Même s'il garde son côté joyeux, il est plus profond et très humain. Édith parle d'elle-même, ce à quoi elle s'est longtemps refusée. »

La nouille d'or

Célébrant cette année son 20e anniversaire, le Pavillon des arts et de la culture de Coaticook a accueilli Édith Butler dans ses premières années. Le directeur général de l'époque, Robert Scalabrini, lui avait alors concocté un spaghetti sauce tomate avec des herbes de son jardin.

« Édith aime manger des pâtes deux heures avant un spectacle et elle a tellement aimé les pâtes préparées par Robert qu'elle lui a décerné la nouille d'or. Un trophée qu'elle confectionne et qu'elle remet chaque année à celui qui lui a fait les meilleures pâtes. »

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