• La Tribune > 
  • Arts 
  • > Les dernières braises de Patrice Michaud 

Les dernières braises de Patrice Michaud

Patrice Michaud terminera sa tournée Le feu de... (Archives La Tribune)

Agrandir

Patrice Michaud terminera sa tournée Le feu de chaque jour à Sherbrooke, vendredi prochain.

Archives La Tribune

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Sherbrooke) Il vient d'avoir sept nominations à l'ADISQ. Mécaniques générales, sa chanson ver d'oreille dont l'adoption par le public fut de longue haleine, figure dans la liste des dix plus entendues de l'année. Son spectacle, autour duquel gravitent des sélections satellites pour les meilleurs éclairages, mise en scène, sono et scripteur, s'est aussi faufilé sur un des cartons dorés.

Mais au moment où aura lieu le gala le 8 novembre, le rideau sera définitivement tombé sur cette belle page de la vie de Patrice Michaud. Et c'est à Sherbrooke, vendredi prochain, que vient s'éteindre la tournée Le feu de chaque jour, laquelle aura finalement dépassé les 150 prestations en 19 mois.

« Ce sera quelque chose de bien emballant et d'émouvant », résume le chanteur gaspésien, attrapé par cellulaire sur la Transcanadienne reliant Edmundston à Moncton.

« Si toutes les tournées pouvaient ressembler à celle-là, je serais le plus heureux. Il y a eu de tout : des kilomètres, la découverte de nouveaux endroits où je n'avais jamais joué, des salles qui se sont remplies de plus en plus, à mesure que l'ouverture du public grandissait. Nous avons eu le vent dans le dos durant tout le processus. Aucune saillie pour me plaindre. L'équipe était formidable. Que du positif. »

Mécaniques dans la crème

Patience et longueur de temps ont fait du beau travail dans le cas du Gaspésien. La preuve, c'est que Mécaniques générales, qui a été lancée avant même la sortie de son opus 2 en février 2014, figure aujourd'hui parmi la crème des chansons... de 2015.

« J'ai été moi-même surpris. Mécaniques générales n'a pas été retenue après sa première année de vie. Je n'y pensais même plus. Mais la chanson a été ramenée à l'avant-plan par deux publicités simultanées [Honda et Pepsi, qui ont négligé de cocher la case exclusivité dans le contrat]. »

« Après, il y a eu La voix et la chanson n'a pas cessé de tourner en 2015. Et comme elle n'était pas en lice l'an dernier, elle était encore admissible. Mais ce genre de phénomène s'est déjà produit par le passé [Dégénérations de Mes Aïeux avait même été "décou-verte" deux ans plus tard]. »

Ironiquement, octobre 2015 sera le mois où Patrice Michaud aura donné le plus de spectacles à vie. En novembre et décembre, le temps sera venu de « rétrograder », de rapailler tous les morceaux gribouillés depuis deux ans (il écrit à petites doses, comme on laisse un « robinet couler pour que l'eau ne gèle pas ») et construire les chansons d'un nouvel album.

Un ralentissement qui fera du bien au chanteur. Pas que la route ait été éprouvante, mais quand on a de jeunes enfants à la maison et qu'on est aussi souvent parti que présent, les pauses demeurent précieuses.

« Ce n'est pas un rythme facile pour la vie personnelle, mais il y a des sacrifices qui ne passeraient pas, car je suis bien à cheval sur la vie de famille. Heureusement, je n'ai jamais eu besoin de tirer sur la couverture pour conserver ce que je voulais conserver. »

Velours particulier

S'il y a une nomination qui lui fait un velours particulier, c'est celle du spectacle de l'année, puisqu'il la partage justement avec le reste de son équipe. Mais c'est aussi la deuxième fois qu'il est nommé comme scripteur (il avait d'ailleurs remporté ce félix pour la tournée du Triangle des Bermudes, en 2011-2012). Ceux qui ont vu la prestation de Patrice savent à quel point chaque intervention entre les chansons est écrite. Notre homme passe presque autant de temps à chanter qu'à raconter des histoires de son cru.

« C'est là depuis le début. Je suis arrivé dans ce métier par le spectacle, avant le disque », rappelle le lauréat 2009 du Festival de la chanson de Granby. « Je montais mes spectacles de cette manière, naturellement. Je n'ai jamais abordé la scène autrement que par ce rapport direct avec le public. Au début, ça me sécurisait beaucoup, mais je me suis aperçu que ça plaisait et que ça devenait comme une sorte de colle entre les chansons. »

Cet amour des mots, tant ceux de ses chansons que de ses histoires ou de ses monologues, Patrice Michaud l'a hérité de sa passion pour la lecture, qui s'est affirmée à l'adolescence et ne l'a jamais quitté depuis. Au point d'aller étudier la littérature à l'Université Laval, où il a même entamé deux mémoires de maîtrise... qu'il n'a pas terminés, la musique l'ayant happé.

« Mon deuxième mémoire portait justement sur l'écriture de chansons, explique-t-il. Avant, j'ai eu une grosse période Réjean Ducharme, que j'admirais pour son utilisation de la fiction à des fins poétiques. J'ai ensuite lu Gaston Miron, Gilbert Langevin, Patrice Desbiens... La poésie, c'est une espèce de nourriture pour l'âme : aujourd'hui, j'en ai besoin pour écrire. Mais je suis aussi un grand amateur de romans policiers. »

« Je viens d'une famille assez standard quant à la littérature et à la musique, mais ma mère est une grande dévoreuse de livres, sans avoir fait d'études ni travaillé dans le domaine. Il y a donc toujours eu des pauses lecture dans ma vie. Je suis tombé amoureux de la fiction et de l'art des mots, et ce sont les livres qui m'ont appris à écrire. Je considère que l'art de s'exprimer ne s'apprend pas à l'école, mais se développe par soi-même. »

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer