• La Tribune > 
  • Arts 
  • > Un film pour retrouver le goût du politique 

Un film pour retrouver le goût du politique

La productrice Kim McGraw de Microscope et les... (Imacom, René Marquis)

Agrandir

La productrice Kim McGraw de Microscope et les comédiens Irdens Exantus et Patrick Huard ont fait une halte en terre estrienne hier pour présenter le film Guibord s'en va-t-en guerre de Philippe Falardeau, qui arrive sur les écrans de la région demain.

Imacom, René Marquis

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(SHERBROOKE) Malgré la controverse qui a entouré son passage à Tout le monde en parle le 27 septembre dernier, Patrick Huard ne croit pas que Guibord s'en va-t-en guerre, le long métrage de Philippe Falardeau dont il tient la vedette, en souffrira. Du moins, ce n'est pas la réponse qu'il obtient depuis qu'il fait la promotion du film.

«Je ne sens pas d'animosité dans la rue. Les gens continuent de me parler, de me saluer, de me demander des autographes», soutient l'acteur.

Plusieurs animateurs, chroniqueurs et téléspectateurs ont en effet considéré que la policière Stéfanie Trudeau (alias matricule 728), invitée à parler de son livre sur le plateau radio-canadien, a été piégée dans un dîner de cons. Ils ont aussi trouvé agressives les remarques et questions de Patrick Huard et de Philippe Falardeau. Patrick Huard a réfuté ces accusations.

«Je m'attendais à un retour par la suite, qu'au moins une personne vienne m'en parler, dans la rue ou ailleurs. Mais ce n'est pas encore arrivé», ajoute le comédien.

Le côté humain des députés

Dans Guibord s'en va-t-en guerre, Patrick Huard tient le rôle de Steve Guibord, un député indépendant qui, du jour au lendemain, se retrouve avec le vote décisif qui fera pencher ou non le pays du côté de la guerre.

«Steve Guibord est un gars à l'écoute, ouvert d'esprit, proche de sa communauté (dont les autochtones). Il accueille son nouveau stagiaire haïtien (Souverain Pascal, joué par Irdens Exantus) avec beaucoup de facilité. C'est aussi un gars qui a les pieds sur terre. La preuve, c'est qu'il s'est aperçu qu'il avait été récupéré par le politique et il est devenu indépendant», ajoute le comédien, qui a donc d'abord accepté le rôle pour le côté humain du personnage.

Le film de Philippe Falardeau rejoint une certaine vision que Patrick Huard avait déjà de l'engagement politique. «Les députés sont des êtres humains, la plupart se lancent en politique avec de bonnes intentions. Mais ils se rendent compte très vite que le système et les pressions de tous côtés rendent les choses très difficiles.»

L'acteur considère que sa vision a quelque peu changé depuis ce tournage. «Par exemple, le vote par internet. J'étais d'accord, mais plus autant aujourd'hui (à part pour les personnes que cela pourrait vraiment aider). Je trouve aujourd'hui que de poser le geste d'aller voter, en même temps que ses concitoyens, est important. C'est un geste aussi important que le mariage, et on ne se marie pas par internet.»

«Dans mon esprit, poursuit-il, Steve et Souverain sont la même personne : Philippe Falardeau. Steve est le regard québécois de Philippe, et Souverain, le regard globe-trotter de Philippe [il a gagné la Course Destination monde] sur son propre pays. Ça m'a permis de réaliser les privilèges que nous avons ici : la possibilité de s'exprimer librement, de voter sans mettre sa vie en danger... C'est précieux.»

Vous avez dit Irdens?

N'ayez crainte : Irdens Exantus est habitué de répéter son prénom. «Ça ne vient même pas d'Haïti. C'est plutôt une invention de mes parents.»

Par contre, là où Irdens a inventé, c'est pour l'accent haïtien de Souverain. Comme il est né ici, il ne le possédait pas naturellement.

«J'ai beaucoup observé (et agacé) mes parents, pour que ce soit crédible. Surtout que, dans la dernière scène du film, Souverain retourne en Haïti. Nous sommes en effet allés tourner trois jours là-bas, et je craignais que le personnage ne soit pas réaliste aux yeux des gens des Haïtiens. Mais ils étaient contents... et moi aussi», rapporte-t-il fièrement.

Étudiant au certificat en communication à l'UQAM, Irdens ne se destinait pas au métier d'acteur, même s'il en rêvait. Jusqu'à ce qu'il entende parler du «casting sauvage» mené pour trouver l'interprète de Souverain (des auditions ont eu lieu jusqu'en Haïti et en République dominicaine).

De cette première expérience comme acteur, le jeune homme retire le désir de s'inscrire dans une école de théâtre l'an prochain et une sensibilisation plus importante au devoir démocratique.

«Sans trop de raisons, j'avais acheté l'idée que tous les politiciens étaient corrompus. Je sais maintenant que la plupart ont de bonnes intentions, mais qu'ils ne peuvent pas faire ce qu'ils veulent, souvent à cause de la ligne de parti. Doit-on alors mettre toute la faute sur eux? Et si on se demandait d'abord si on a correctement fait son devoir de citoyen? Et si on pensait d'abord à l'intérêt de tous plutôt qu'au sien?»

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer