Un gros « Bon sang! »

Chronique / On dit souvent qu'une chose n'a pas de bon sens, mais pourquoi... (123RF)

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Sherbrooke) Chronique / On dit souvent qu'une chose n'a pas de bon sens, mais pourquoi le s de « sens » est-il muet? Beaucoup de gens pensent d'ailleurs qu'on écrit qu'une chose n'a pas de bon sang!
Micheline Goyette
Sherbrooke

Le linguiste Guy Bertrand, « l'ayatollah de la langue de Radio-Canada », a justement écrit sur ce sujet le printemps dernier dans sa chronique Le français au micro. Je me permets de la reproduire telle quelle, ses explications étant toujours d'une grande limpidité.

« Sans bon sens est une expression de chez nous qu'on trouve dans certains dictionnaires européens. Selon le contexte, sans bon sens est synonyme des adverbes incroyablement, extrêmement ou exagérément (cette voiture est chère sans bon sens). Plus rarement, sans bon sens est synonyme de l'adjectif insensé (c'est absolument sans bon sens, ton affaire). En français moderne, l's final du mot sens se prononce toujours, sauf dans les expressions sens dessus dessous et sens devant derrièresens rime avec sang. »

« En revanche, dans l'expression ça n'a pas de bon sens, il faut prononcer l's final de sens. Il suffit de penser à l'expression synonyme ça n'a aucun sens, dans laquelle l's final de sens est toujours bien sonore. La prononciation [san] n'est pas vraiment fautive. Elle est simplement archaïque. C'était la prononciation en usage jusqu'au XIXe siècle. »

Guy Bertrand aurait aussi pu citer le gros bon sens, où le s final est toujours sonore.

Personnellement, je suis un peu plus tolérant par rapport à nos archaïsmes, car ils sont souvent un des éléments de distinction du français québécois. Garder le s muet dans sens dessus dessous et sonore dans ça n'a pas de son sens est une règle bien arbitraire. On peut très bien continuer de dire que ça n'a pas de bon [san] dans la langue familière.

Pourquoi Guy Bertrand écrit-il « l's » alors que j'écris « le s »? Devant les noms de lettres, l'élision est facultative, mais on l'accepte devant une consonne qui débute par les sons [a], [è] ou [i]. Il est donc permis d'écrire l'h, l'f, l'l, l'm, l'n, l's et l'x.

La règle est aussi valable pour les voyelles : on peut aussi bien écrire l'a que le a, l'i grec que le i grec, etc.

Perles de la semaine

Ils vont bientôt entrer à l'université, même s'ils vivent dans de drôles d'univers cités...

La Chine a trois religions : le taoïsme, le bouddhisme et le kungfusiannisme (confucianisme).

Aux États-Unis, on ne voit pas pourquoi leur 14 juillet tombe le 4 juillet. Preuve qu'ils veulent toujours se faire remarquer.

L'Amérique du Sud ne peut pas lutter avec l'Amérique du Nord, à part le Brésil qui s'en sort grâce au football et à son carnaval.

Exemples de colonies françaises : Indochine (qui regroupe Inde + Chine), Sénégal, Madagascar ou encore quelques îles en bas de la carte.

Comme vous pouvez le voir, cette caricature représente Uncle Ben's, symbole des USA.

Questions ou commentaires? steve.bergeron@latribune.qc.ca

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