Suivre sa voie... après La voix

Mathieu Langevin avait déjà un premier album presque... (La Presse, Alain Roberge)

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Mathieu Langevin avait déjà un premier album presque prêt lorsqu'il a été recruté pour participer à La voix l'hiver dernier, ce qui explique pourquoi il arrive déjà avec un premier opus. Baptisé Sauve-toi pas, le disque folk pop autoproduit compte une douzaine de titres, dont plusieurs signés par des collaborateurs de renom, tels Richard Séguin, Steve Veilleux de Kaïn, Roger Tabra, Pascal Dufour et Hugo Perreault, ce dernier ayant agi comme réalisateur.

La Presse, Alain Roberge

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(SHERBROOKE) Le grand public l'a découvert à La voix III (avec sa famille maniwakienne, dont son grand-père violoniste), lorsqu'il a été recruté par Marc Dupré. Il s'est incliné en duel contre David Paradis, mais s'est aussitôt fait voler par Éric Lapointe. Malgré sa livraison de Mauvais caractère des Colocs, l'aventure s'est terminée lors des Chants de bataille, son coach lui ayant préféré Céleste Lévis. Sauf que...

« Sauf que, lorsque j'ai commencé les enregistrements de La voix, mon album était déjà fini, précise Mathieu Langevin. Peu importe ce qui allait se passer à la télé, c'était certain que j'allais le lancer et tenter de percer comme tout le monde. J'ai simplement mis l'ouvrage sur la glace le temps de l'émission... et je me suis dépêché de le reprendre après, avant que les gens m'oublient », raconte celui qui a produit lui-même ce Sauve-toi pas, arrivé chez les disquaires vendredi dernier, et pour lequel il a récolté une belle brochette de collaborateurs : Richard Séguin, Steve Veilleux de Kaïn, Roger Tabra, Pascal Dufour, Marc Chabot...

« Tout est parti de ma rencontre avec Dan Bélanger, le gérant de Patrick Norman, il y a environ trois ans. Il m'a entendu chanter et m'a fait enregistrer un simple, Le vieux du bas du fleuve, avec Hugo Perreault [ancien Okoumé et proche collaborateur de Richard Séguin et Paul Daraîche]. J'ai alors demandé à Hugo s'il avait envie de faire un album avec moi. C'est lui qui m'a aidé à rencontrer tout ce monde-là. »

En fait, Hugo Perreault a même réalisé l'album, en plus d'offrir deux chansons à Mathieu, qui signe aussi quatre des douze pièces de son premier bébé, dont la chanson-titre. « Parce que je voulais aussi faire écouter du Mathieu Langevin », souligne-t-il.

Issu d'une famille de musiciens, accroché par la muse Euterpe lorsque son grand-père lui a offert une guitare pour ses 14 ans, Mathieu Langevin s'est très vite mis à l'écriture.

« C'était très clair dans ma tête. J'ai encore mes premiers essais. Ils ne sont pas très bons, mais c'est comme ça que j'ai évolué. C'est important pour moi de mettre ce que je ressens sur un bout de papier et de le faire partager. L'écriture me vient souvent avec des sons. Parfois, un simple bruit entendu dans la rue peut me servir de point de départ. »

Il s'est tout de même cherché un peu, le Mathieu, étudiant à Gatineau les soins ambulanciers, puis la gestion commerciale, puis la radio. Le métier d'animateur serait d'ailleurs son deuxième choix de carrière. Il a même déjà animé à la station CHGA de Maniwaki.

Entre chaque période d'études, il retournait dans sa ville, travaillant parfois dans les scieries. Il a finalement abouti dans un cours de musique et sonorisation à Montréal. « Et c'est là que j'ai fait les préauditions de La voix », raconte le musicien de 24 ans, maintenant établi à Saint-Jérôme.

L'expérience fut exceptionnelle... et se poursuit encore, d'une certaine façon. Pas besoin de fureter très loin dans l'internet pour trouver Mathieu chantant Free Fallin' de Tom Petty... en duo avec Céleste Lévis. Ou alors Have You Ever Seen the Rain de CCR avec Pierre-Luc Belval. Et en janvier, Mathieu s'envolera pour Punta Cana avec son rival de duel, David Paradis, pour deux spectacles. C'est à croire que tous les finalistes de La voix sont devenus une belle et grosse gang.

« Particulièrement cette année, je crois. Nous étions vraiment soudés les uns aux autres, à force de passer tout ce temps ensemble. Il y avait beaucoup de points communs, malgré nos différences de voix et de styles. Encore aujourd'hui, on se fait des soupers de gang. On va aux lancements de disque des autres. Le contact ne s'est pas perdu. Et on commence à se jumeler à ceux des autres années. De toute façon, le Québec est trop petit pour ne pas s'entraider. »

« C'est sûr qu'être vu et entendu par trois millions de personnes, ça fait une différence, même s'il n'y a jamais de succès garanti. Ça a été beaucoup d'émotions, mais tout se passe tellement vite qu'on n'a pas le temps de tout réaliser. Ma famille a joué un rôle important là-dedans, pour me garder les pieds au sol et me soutenir, parce que ça peut devenir très intense, tellement le poids sur tes épaules peut devenir lourd. Mais ça a été une belle expérience pour elle aussi. Mon grand-père était très content de ce qui m'arrivait, parce qu'il vivait un peu son rêve par procuration. »

Quelques chansons

Dans mon village natal (Hugo Perreault)

« Je trouvais que cette chanson de Hugo avait été écrite pour moi, qu'elle parlait de mon ping-pong entre la grande ville et Maniwaki, de mon accent qui se faisait remarquer ici. C'est une chanson qui dit que je suis bien chez nous, même si j'adore la ville aussi. Hugo était gêné de me la montrer, parce que c'est le genre de personne qui ne veut jamais déranger, mais ce gars-là est une vraie perle, bourrée de talent. C'était sûr que je la mettais sur l'album. »

Petites maisons (Richard Séguin/Mélanie Noël) 

« Richard s'est vraiment donné. Il m'appelait pour me faire écouter ses trouvailles. C'est tellement un gars de coeur! C'est peut-être la chanson la plus sérieuse de l'album. Le texte de Mélanie parle de l'exode des régions. Ça me faisait penser à la Gaspésie. J'étais sans voix après la première écoute. Il me fallait une chanson comme ça, unique en son genre, qui allait frapper avec les mots. »

Dans ce temps-là (Mathieu Langevin)

« Je me suis inspiré de mes grands-pères, qui me parlaient de l'ancien temps, des années difficiles, de la guerre (ils ne l'ont pas faite eux-mêmes, mais ont vu d'autres parents y aller, dont certains qui n'en sont pas revenus). C'est une chanson qui rappelle comment les gens travaillaient fort pour leur liberté. »

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