Incursion dans la lumière et l'espace

Dans son exposition Aux confins, l'artiste montréalais Laurent Lévesque... (Imacom, Maxime Picard)

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Imacom, Maxime Picard

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<p>Denis Dufresne</p>
Denis Dufresne
La Tribune

(SHERBROOKE) Dans son exposition Aux confins, l'artiste montréalais Laurent Lévesque s'interroge à la fois sur le réel et les repères que sont l'horizon, les astres et le relief, notamment pour nous plonger dans des paysages définis par la lumière, dans une sorte d'état d'apesanteur.

Laurent Lévesque... (Imacom, Maxime Picard) - image 1.0

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Laurent Lévesque

Imacom, Maxime Picard

L'exposition, présentée au Musée des beaux-arts de Sherbrooke jusqu'au 17 janvier prochain, offre au visiteur un large éventail des oeuvres récentes de cet artiste multidisciplinaire, dont Friendly Floatees, présentée pour la première fois dans son intégralité.

Constituée de photographies, vidéo, écran interactif et installations, Aux confins occupe exceptionnellement les deux salles d'expositions temporaires du MBA de Sherbrooke.

«Pour nous, c'est un geste audacieux. Ça ne s'était jamais vu de présenter les travaux d'un même artiste sur les deux étages», souligne la conservatrice du musée, Sarah Boucher.

«Et cela me permet de présenter un éventail très vaste de mon travail des cinq dernières années», ajoute Laurent Lévesque, artiste né à Sorel en 1982.

DIALOGUE DE LUMIÈRES

Dès son entrée dans la salle du rez-de-chaussée, le visiteur est en quelque sorte happé par Daylight.

Cette installation imposante est composée de «murs» de tubes fluorescents qui font face aux hautes fenêtres orientées plein sud et qui resteront allumés 24 heures par jour jusqu'à la fin de l'exposition.

Daylight, au dire de l'artiste, est un dialogue entre lumière artificielle et lumière naturelle à différentes périodes de la journée et de la nuit.

«Il y a une tension avec le temps qui passe dans le paysage. Dans chaque nouveau contexte, l'oeuvre va avoir un aspect différent», dit Laurent Lévesque.

Fait intéressant, cette installation peut aussi être observée de l'extérieur de l'immeuble du MBA de Sherbrooke, offrant ainsi une tout autre perspective.

Élément incontournable de cette exposition : Axes, une série de dix photographies énigmatiques où des sacs de plastique traversent le ciel bleu et passent devant le soleil, comme des ovnis difformes qui créent une impression de mouvement et modifient le paysage.

«Ce sont des moments interchangeables en des lieux interchangeables», résume l'artiste.

MOUVEMENTS DE L'HORIZON

L'exposition Aux confins comporte également une fascinante vidéo de 19 minutes, Adam's Home, où une caméra fixée devant le hublot d'un cargo capte les ondulations incessantes de la mer de Béring, durant une tempête, et du même coup les «mouvements» de l'horizon.

«On réalise à quel point nos repères habituels sont fixes, alors qu'ici, on est vulnérable à tout ce qui se passe», note Laurent Lévesque, qui a lui-même fait le voyage.

Composante majeure de l'exposition, l'installation Friendly Floatees se compose d'un écran interactif géant où le visiteur peut, à l'aide d'une manette, explorer lui-même un immense ciel sans horizon où flottent des sacs de plastique (un rappel de la série de photos Axes), comme s'il se retrouvait en dehors du temps.

On y retrouve aussi trois grands tableaux, intitulés L'apparente simultanéité des étoiles dans le ciel d'aujourd'hui.

Ce voyage onirique, pourrait-on dire, explore les thèmes de prédilection de Laurent Lessard : le temps décalé et l'espace dématérialisé.

«Il s'agit de paysages dépouillés, vides, d'instants contemplatifs qui interrogent notre rapport à notre environnement», résume l'artiste.

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