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Au coeur du centre-ville, dans l'ancien bâtiment du Service de police, La Fabrique se déploie sur trois étages, rue Marquette.

Imacom, Jessica Garneau

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<p>Karine Tremblay</p>
Karine Tremblay
La Tribune

(Sherbrooke) « On naît tous artistes », répète depuis des années une certaine bannière de matériel d'art. Soit. Mais on n'a pas toujours les outils ou la formation pour créer à la hauteur de nos espérances. La Fabrique, c'est peut-être la réponse aux ambitions créatives de tout un chacun. Sous un même toit, les Estriens pourront suivre différents ateliers en arts visuels, en ébénisterie, en mécanique et en électronique. Ils trouveront aussi tous les outils nécessaires à la création de leurs projets.

Après avoir logé à l'enseigne d'un petit garage encombré pendant des mois, la coop créative qu'ont imaginée Julien Lamarche et David Allard-Martin a maintenant ses locaux officiels. Grands, les locaux. Au coeur du centre-ville, dans l'ancien bâtiment du Service de police, La Fabrique se déploie sur trois étages, rue Marquette. Le projet dont les deux universitaires sherbrookois ont rêvé pendant trois ans prend enfin son élan. Aujourd'hui, de 9 à 17 h, le public est invité à l'événement portes ouvertes qui en marque le coup d'envoi.

« Notre mission première, c'est vraiment de permettre à chaque citoyen de devenir un créateur », résume Julien Lamarche.

Toute la journée, les visiteurs pourront faire le tour des installations, visiter les locaux des 12 artistes en résidence, prendre le pouls de l'institution nouveau genre qui leur ouvre toutes grandes les possibilités de créer.

« L'accessibilité aux outils et aux formations est une clé importante. Tous, on ne pourrait pas avoir un tour ou un four à poterie à la maison. En devenant membre, on peut profiter de ce genre de matériel », explique l'artiste Deborah Davis.

En plus d'avoir son local de création dans le giron de La Fabrique comme une dizaine d'autres artistes d'ici, elle y donne des ateliers de gravure : « La création, c'est un cycle. On apprend, on explore, on développe une démarche et on crée une production. Je trouve qu'on ferme la boucle lorsqu'on redonne aux autres par la formation. Pour moi, c'est ce que permettent les ateliers. »

Une précision d'importance : pas besoin d'être un artiste-né pour passer faire son tour aux ateliers. C'est la beauté de la chose. Sous le toit de la coop artistique, tout le monde peut tâter la matière, expérimenter la poterie, goûter à la gravure ou à la sérigraphie. « Chacun peut créer à son échelle, avec ce qu'il a comme bagage », résume Ève Grégoire-Leblond. N'y a-t-il pas là un souci de démocratiser le geste artistique? Sans doute. Mais il y a aussi cette idée de redonner  aux gens l'envie de créer et de manipuler couleurs, médias, papiers et tutti quanti. Comme au temps de la petite école.

« J'ai commencé à faire de la poterie il y a un an. J'ai retrouvé le même plaisir que j'avais à jouer avec de la pâte à modeler, enfant », image l'artiste Luc P. Delestrie. Celui-ci est responsable du club d'art. Un club pas du tout sélect : tous les profils créatifs sont bienvenus.

« À la garderie, comme à l'école primaire, dans les cours d'art, on axe beaucoup sur le résultat alors qu'au fond, c'est la démarche qui compte. Ici, il n'y a pas de grille d'évaluation. Les gens peuvent venir essayer, laisser libre cours à leur inventivité sans ressentir une pression de performance », insiste l'artiste Amélie Pomerleau, responsable des ateliers de poterie.

Deux presses, un « banc de scie », une imprimante 3D, une table lumineuse, deux fours et trois tours font partie du matériel de pointe mis à la disposition des usagers, qui peuvent aussi profiter de formations et d'outils en ébénisterie, en mécanique et en électronique. Le mariage de toutes ces disciplines n'est pas si répandu. Il devrait, assurent les artistes en résidence. Parce que la mixité des horizons vaut son pesant d'or.

« Ça crée une émulsion d'idées, c'est très stimulant parce que ça nourrit notre réflexion, notre création », souligne Deborah Davis.

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