La queen du micro n'est plus

L'animatrice et chroniqueuse du 107,7 Estrie, Susan Léger,... (Archives, La Tribune)

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L'animatrice et chroniqueuse du 107,7 Estrie, Susan Léger, livre les derniers moments d'une dure bataille contre le cancer.

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Sonia Bolduc
La Tribune

(SHERBROOKE) C'était il y a près d'un an, dans les pages de La Tribune, sous la plume de l'amie et collègue Mélanie Noël. En marge du téléthon du CHUS, elle avait invité l'animatrice et chroniqueuse du 107,7 Estrie (anciennement CHLT) Susan Léger à raconter ce combat amorcé contre un cancer du col de l'utérus.

La queen du micro, première morning woman de la région, avait parlé de sa lutte, de sa détermination, de la vague d'amour qu'elle avait vu déferler sur sa vie. Ses parents Lorraine et Pierre, sa soeur Marie-Pierre et son chum Jean-Pierre, ses filleuls adorés, Mathilde et Hubert, la douce Marie, ses amis, ses collègues et tous ces gens qui l'aimaient tant, ça tenait carrément du tsunami.

Je vous en parle déjà un peu au passé, alors qu'elle restera toujours au présent. Depuis quelques jours déjà, Susan savait que le cancer aurait le dernier mot. Qu'il l'aurait bientôt, très bientôt. Le cancer a callé un renfort de métastases mal placées et mal foutues pour venir à bout de la femme bionique jeudi matin.

Susan ne retrouvera pas son micro, on n'entendra plus sa voix pleine de soleil, son rire franc, sa joie de vivre, son puits sans fond de connaissances. Je sais que les auditeurs du 107,7 Estrie s'ennuiront autant de leur ancienne morning woman qu'elle s'ennuyait d'eux depuis qu'elle avait quitté les ondes et qu'elle avait dû s'absenter du travail. Vous dire à quel point elle souhaitait retourner au travail, dans sa station, dans son monde élargi, son univers, sa radio.

Depuis quelques jours, Su avait gagné les étages du CHUS où ses proches venaient lui faire leurs adieux, lui déposer un flot d'amour, s'échanger des câlins, des souvenirs, quelques blagues comme les aimait tant Susan. Parfois, il y avait un petit signe, un éclat dans le regard, un mouvement, un peu de Su qui veillait en silence.

Vous le savez probablement, parce qu'on passe tous par là à un moment ou un autre, le passage du combat et de l'espoir vers le deuil est un long parcours. Ici, dans le long corridor beige du 7e, il y a des dizaines de ces parcours qui s'entrecroisent. Les rencontres de la vie, de la fin de l'espoir, de la fin de vie aussi. Après la colère et l'incompréhension, que des parcours d'amour dans les corridors.

Là, pendant que Susan dormait, tout autour, il y avait de l'amour.

On parle souvent d'amour, vous avez remarqué? On en parle, on en rêve, on en cherche le sens, on lui tourne le dos aussi parfois quand on a ce pressentiment qu'on n'y goûtera plus. Ici, dans la chambre de Su, il y a un gros lot d'amour.

Susan, c'est Su Light. Et c'est de l'amour. De l'amour de la vie, de la famille, des amis, du micro, des bons shows, de la musique qui swigne, du plaisir de chanter par-dessus la musique et de danser sur du Madonna même si elle préfèrait David Bowie. Su Light, c'est un encyclopédie de la chanson et du cinéma, c'est la femme qui avait interviewé Noiret à CHLT, l'amie Marie me l'a rappelé tantôt en me montrant la photo, la fille qui était aussi follement amoureuse de son micro.

Elle n'y retournera plus, mais elle y restera toujours.

Et là, juste là, c'est un sapré bon moment pour offrir à quelqu'un un brin de votre amour.

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