Penser au passé

Louise Portal... (Imacom, Frédéric Côté)

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Louise Portal

Imacom, Frédéric Côté

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Voilà maintenant cinq ans que Pauline Lapointe s'est éteinte. C'était le temps nécessaire à sa soeur jumelle, Louise Portal, pour trouver la force, sans être submergée par l'émotion, de parler d'une relation sororale parfois mouvementée.

Le récit autobiographique Pauline et moi s'attarde ainsi sur 60 années marquées à la fois par une grande complicité, mais aussi de « longues pauses ». Le public sera peut-être étonné de l'apprendre, car on a tendance à idéaliser la relation entre jumeaux et jumelles.

« J'aime mieux pause que rupture, car nous nous sommes réconciliées plusieurs fois. Il est vrai qu'entre jumeaux identiques, la fusion peut être très forte. Sylvie Moreau, lorsqu'elle a su que sa soeur jumelle avait un cancer, s'est sentie comme si ça lui arrivait à elle-même. »

« Mais plus souvent, dans les couples gémellaires, il y en a un qui cherche la fusion et l'autre, à en sortir. Surtout chez les non identiques : les différences sont plus profondes... mais tout le monde autour de toi veut quand même que vous soyez pareilles. »

Différentes, Louise et Pauline ne l'étaient peut-être pas de la façon dont on le percevait, à cause de leur image publique ou des personnages qu'elles incarnaient. Louise était la plus raisonnable alors que Pauline était l'excessive. Sa révolte camouflait un grand manque d'estime de soi et une profonde détresse.

« Le mouton noir », résume Louise Portal, rappelant que l'expression n'avait rien de flatteur à l'époque. « C'était un peu notre clown triste. Sous des dehors expansifs, il y avait une ombre qui la suivait constamment. L'humour était son bouclier. »

Synchronisme

Louise Portal a tenté plusieurs fois de « sauver » cette jumelle ballottée par les tempêtes, cette « ado rebelle, qui appelle l'amour, mais qui se sauve si on lui en donne trop ».

D'ailleurs, les deux soeurs ne se parlaient plus depuis un moment lors du décès de Pauline. Louise Portal avait même déjà commencé à se repasser le film de leur relation. Elle s'est lancée dans l'écriture en 2013, retrouvant lettres et souvenirs...

Puis le synchronisme s'en est mêlé : la rencontre d'une voisine de chambre d'hôpital de la défunte, l'appel d'une femme possédant le journal intime de Pauline à 13 ans...

« Ces hasards rassurent dans le doute, car même si le ton du livre était délicat et amoureux, sans aucun règlement de comptes, j'étais consciente de dévoiler un côté qu'on n'avait probablement jamais perçu d'elle. »

Sans amertume ni rancoeur, Louise Portal remercie aujourd'hui la vie de lui avoir donné cette soeur qui l'a fait croître d'une autre manière.

« La mort de Pauline n'est pas un drame. Au contraire, nous arrivons dans la lumière. Pauline a fait son chemin de vie et elle a voulu que cela s'arrête. Je la trouve même courageuse d'avoir fait tout ce trajet malgré cette faille intérieure. »

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