Petites et grandes victoires sur le TDAH

Claire Lamarche anime et produit la série TDAH... (La Presse, Olivier Jean)

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Claire Lamarche anime et produit la série TDAH mon amour, présentée à Télé-Québec dès la semaine prochaine.

La Presse, Olivier Jean

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Le TDAH, ou trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité, est à la mode. Entre ceux qui en parlent comme le mal du siècle et ceux qui nient pratiquement son existence, plusieurs considèrent qu'on saute vite sur le Ritalin au moindre écart de comportement.

Dommage que le débat éloigne de la détresse bien réelle vécue par les personnes qui en sont atteintes. Et elles sont nombreuses : au Québec, 60 000 enfants et 270 000 adultes sont touchés. Dans sa nouvelle minisérie documentaire intitulée TDAH mon amour, et diffusée à Télé-Québec le lundi à 21 h dès le 26 octobre, Claire Lamarche fait abstraction des polémiques autour du phénomène pour mieux s'intéresser aux gens qui le vivent au jour le jour, tous différemment, et qui s'en sortent. Trois épisodes, trois catégories d'âge : chez l'enfant (26 octobre), l'adolescent (2 novembre) et l'adulte (9 novembre).

Le parcours est difficile, mais l'issue est positive. Particulièrement touchant de voir, dans l'épisode sur l'adolescence, Alexandre, 17 ans, qui ne l'a pas eue facile, et que les médicaments ont éteint. Au point de tomber en dépression. En quatrième année du secondaire, il se met à consommer jusqu'à l'overdose. Convulsions, arrêt respiratoire, Alexandre passe à un cheveu de mourir. Son père a un choc en entendant son fils lui dire à son réveil : « Moi, mourir, ça me dérange pas. »

La suite est plus heureuse. Alexandre ira à Portage, un centre pour toxicomanes, d'où il sortira avec l'impression d'avoir réussi quelque chose, de s'être senti utile pour la première fois de sa vie. Un moment qu'il raconte avec une étonnante lucidité. Son père dira que la marginalité de son fils, d'abord vue comme une nuisance, l'a plutôt propulsé vers l'avant. On ne peut qu'applaudir.

Des scores non pétés

Voilà un cas où la médication n'a pas été un succès. Jean-Philippe Leduc-Gaudet, lui, a vu ses notes passer de 30 à 90 pour cent grâce aux médicaments, assez pour compléter une maîtrise à l'université. Mais on est parti de loin : délinquant à l'adolescence, il provoquait des accidents de voiture. Maintenant, l'exercice quotidien lui permet d'éloigner l'anxiété. Et à 27 ans, il ne saurait plus se passer de ses médicaments, comme un diabétique de son insuline.

D'autres choisissent de refuser les médicaments, tout comme les drogues, comme Christopher Bard, 15 ans, chez qui on a décelé un TDAH dès la maternelle. Compréhensifs, ses parents ont accepté qu'« il ne pète pas des scores » à l'école. Sa mère dit même être certaine que son fils n'ira pas à l'université. Mais elle l'aide constamment dans ses devoirs, surtout les jours où « Christo » a passé l'après-midi dans la lune, ou dans ses chansons.

La musique a servi d'exutoire à Alexandre et Christopher, tous deux très talentueux comme vous le verrez. Hyperactif, Christopher jouait de la batterie sur son bureau avec ses crayons et dérangeait toute la classe. Mettez-lui une batterie ou une guitare entre les mains et il saura quoi faire. Vous le verrez conclure le second épisode avec son groupe rock, dans un numéro qui sonne comme une grande victoire.

Coproductrice avec Claire Lamarche et Valérie Bissonnette, Stéphanie Couillard dit n'avoir eu aucune difficulté à convaincre les gens de témoigner de leur situation. « Ces personnes-là ont envie de crier : «croyez-moi, je souffre!» » dit-elle, ajoutant qu'on sait finalement peu de choses sur le TDAH même si on en parle beaucoup.

Tournée avec beaucoup d'humanité, TDAH mon amour permet certainement de mieux comprendre ce mal qui afflige tant d'enfants, mais aussi d'adultes, qui découvrent souvent qu'ils ont un TDAH quand leur enfant reçoit le diagnostic, ce qui explique bien des choses. On peut facilement comprendre à quel point le trouble d'attention vient accentuer les comportements d'un adolescent en pleine période charnière, affectant sa capacité d'évaluer le danger.

Mission impossible : lire

En regardant la série, on constate à quel point l'école peut représenter un enfer pour un élève vivant avec un TDAH et qui n'est pas traité adéquatement. Quand lire un livre représente une mission impossible, et qu'on peut mettre un temps fou à effectuer un travail parce qu'il faut relire cinq fois les questions pour s'assurer de les comprendre, comment ne pas appeler ça un enfer?

Claire Lamarche, qui nous avait déjà donné les excellentes séries documentaires Soins intensifs (sur le milieu de la santé) et Écoles à l'examen (sur le milieu scolaire), commence à tourner prochainement trois documentaires distincts, dont un sur le monde policier et un autre qui fera écho à Soins intensifs, pour la prochaine année à Télé-Québec.

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