Pas si barbare

Hofesh Schechter... (Collaboration spéciale, Gabriella Zucca)

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Hofesh Schechter

Collaboration spéciale, Gabriella Zucca

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(SHERBROOKE) Hofesh Schechter, c'est le nom d'un chorégraphe d'origine israélienne et de sa compagnie de danse londonienne qui font actuellement un malheur à l'échelle internationale. La troupe, fondée en 2008, amorce mardi une nouvelle tournée en sol canadien, avec deux spectacles différents, dont Barbarians, oeuvre en trois actes présentée à la salle Maurice-O'Bready (précédée d'une conférence à 19 h 15), et qui traite du choc entre civilisation et instincts (notamment ceux de l'amour). Entretien avec Winifred Burnet-Smith, assistance répétitrice, membre fondatrice de la compagnie et danseuse.

On décrit Barbarians in Love, la première pièce, comme une quête du chaos dans un monde ordonné au lieu de l'inverse...

Chaque oeuvre de Hofesh demeure très ouverte à l'interprétation. Même à ses propres danseurs, Hofesh ne dit pas ce à quoi il pense, pour ne pas nous influencer. C'est une pièce où on tente d'enseigner une leçon. Les six danseurs sont comme des rats de laboratoires [ils sont d'ailleurs tous habillés en blanc et bougent tantôt en synchronisation, tantôt en complet désordre]. Une voix leur dicte quoi faire et quoi ressentir. Tantôt ils obéissent, tantôt pas. Soit on tente de se conformer au système, soit ça devient complètement fou. Du moins, c'est mon interprétation.

Justement, dans la deuxième pièce, tHE bAD, on est dans la création débridée...

Pour en donner une idée, les danseurs portent des combinaisons dorées! Elles sont tellement moulantes qu'on voit toute la morphologie des corps. Cette pièce a été créée en grande partie la nuit, en grande collaboration avec les interprètes, dans une grande liberté. C'est amusant à regarder!

Les danseurs sont-ils toujours très engagés dans le processus de création?

Parfois oui, parfois non. Il y a des jours où Hofesh sait exactement ce qu'il veut. Mais généralement, même s'il a des idées en tête, elles ne sont pas encore précises. Nous passons alors beaucoup de temps à improviser en studio. Petit à petit, il finit par trouver, et là, on commence vraiment à s'amuser. C'est la partie facile du travail.

Du duo final, plus intime et plus amoureux (et que vous dansez d'ailleurs), Hofesh Shechter dit qu'il a fait comprendre l'essence des deux autres pièces...

Il y a très certainement un lien entre les trois oeuvres. C'est la relation entre l'homme et la femme qui est au coeur du duo. Ce n'est pas aussi libre que tHE bAD, mais il y a une certaine ouverture pour les interprètes. C'est un duo qui peut être très épuisant sur le plan émotionnel, car il faut être totalement présent sur scène. Quand on est seulement deux, impossible de se cacher.

Une particularité de Hofesh Shechter est qu'il compose lui-même sa musique. Celle-ci arrive-t-elle avant ou après la danse?

Elle se crée en même temps. S'il s'aperçoit que la danse est très percussive ou sautillante, il trouvera un son ou un rythme approprié. Si la danse prend de l'ampleur, il ajoute des couches sonores. Parfois, la musique finit vraiment par mimer la danse. En fait, l'une ne pourrait exister sans l'autre.

Qu'est-ce qui vous a donné envie de travailler avec Hofesh Shechter, au point de faire partie des membres fondateurs de sa compagnie?

Notre première rencontre professionnelle remonte à 2006. À l'époque, il apportait une réelle fraîcheur en danse contemporaine. Ses créations étaient très excitantes. J'avais vu sa pièce Cult, qu'il a créée pour le Place Prize [la plus grosse compétition de danse contemporaine du Royaume-Uni]. J'avais également vu Uprising. C'était à la fois très physique, animal et pur. J'ai été très chanceuse, car aujourd'hui, tous les danseurs veulent travailler avec lui.

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