Coeur de pirate et coeur de pétales

Coeur de pirate... (Archives La Presse)

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Coeur de pirate

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<p>Karine Tremblay</p>
Karine Tremblay
La Tribune

(SHERBROOKE) Il y a dans la voix de Béatrice Martin une légèreté qu'on ne décelait pas avant. Comme un apaisement, une confiance nouvelle. Peut-être simplement les années qui passent et qui font gagner en assurance.

«Il y a de ça, oui, parce que j'ai commencé dans le métier sans trop savoir ce qui arriverait, alors que je n'avais que 18 ans.»

Elle en a 25 aujourd'hui. Mariée et mère d'une petite Romy de trois ans, la blonde chanteuse ne la joue plus ténébreuse. Elle avance toujours sous son nom d'artiste Coeur de pirate. Mais il n'est plus un paravent.

«Certains disent à quel point l'arrivée d'un bébé les a bousculés ou désorientés. Pour moi, ça a été tout l'inverse, en fait. J'avais besoin de ça. Ça m'a recentrée, ça m'a aidée à devenir une meilleure personne, à comprendre le monde autrement.»

La maternité n'a pas que changé la femme, elle a aussi transfiguré la chanteuse.

«Ma façon d'écrire n'est plus la même. Ma vision du monde était auparavant assez fatidique. Je mettais facilement le blâme sur les autres. Maintenant, je vois davantage la lumière au bout du tunnel. Ça se ressent dans mes chansons, ça s'entend sur mon nouveau disque, je pense.»

RELUE PAR DES ANGLOPHONES

Pour ce troisième opus, Roses, lancé il y a un peu plus d'un mois, l'auteure-compositrice-interprète a eu envie de se mettre en danger. D'abord en signant un album bilingue, dans lequel la majorité des chansons sont en anglais. Ensuite en habillant celles-ci d'arrangements résolument plus pop que ceux auxquels elle avait habitué son public.

«Comme artiste, il faut se réinventer. J'y crois profondément. Mais j'avais quand même un stress. Écrire en anglais, c'était un défi. J'ai fait relire mes chansons par des anglophones. Ils m'ont confirmé que ça allait. J'ai foncé.»

Et c'est tant mieux. Les critiques ont salué l'audace et les neuves avenues empruntées par la chanteuse qui avait, en 2012, remporté un trio de Félix (interprète féminine, album pop de l'année et artiste s'étant le plus illustré hors Québec). La voilà repartie sur une jolie lancée. Son automne est beau, mais il est plus que chargé. À preuve, l'entrevue matinale se fait en direct de la 20. Entre Québec et Montréal. Pas le choix. C'est le temps que Béatrice Martin a de libre.

Le scénario risque de se reproduire au cours des prochains mois, tant son agenda l'emmènera dans tous les coins du continent et de l'Europe. La chanteuse de 25 ans ne s'en plaindra pas. Elle est prête à manger de l'asphalte et à accumuler les kilomètres en avion. Tout juste de retour des États-Unis, où elle a chanté à San Francisco, Seattle et Los Angeles, elle multiplie les spectacles ici avant de remettre le cap sur New York. En novembre, elle filera en Europe pour une série de concerts sur le vieux continent.

PARTIR EN FAMILLE

«Mine de rien, c'est quand même du sport. Il faut être assez rigoureux pour performer sur scène, il faut garder la forme physiquement et émotivement. Mais c'est très stimulant. En Europe, ils m'ont en quelque sorte adoptée. J'y ai mon appartement. On part en famille lorsque j'ai des spectacles là-bas. Avoir un public qui tend l'oreille du côté des États-Unis, y faire de la tournée, ça, c'est nouveau, c'est une chose à laquelle je ne m'attendais pas. Ça veut dire repartir à zéro dans un nouveau marché, mais c'est un beau défi.»

Là-bas comme ici, elle chante en français et en anglais. Vendredi, c'est à Sherbrooke qu'elle s'arrête avec ses musiciens.

«De superbes projections créent des effets de textures, de profondeur. Je suis bien contente de toute cette scénographie. On jouera les titres du nouvel album, mais aussi des anciens et des reprises.»

La chanteuse fera aussi quelques pas de danse : le spectacle qu'elle présente est en quelque sorte chorégraphié par Nico Archambault, qui en signe la mise en scène.

«J'avais envie d'être capable de danser. Je me suis dit que j'étais aussi bien d'apprendre avec le meilleur! Je l'ai contacté. Il a dit oui. Sa femme, Wynn Holmes, m'a donné des cours. Tous les deux, ils m'ont transformée. Je ne suis plus la même personne. Les gens ne vont pas nécessairement s'en rendre compte, mais apprivoiser ainsi le mouvement m'a donné une certaine confiance.»

La confiance. On y revient. On savait bien.

Coeur de pirate

Première partie :

Félix Dyotte

Vendredi, 20h

Théâtre Granada

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